Japon : Shinzo Abe fait flamber la dépense publique avant de lancer des élections anticipées

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Cette dissolution de la chambre basse et l'annonce d'élections anticipées irritent deux Japonais sur trois selon un sondage publié dimanche 24 septembre. C'est sans doute la principale raison pour laquelle le Premier ministre Shinzo Abe a décidé de ce plan de relance publique.
Cette dissolution de la chambre basse et l'annonce d'élections anticipées irritent deux Japonais sur trois selon un sondage publié dimanche 24 septembre. C'est sans doute la principale raison pour laquelle le Premier ministre Shinzo Abe a décidé de ce plan de relance publique. (Crédits : TORU HANAI)
Le Premier ministre japonais devrait convoquer ce lundi des élections anticipées pour le mois prochain afin de tirer profit de la hausse de sa cote de popularité et de la confusion qui règne au sein de l'opposition. Dans cette perspective, il a annoncé des mesures de relance publique de près de 15 milliards d'euros. Sans doute pour faire passer plus facilement cette décision auprès de l'opinion publique, majoritairement rétive à cette dissolution.

La Bourse de Tokyo a fini en hausse de 0,5% lundi, soutenue par l'affaiblissement du yen et la perspective d'élections législatives anticipées par Shinzo Abe. Lors d'une conférence de presse organisée en toute fin de séance, Shinzo Abe a annoncé un nouveau programme de relance économique : le Premier ministre japonais Shinzo Abe a demandé à ses ministres de mettre au point d'ici à la fin de l'année un vaste plan d'investissement public d'un montant de 2.000 milliards de yens (14,9 milliards d'euros).

Dynamiser l'éducation et la productivité des entreprises

S'exprimant lors d'une réunion de ses proches conseillers, Shinzo Abe a déclaré que ces mesures de relance devraient se traduire notamment par des aides à l'éducation et à la petite enfance, et inciter les sociétés à investir davantage pour améliorer leur productivité.

Abe devrait annoncer lors d'une conférence de presse lundi à 09h00 GMT des élections législatives anticipées, dans l'espoir de tirer parti d'une hausse de sa cote de popularité et de la confusion actuelle au sein de l'opposition. Annoncées le 17 septembre dernier, ces élections législatives, les troisièmes depuis l'arrivée au pouvoir de Shinzo Abe en décembre 2012, devraient se produire à une date ou l'autre à partir du 22 octobre, pour tirer profit de la hausse de sa cote de popularité et de la confusion qui règne au sein de l'opposition.

Une image restaurée avec la gestion de la crise avec la Corée du Nord

En effet, perçu comme arrogant après plus de quatre ans au pouvoir, Shinzo Abe avait vu sa cote descendre sous les 30% dans certaines enquêtes d'opinion en juillet, avant de se redresser, pour atteindre désormais aujourd'hui de près de 50% d'opinions favorables. Il compte sur cette assise solide pour conserver la majorité au Parlement.

Les vives tensions régionales autour du dossier nord-coréen lui ont permis de rebondir dans l'opinion, alors que, cet été, il était empêtré dans les retombées de plusieurs scandales, dont l'un a éclaboussé son épouse. 

| Lire : La Corée du Nord menace de "couler" le Japon

| Lire : Scandale foncier au Japon : Shinzo Abe veut mettre fin au "malentendu" (24.03.2017)

Une manœuvre désapprouvée par deux tiers des Japonais

Le chef du gouvernement entend profiter aussi des difficultés du Parti démocrate, le principal parti d'opposition, en proie à des défections et dont la cote de soutien actuelle ne dépasse pas les 10%.

Pour autant tout n'est pas joué, car cette dissolution irrite deux Japonais sur trois selon un sondage publié dimanche 24 septembre. C'est sans doute la principale raison pour laquelle le Premier ministre a décidé de ce plan de relance, qui pourrait être un moyen d'attirer des électeurs vers la formation du Premier ministre, le PLD (Parti libéral-démocrate).

