L'économie américaine ralentit mais évite, pour l'instant, la récession, selon Janet Yellen

La banque centrale américaine, la Fed devrait procéder mercredi à une quatrième forte hausse de ses taux directeurs. L'économie américaine « ralentit » mais les données économiques n'annoncent pas de récession, a de nouveau affirmé dimanche la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen.
La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen.
La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen. (Crédits : POOL New)

La banque centrale américaine (Fed) espère encore pouvoir faire ralentir l'inflation sans provoquer de récession. A deux jours d'une réunion, qui se tiendra mardi et mercredi pour relever ses taux directeurs, la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, l'assure : l'économie américaine « ralentit » mais les données économiques n'annoncent pas de récession. « Une récession est une contraction généralisée qui affecte de nombreux secteurs de l'économie. Nous n'avons tout simplement pas ça », a déclaré dimanche la ministre de l'Économie et des Finances de Joe Biden, dans un entretien à la chaîne NBC, mettant notamment en avant « le marché du travail (qui) est maintenant extrêmement solide ».

Cependant, « nous sommes dans une période de transition où la croissance ralentit. Et il est nécessaire (...) de croître à un rythme régulier et durable. Il y a donc un ralentissement », a détaillé celle qui, en 2021, prophétisait aussi que l'inflation ne durerait pas et était un phénomène temporaire.

« Je ne dis pas que nous éviterons définitivement une récession, mais je pense qu'il existe une voie pour maintenir la vigueur du marché du travail et faire baisser l'inflation », a souligné Janet Yellen.

Les prix ne cessent en effet de grimper aux États-Unis, avec une hausse qui a atteint un nouveau record en juin, à +9,1% sur un an. Pour desserrer la pression sur les prix, la Fed relève depuis mars ses taux directeurs, ce qui a pour effet de rendre le crédit plus onéreux donc de freiner la consommation. Outre-Atlantique aussi, l'inflation a poussé la banque centrale européenne (BCE) à relever, jeudi, ses taux d'intérêts, pour la première fois en plus de dix ans, d'un demi-point.

Incertitude

Parallèlement, la croissance du produit intérieur brut (PIB) des États-Unis au deuxième trimestre sera publiée jeudi et est attendue en très légère hausse. Mais elle avait été négative au premier trimestre (-1,6%) or une récession se définit par deux trimestres consécutifs de croissance négative. Néanmoins, selon la ministre, l'économie américaine ne serait pas en récession, même dans le cas où la croissance serait négative au deuxième trimestre: « ce qu'une récession signifie vraiment, c'est une contraction généralisée de l'économie. Et même si ce chiffre (du PIB au deuxième trimestre) est négatif, nous ne sommes pas en récession actuellement », a-t-elle insisté.

L'ancien vice-président de la Fed Donald Kohn estime, pour sa part, « qu'une légère récession » avec un chômage plus élevé que les 3,7% prévus par la Fed pour 2022, « sera nécessaire pour briser cette spirale inflationniste », a-t-il dit à l'AFP. « Mais l'incertitude est tellement énorme », a-t-il ajouté.

Lire aussiL'inflation américaine ne durera pas, prophétise Janet Yellen (avec l'atout Powell dans sa manche)

Vers une hausse de trois-quarts de points

Lors de sa réunion, mardi et mercredi, le comité monétaire de la Fed procédera à une nouvelle hausse de ses taux. Ceux-ci se trouvent actuellement dans une fourchette de 1,50 à 1,75%. L'institution doit toutefois veiller à ce que ce ralentissement volontaire de l'activité économique ne soit pas trop fort, pour ne pas plomber, notamment, le marché du travail. L'hypothèse d'une hausse de trois-quarts de points (75 points de base), comme lors de la dernière réunion, mi-juin, semble ainsi faire l'unanimité. Il s'agissait alors du plus fort relèvement depuis 1994. « Ils veulent essayer de réaliser ce qu'ils appellent un atterrissage en douceur, en essayant d'éviter une récession », a commenté pour l'AFP Julie Smith, professeure d'économie à l'université Lafayette d'Eaton, en Pennsylvanie.

Un des gouverneurs de l'institution, Christopher Waller, a récemment ouvert la porte à une hausse d'un point (100 points de base). Les membres du comité monétaire « discuteront probablement » cette hypothèse, selon Julie Smith, « simplement parce que les chiffres de l'inflation restent très mauvais ». Cependant, estime-t-elle, « les autres signes (...) indiquent que les augmentations de taux précédentes ont très probablement commencé à fonctionner, au moins pour ralentir la demande (sur) le marché du logement ».

Le marché immobilier, en effet, a fortement ralenti à cause des prix exorbitants des biens, et des taux d'intérêt qui grimpent. Cependant, des milliers d'offres d'emplois ne trouvent toujours pas preneurs. Et la consommation se maintient, malgré des ventes gonflées par l'inflation.

Lire aussiPas de récession en vue pour les Etats-Unis, l'Europe plus « vulnérable » (Yellen)

(Avec AFP)

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 4
à écrit le 27/07/2022 à 13:26
Signaler
Vive la non-récession transitoire...

à écrit le 25/07/2022 à 9:48
Signaler
Les naîfs européens n'ont rien vu venir en suivant les ordres des américains pour sanctionner la Russie, alors que ces derniers ont tout fait pour que Poutine réagisse à la tentative de faire entrer l'Ukraine dans l'OTAN.

à écrit le 25/07/2022 à 9:45
Signaler
"Le niveau de vie des Américains ne se négocie pas". A suivre...

à écrit le 25/07/2022 à 9:44
Signaler
Une "décélération du ralentissement" donc, oui oui on connait vos éléments de langage, tandis que vous avez travesti les mots afin de cacher que vous étiez incapables de soigner les maux.

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.