Keir Starmer mise sur la capture du carbone pour relancer l'industrie britannique
Guillaume Renouard, à Londres
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Dans son projet de campagne, Keir Starmer avait promis une politique publique volontariste pour accélérer la conversion de l'économie britannique au bas-carbone. Lors d'un sommet sur l'énergie qui s'est tenu à Londres il y a une dizaine de jours, le Premier ministre britannique a fait un pas significatif dans cette direction en annonçant un investissement (au montant non communiqué) dans un vaste projet de capture du CO2 dans le bassin industriel de Liverpool et Manchester. L'opération fait partie d'une enveloppe budgétaire de 22 milliards de livres sterling annoncée à l'automne pour développer des infrastructures de stockage du carbone dans les zones industrielles du pays.
Le projet se fera en collaboration avec l'énergéticien italien Eni, qui investira de son côté deux milliards de livres sterling. L'objectif : capter les émissions incompressibles des usines de la région et les acheminer, via un gazoduc de 38 miles de long (environ 61 km) jusqu'à d'anciens gisements de gaz naturel situés dans la baie de Liverpool. De quoi générer un total de 2 000 emplois et capter 4,5 millions de tonnes de CO2 par an dès 2028, puis dix millions de tonnes à partir de 2030, soit l'équivalent des émissions annuelles de quatre millions de voitures.
Ce projet doit constituer l'une des pièces maîtresses du programme HyNet North West, un cluster industriel qui doit également inclure des usines de production d'hydrogène vert pour les entreprises du bassin.
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Si cette région du Nord-Est de l'Angleterre a subi comme beaucoup l'impact des délocalisations, elle abrite toujours 350 000 emplois industriels et des entreprises de pointe comme le fabricant de verre Pilkington, le cimentier Heidelberg Materials UK, Jaguar Land Rover et Kraft-Heinz. La fabrication du verre est une activité très énergivore, nécessitant des températures d'environ 1 400 °C, traditionnellement obtenues par combustion de gaz naturel : le remplacement de celui-ci par de l'hydrogène vert constitue donc une piste intéressante pour baisser les émissions. Même chose pour le ciment et l'acier, deux industries notablement difficiles à décarboner.
Guillaume Renouard, à Londres