Côté calendrier, les élections législatives régulières doivent en principe se tenir à la fin 2018 mais Shinzo Abe envisagerait de les déclencher plus d'un an avant. Il aurait informé dimanche le chef du parti Komeito, allié du PLD dans la coalition au pouvoir, qu'il ne pouvait exclure de dissoudre la chambre basse du Parlement pour des élections anticipées après la session extraordinaire du parlement du 28 septembre 2017.

 (Avec Agences)

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a écrit le 26/09/2017 à 10:26 :
Si ces dépenses d'investissement servent à dynamiser l'économie c'est très bien. Il n' y a pas de problème de dettes souveraines au Japon car la banque centrale finance l'Etat, dans un contexte où la baisse du Yen ne provoque pas de crise d'inflation exagérée.
a écrit le 25/09/2017 à 20:20 :
Quand MACRON s'apprête à f aire flamber la dépense publique de 57 milliards d'euros, en les finançant en vendant les bijoux de famille, tous les soi-disant économistes trouvent cela génial.
Alors qu'il ne s'agit que de faire une politique keynésienne, de type MELENCHON. Mais en camouflant celle-ci par des privatisations.

Le successeur n'aura plus rien à vendre, et ne touchera plus les dividendes des entreprises privatisée....
a écrit le 25/09/2017 à 9:28 :
"Shinzo Abe fait flamber la dépense publique"

SI ça c'est pas du parti pris comme titre... Le titre de votre dépèche afp est bien plus objectif sans teinte de critique, sans inquisition néolibérale: "Mesures de relance de près de 15 milliards d'euros au Japon"

Comprenez que de plus en plus de gens se contentent des dépêches afp ou reuters qui sont déjà en partie subjectives mais là vous faites vraiment très fort, on se croirait sur bfm tv !

"L’austérité est le seul remède à la crise" http://www.monde-diplomatique.fr/publications/manuel_d_histoire_critique/a53293 (gratuit)

"La dette, quelle dette ?" https://www.monde-diplomatique.fr/2012/06/GADREY/47851

"Soumis à l’austérité budgétaire et au management néolibéral, l’hôpital est au bord du burn-out" https://www.bastamag.net/Soumis-a-l-austerite-budgetaire-et-au-management-neoliberal-l-hopital-est-au

C'est ce dogme qui est en train d'anéantir l'humanité les gars et rien d'autre et ce genre de parti pris dès le titre de vos articles est une faute professionnelle. Mais bon bien entendu je pars du principe que le journaliste est là pour nous informer et pas pour nous manipuler, peut-être que je me trompe aussi et vous préférez donner raison à Nietzsche:

"Encore un siècle de journalisme et tous les mots pueront"
Réponse de le 25/09/2017 à 13:06 :
un siecle est passé et Nietzshe avait vu juste: tous mots de journaliste puent
d'un autre coté la consultation de cette desinformation est gratuite et
comme nous sommes des grands garcons, nous savons rectifier le tir
Réponse de le 25/09/2017 à 14:14 :
"tous mots de journaliste puent"

Disons que le langage est bien mal en point c'est une certitude mais beaucoup de gens qui veulent faire leur travail consciemment existent encore et font un effort de recherche et de mesure concernant le langage, principale matière première dans le journalisme.

Il y a des alternatives à tout, on est libre de bien faire son métier et mieux même, plus on fait son métier objectivement et moins on risque de le perdre car inattaquable sémantiquement.

Regardez tout ces médias alternatifs qui sont nés justement de cette masse informe de propagande que sont devenus les médias de masse, s'il n'y en avait qu'un seul à citer ce serait celui de "L'age de faire", voilà ma foi une fort belle façon d'utiliser notre langage et en toute objectivité.

La pensée binaire n'est pas une obligation, c'est un modèle aliénant qu'on nous matraque en permanence parce que profitant aux possédants mais on n'y est pas contraint, on peut aussi bien faire son métier et nombreux le font.

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