L'Arabie Saoudite violemment bousculée par Joe Biden

 |  | 666 mots
Lecture 3 min.
Sur l'implication du prince héritier dans le meurtre de Khashoggi, nous basons cette évaluation sur le contrôle du prince héritier sur la prise de décision dans le royaume, l'implication directe d'un conseiller clé et des membres du service de protection de Mohammed ben Salman dans l'opération, et le soutien du prince héritier à l'utilisation de mesures violentes pour faire taire les dissidents à l'étranger, y compris Khashoggi, a expliqué la directrice du renseignement national, Avril Haines.
Sur l'implication du prince héritier dans le meurtre de Khashoggi, "nous basons cette évaluation sur le contrôle du prince héritier sur la prise de décision dans le royaume, l'implication directe d'un conseiller clé et des membres du service de protection de Mohammed ben Salman dans l'opération, et le soutien du prince héritier à l'utilisation de mesures violentes pour faire taire les dissidents à l'étranger, y compris Khashoggi", a expliqué la directrice du renseignement national, Avril Haines. (Crédits : POOL New)
Un pas de plus vers de nouvelles sanctions ? C'est déjà un séisme dans les relations bilatérales jusqu'à présent très étroites entre les Etats-Unis et l'Arabie Saoudite. Sans aller jusqu'à la rupture, Washington a intimé à son plus proche allié au Moyen Orient de ne plus menacer ou attaquer des dissidents à la suite du meurtre du journaliste Jamal Khashoggi. Un meurtre approuvé par le prince héritier Mohammed ben Salmane, selon la CIA.

Jusqu'où iront les Etats-Unis dans le recalibrage de leurs relations jusqu'à présent très étroites avec l'Arabie Saoudite ? C'est la fin de la période de bienveillance vis-à-vis d'un allié important mais trop turbulent, selon les nouveaux critères de l'administration Biden. Après la fin du soutien américain à la coalition saoudienne au Yémen en rupture avec la diplomatie de Donald Trump, Joe Biden bouscule déjà les équilibres des alliances régionales et redessine la stratégie des Etats-Unis au Moyen Orient. Le président américain s'attaque désormais à l'affaire Khashoggi en mettant directement en cause le prince héritier Mohammed ben Salmane dans ce meurtre. Pour autant, sa marge de manoeuvre est étroite : il ne peut se permettre de rompre avec Ryad avant de s'attaquer aux grands dossiers régionaux comme l'accord nucléaire avec l'Iran ou le processus de paix israélo-arabe.

Toutefois, Joe Biden continue de mettre la pression maximale sur Ryad. Il a fait savoir samedi qu'une annonce serait faite lundi sur l'Arabie saoudite en lien avec le rapport des services de renseignement américains affirmant que Mohammed ben Salmane avait approuvé le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi. Interrogé au sujet d'éventuelles mesures de représailles contre le prince, Joe Biden a répondu : "Il y aura une annonce lundi sur ce que nous allons faire avec l'Arabie saoudite en général".  En décidant de déclassifier le rapport, Joe Biden entend "recalibrer" les relations entre Ryad et Washington. Son interlocuteur sera désormais le roi Salman, et non plus le prince héritier comme le faisait l'administration Trump.

Les dénégations de Ryad

Selon un rapport de la CIA déclassifié vendredi par la Maison blanche, Mohammed ben Salman a approuvé l'opération visant à capturer ou tuer le journaliste Jamal Khashoggi. L'administration de Donald Trump avait refusé de rendre public le rapport de la CIA et de mettre publiquement en cause Mohammed ben Salman. Le dissident saoudien exilé aux Etats-Unis, qui écrivait une tribune dans le Washington Post, a été assassiné le 2 octobre 2018 à l'intérieur du consulat d'Arabie saoudite à Istanbul. Son corps, démembré, n'a jamais été retrouvé.

Les autorités de Ryad ont à nouveau nié toute responsabilité dans cet assassinat et traduit en justice des responsables subalternes accusés d'avoir agi de leur propre initiative. Le ministère des Affaires étrangères a rejeté dans un communiqué les conclusions "injustifiées et inexactes" du rapport américain. Mais le service de renseignement américain conclut pourtant que le prince héritier ne pouvait pas ne pas être au courant de cette opération.

"Nous estimons que le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salman a approuvé une opération à Istanbul, en Turquie, pour capturer ou tuer le journaliste saoudien Jamal Khashoggi", écrit la directrice du renseignement national (DNI), Avril Haines, sur son site internet. "Nous basons cette évaluation sur le contrôle du prince héritier sur la prise de décision dans le royaume, l'implication directe d'un conseiller clé et des membres du service de protection de Mohammed ben Salman dans l'opération, et le soutien du prince héritier à l'utilisation de mesures violentes pour faire taire les dissidents à l'étranger, y compris Khashoggi", a-t-elle argumenté.

