Interview de Donald Trump par Elon Musk sur X : l'homme d'affaires promet un moment « très divertissant »
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Elon Musk (à gauche) avec l'ancien président américain Donald Trump (de dos).
Jonathan Ernst
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Elon Musk (à gauche) avec l'ancien président américain Donald Trump (de dos).
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Elon Musk promet un moment « très divertissant » avec Donald Trump sur X ce lundi soir. L'homme le plus riche du monde doit interviewer l'ancien président américain, qu'il soutient ouvertement, en direct sur le réseau social qu'il a racheté en 2022.
L'interview, qui doit être diffusée à 20h00 heure de la côte Est américaine (2 heures en France) de l'ancien président sera réalisée « sans scénario prédéterminé, sans limite sur les sujets abordés et devrait être très divertissante ! », a écrit Elon Musk sur X.
Cette interview devrait chercher à relancer le candidat républicain dans la course à la Maison Blanche, dont la campagne bat de l'aile depuis l'entrée en lice de Kamala Harris côté démocrate. Acquis à sa cause, le patron de Tesla et SpaceX a officiellement apporté son soutien au candidat républicain le mois dernier, juste après la tentative d'assassinat ayant visé ce dernier. Elon Musk attaque régulièrement les démocrates sur X, où il compte 193 millions d'abonnés, notamment sur le thème de l'immigration.
Elon Musk n'a pas toujours été un fervent défenseur de Donald Trump, avec qui il a même ferraillé publiquement. Mais les deux hommes n'ont cessé de rapprocher ces derniers mois. Ils se sont rencontrés en mars et se parlent depuis régulièrement au téléphone, selon le Wall Street Journal. Un rôle de conseiller pour le magnat de la tech serait même en discussion si l'ancien président retrouvait les clés de la Maison Blanche.
Le natif d'Afrique du Sud a récemment démenti vouloir donner des dizaines de millions de dollars par mois à la campagne de l'ex-président, comme l'avait rapporté la presse. Il a parlé de niveaux « bien plus bas ». « Je respecte beaucoup Elon Musk, et il me respecte », a déclaré Donald Trump la semaine dernière. « Comme moi, il pense que ce pays a de gros problèmes et est en grand danger. »
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L'échange entre les deux hommes, habitués aux déclarations outrancières et polémiques, sera risqué, sur une plateforme accusée d'être devenue un porte-voix pour la droite radicale et laxiste face à la désinformation. De précédentes interviews similaires avaient par ailleurs tourné au fiasco, à l'image de l'entrée en campagne de l'ex candidat républicain Ron DeSantis, annoncée sur X et modérée par Elon Musk, mais qui avait rencontré des problèmes techniques.
Le commissaire européen au Numérique, Thierry Breton, a justement mis en garde Elon Musk ce lundi, à quelques heures de son interview avec Donald Trump, lui rappelant les obligations de modération sur X pour éviter « l'amplification de contenus dangereux ».
Dans un courrier adressé au milliardaire américain et diffusé sur X, Thierry Breton lui rappelle ses obligations dans le cadre de la nouvelle législation européenne sur les services numériques (DSA), soulignant en particulier que cet impératif de modération s'applique à tous les utilisateurs du réseau social, « y compris vous-même ».
Pointant qu'il contrôle « une plateforme de plus de 300 millions d'utilisateurs à travers le monde, dont un tiers en Europe », le commissaire européen rappelle au milliardaire qu'il a l'obligation légale de respecter la loi européenne.
Le DSA oblige toutes les plateformes en ligne à mettre en place un système de signalement des contenus problématiques et d'agir « promptement » pour retirer tout contenu illicite ou d'en rendre l'accès impossible dès qu'elles en ont connaissance.
Pour rappel, après avoir racheté Twitter, Elon Musk avait procédé à une vague massive de licenciements qui a décimé les équipes de modération du réseau social.
Bruxelles a ouvert en décembre une enquête formelle contre X, soupçonné de manquements à ses obligations en matière de lutte contre la désinformation. La Commission européenne avait en particulier pointé du doigt le faible nombre de modérateurs et un système de signalement des contenus illicites peu efficace. Le réseau social avait alors assuré qu'il restait « engagé à respecter la réglementation ».
Au printemps 2023, Thierry Breton s'était rendu à San Francisco (Californie) pour expliquer à Elon Musk, alors nouveau propriétaire de Twitter (rebaptisé X ultérieurement), les règles à respecter en Europe. « Nous sommes sur la même longueur d'onde », avait lancé le milliardaire américain au côté du commissaire, tout sourire.
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Au fil des mois, cette complicité affichée a cédé la place à des échanges souvent tendus, via les réseaux sociaux. En juillet, Elon Musk avait accusé Bruxelles d'avoir tenté de négocier avec lui un « deal secret » pour « censurer des contenus sans le dire ».
(Avec AFP)
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