L'attribution à l'Arabie Saoudite de la présidence du prochain G20 (100% numérique) soulève un tollé

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Photo prise le 20 octobre 2018 du drapeau saoudien flottant au sommet du consulat d'Arabie saoudite à Istanbul, en Turquie.
Photo prise le 20 octobre 2018 du drapeau saoudien flottant au sommet du consulat d'Arabie saoudite à Istanbul, en Turquie. (Crédits : HUSEYIN ALDEMIR)
Le week-end prochain débute le sommet du G20, qui réunira pendant deux jours, sous l'égide de l'Arabie Saoudite, les chefs d'État et de gouvernement des 20 nations les plus riches du monde. Cette fois-ci, pas de cérémonie d'ouverture en grande pompe - à Ryad, donc-, mais des écrans qui s'allumeront les uns après les autres à Paris, Berlin, Moscou... Cependant, l'attribution de cette présidence au roi Salmane d'Arabie Saoudite fait l'objet de vives critiques dans le monde pour son bilan en matière de droits humains: répressions des voix dissidentes, militantes emprisonnées, journaliste assassiné, disparitions forcées, tutelles des femmes, peine de mort (pour les mineurs aussi), abus et exploitation de millions de travailleurs étrangers à la limite de l'esclavage...

L'Arabie saoudite accueille ce weekend le sommet du G20, une première pour un pays arabe, mais sous un format virtuel qui risque d'en limiter la portée, malgré un menu chargé: faire face aux conséquences économiques dévastatrices de la pandémie, y compris pour les pays pauvres.

Pas de cérémonie d'ouverture en grande pompe à Ryad, donc, mais des écrans qui s'allumeront les uns après les autres à Paris, Berlin, Moscou...

Le roi Salmane réunit pendant deux jours les chefs d'État et de gouvernement des 20 nations les plus riches du monde, pour parler des "implications de la pandémie" et des "mesures pour relancer l'économie mondiale", a déclaré à l'AFP une source proche des organisateurs.

Droits humains bafoués, journaliste assassiné...

Militantes derrière les barreaux, assassinat d'un journaliste, disparitions forcées: l'Arabie saoudite, premier pays arabe à accueillir un sommet du G20, fait l'objet de vives critiques dans le monde pour son bilan en matière de droits humains.

Les ONG et les proches des militants emprisonnés ont exhorté les grands dirigeants mondiaux à boycotter le sommet virtuel du week-end prochain ou à faire pression sur le gouvernement saoudien.

La répression des voix dissidentes a terni l'image du prince héritier Mohammed ben Salmane qui mène parallèlement des réformes pour assouplir des lois très conservatrices du royaume musulman.

Femmes sous tutelle

Après avoir autorisé les femmes à conduire une voiture en 2018, l'Arabie saoudite leur a permis en aout dernier d'obtenir un passeport et voyager à l'étranger sans demander l'approbation de leurs "tuteurs" - pères, maris ou autres parents masculins.

Cette mesure a mis fin à une règle de longue date qui a suscité de nombreuses tentatives extrêmes de la part des femmes saoudiennes de fuir le royaume et trouver refuge dans d'autres pays.

Mais les tuteurs masculins peuvent néanmoins déposer une plainte auprès de la police pour "absence", ce qui conduirait à l'arrestation des femmes qui tentent de voyager et à leur éventuelle détention dans des centres d'accueil semblables à des prisons, selon Human Rights Watch.

Peine de mort

En avril, la Commission saoudienne des droits humains a déclaré que le royaume mettait fin à la peine de mort pour les personnes condamnées pour des crimes commis alors qu'elles étaient âgées de moins de 18 ans, dans un pays qui a l'un des taux d'exécution les plus élevés au monde.

La réforme, qui prévoit une peine de prison de 10 ans maximum exécutée dans un centre de détention pour mineurs, a été largement saluée par les militants mais une récente affaire a provoqué l'émoi des ONG.

Mohammed al-Faraj, arrêté en 2017 alors qu'il était âgé de 15 ans, risque la peine de mort pour avoir participé à des manifestations et avoir scandé des slogans contre l'Etat, selon Human Rights Watch.

Réforme du travail

Ce mois-ci, l'Arabie saoudite a annoncé qu'elle allait assouplir les restrictions imposées à des millions de travailleurs étrangers, dans le cadre de son système de parrainage "kafala", qui est accusé d'être à l'origine d'abus et d'exploitation.

Ce système est décrit par les critiques comme une forme d'esclavage qui lie les travailleurs à leurs employeurs, dont la permission est nécessaire pour entrer et sortir du royaume ainsi que pour changer d'emploi.

Toutefois, la nouvelle réglementation ne s'appliquera pas aux 3,7 millions de travailleurs domestiques du pays, y compris les femmes de chambre et les chauffeurs, une catégorie d'employés très vulnérable.

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Commentaires
a écrit le 19/11/2020 à 9:13 :
L'oeil, la paille, la poutre, toussa...
a écrit le 18/11/2020 à 18:12 :
Franchement, vu ce qu'il se passe en France, je vois pas où est le problème.
a écrit le 18/11/2020 à 14:38 :
Et là, où sont les associations françaises contre le racisme et l'esclavage !? C'est contre ce type de pays à notre époque qu'il faut se battre mais cela demande... du courage !

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