Trois jours après l'évasion de Carlos Ghosn, Interpol réagit

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(Crédits : KYODO)
Le ministre libanais de la Justice a annoncé avoir reçu de la part d'Interpol une demande d'extradition visant l'ancien patron de Renault et de Nissan, qui était assigné à résidence au Japon dans l'attente de son procès pour malversations financières, et qui s'est enfui lundi 31 décembre pour se réfugier au Liban.

Le Liban a reçu une demande d'arrestation d'Interpol pour Carlos Ghosn, le magnat de l'automobile déchu ayant fui le Japon pour Beyrouth, a annoncé, ce jeudi 2 janvier, le ministre libanais de la Justice.

"Le parquet général (...) a reçu une notice rouge d'Interpol concernant le dossier Carlos Ghosn", a indiqué Albert Sarhane, cité par l'agence de presse officielle ANI.

Au terme d'une fuite rocambolesque, l'ex-patron de Renault-Nissan poursuivi au Japon pour malversations financières est arrivé lundi au Liban, où son lieu de résidence reste inconnu.

Les limites de l'action d'Interpol

Interpol n'émet pas de mandats d'arrêt et ne peut déclencher ni enquêtes ni poursuites, mais les pays membres et les tribunaux internationaux peuvent demander la publication de "notices rouges".

Ces avis de recherche internationaux s'appuient sur des mandats d'arrêt nationaux, dont les informations qu'ils contiennent sont transmises aux autres membres via une base de données sécurisée.

Pour les autorités libanaises, Ghosn est entré "légalement" dans le pays

Les autorités libanaises avaient déjà annoncé que M. Ghosn était entré "légalement" dans le pays, avec un passeport français et une carte d'identité libanaise, selon une source à la présidence. De son côté, la Sûreté générale avait assuré que rien n'imposait "l'adoption de procédures à son encontre" ni "l'exposait à des poursuites judiciaires" au Liban.

Le ministère libanais des Affaires étrangères avait rappelé qu'il n'existait pas d'accords de "coopération judiciaire" ou d'extradition avec le Japon. M. Ghosn, qui fut le chef d'entreprise le mieux payé au Japon, y a été arrêté fin 2018. Il fait l'objet de quatre inculpations dans ce pays: deux pour des revenus différés non déclarés aux autorités boursières par Nissan (qui est aussi poursuivi sur ce volet), et deux autres pour abus de confiance aggravé.

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Commentaires
a écrit le 02/01/2020 à 19:06 :
Lorsqu'on voyage a l'étranger on est sensé respecter la loi du dit pays. Pour autant tous les pays n'ont pas des lois respectons en tant que citoyen français. Après il y a la justice du dit pays. Si celle-ci est corrompue ou aux mains des puissants et des politiques, il vaut mieux fuir. J'ai jamais aimé CG qui semblait souffrir d'un manque d'argent maladif, mais face a un système me qui voulait de toute évidence sa peau il n'avait d'autre choix. On ne peut pas nier que sa fuite est magistrale a l'image du personnage qui en devient romanesque et en espérant que ses révélations soient a la hauteur.
a écrit le 02/01/2020 à 15:22 :
Bonne nouvelle qu'il ait réussi à quitter ce pays féodal qui bouffe les baleines et pollue l'ocean pacifique de ses déchets nucléaires en plus !

On est au spectacle, ça vient de commencer !

Vivement sa conférence de presse qu'il nous donne son point de vue sur la bataille chez Nissan.

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Réponse de le 02/01/2020 à 18:16 :
L'essentialisme ne change pas les faits...

Alors effectivement vous avez sans doute la même vision que lui, mais pour autant cela ne fait pas la loi.

Quoi qu'en France effectivement, la corruption étant une normalité, finalement je saisis un peu mieux vos propos....

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