76 Saoudiens interdits d'entrer aux Etats-Unis

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken a annoncé que 76 Saoudiens seraient interdits d'entrer sur le territoire américain en raison de leur rôle dans l'assassinat de Jamal Khashoggi, et que Washington ne tolérerait plus les menaces ou les attaques contre les dissidents. Mais l'administration Biden n'a pris aucune mesure visant directement Mohammed ben Salman. "Nous voulons un recalibrage, pas une rupture", a expliqué un responsable gouvernemental. Un porte-parole du département d'État a déclaré que les États-Unis mettraient désormais l'accent sur la fin du conflit au Yémen, tout en s'assurant que l'Arabie saoudite dispose des armes dont elle a besoin pour défendre son territoire, notamment face à l'Iran.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 02/03/2021 à 5:59 :
Ça veut dire quoi les valeurs? Tuer un homme a coup de perceuse c’est pas bien. Bon, et après?
Les USA veulent récupérer des marchés en Iran. Je pense que c’est le seul message à entendre. Ils perdent le contrôle du Rimland et font une fois de plus n’importe quoi. Ce n’est pas parce qu’ils vont s’éloigner des saoudiens qu’ils vont se rabibocher avec les iraniens.
Le pb est que les US sont en perte de vitesse et de prestige. Et que le MO et le Rimland en général ne croit plus en leur puissance, tout du moins il y croit moins.
Qu’est-ce que cela peut nous ouvrir comme risque et comme opportunité?
a écrit le 01/03/2021 à 23:14 :
Je sens que l'Arabie Saoudite va devoir faire des emplettes made in USA pour se faire pardonner :-D
a écrit le 01/03/2021 à 7:31 :
Les US ne sont les alliés de personnes.
a écrit le 28/02/2021 à 20:40 :
Hahaha le nombre de bobos qui vont croire cette cabale 😂😉 c'est du spectacle, un show à deux balles, juste fait pour faire croire que Biden est un dure. On va rigoler quand poutine s'en mêlera 😂
a écrit le 28/02/2021 à 19:43 :
Décidément, Mr Biden a le courage de ses opinions.
Bravo à lui
a écrit le 28/02/2021 à 18:39 :
Un message fort, très fort, de la part des Etats Unis qui s'adresse à bien au delà de l'Arabie Saoudite surtout après cette alternance entre Trump et Biden. Pensez vous que nos dirigeants européens vont l'entendre ? Pensez-vous, ils ne voient ni ne comprennent plus rien, il serait temps d'aller vérifier s'ils sont toujours vivants si ce ne sont pas seulement leurs laquais qui font tourner le truc en ce moment.
a écrit le 28/02/2021 à 18:00 :
La question serait plutôt où va l'Arabie Saoudite même si ses alliés ne sont pas que blanc il serait temps de mettre en avant les valeurs de l'UE à défaut de bloc occidental et de faire bloc..
Réponse de le 28/02/2021 à 19:28 :
"les valeurs de l'UE"

Le dumping fiscal et le dumping social donc ? En effet ça peut marcher avec eux, bonne idée.
Réponse de le 28/02/2021 à 20:44 :
Les valeurs de qui ? L'UE 😂😂😂 mdr il y en a qui croient encore dans ce rêve bolchevique 🤣🤣🤣 vite le vaccin contre les détraqués, vous ne voyez pas que c'est du spectacle comme ce qui arrive !!!! Le but c'est des diversions, du show nothing else!
a écrit le 28/02/2021 à 17:39 :
Bientôt plus de pétrole et ses arriérés pourront de nouveau vendre des tapis à dos de chameaux
a écrit le 28/02/2021 à 17:19 :
"Violemment bousculée":c'est de l'humour?
Biden a fait le stricte minimum,pouvait pas faire moins,sinon c'était rien comme Trump.On connait les US beaucoup plus violents,quand il ne s'agit pas de leurs riches clients.Comment,après çà,aller parler de "valeurs" occidentales.
a écrit le 28/02/2021 à 15:03 :
Les alliés israéliens vont rapidement remettre Jo Biden dans l'axe moyen oriental. On ne comprend pas le nouveau pouvoir américain . L'Arabie Saoudite vient de menacer l'Amérique d'acheter des chasseurs russes SU35 et des systèmes anti aérien S400, premier avertissement.
a écrit le 28/02/2021 à 14:15 :
Bof, le CIA c'est une source d'information honnête et distingue bien sur...
a écrit le 28/02/2021 à 12:02 :
De la pure com politique à destination de ses électeurs, en mode "je fait tout l'inverse de Trump" !
a écrit le 28/02/2021 à 11:27 :
Voilà un pays qui vaut le détour....peine de mort à chaque carrefour, ni cinéma, ni bars, ni vie sociale, aucune liberté individuelle....même si le visa était gratuit et le billet offert, c'est un pays qui ne m'attire guère. Il faut vraiment être un islamiste, oops, musulman super pratiquant donc incompatible avec notre société européenne, pour accepter ce régime de la terreur qui ne survit que grâce au pétrole
Réponse de le 28/02/2021 à 12:00 :
Heu ... vous parlez de la France, là ? 😁
Réponse de le 02/03/2021 à 9:13 :
Musulmane je projetais d'aller à la Mecque. Avec affaire Kashoghi, j'ai pris peur et renoncé. Ce qui m'a heurté silence des Européens.
a écrit le 28/02/2021 à 10:47 :
Voilà le retour des "démocrates" et de leurs canonnières...cela nous avaient manqué!
Réponse de le 28/02/2021 à 12:30 :
La cannonière démocrate? La guerre du Golfe en 1991, c'était Bush senior. La guerre en Irak, c'était Bush Junior. Pas vraiment des démocrates...
Réponse de le 28/02/2021 à 15:53 :
Pas vraiment des Républicains!

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :