Pas de récession en vue pour les Etats-Unis, l'Europe plus « vulnérable » (Yellen)

La secrétaire d'Etat au Trésor américain Janet Yellen a affirmé mercredi ne pas s'attendre à une récession aux Etats-Unis, malgré la flambée des prix de l'énergie et la guerre en Ukraine, jugeant que l'Europe est « plus vulnérable ».

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La secrétaire d'Etat au Trésor américain Janet Yellen.
La secrétaire d'Etat au Trésor américain Janet Yellen. (Crédits : Reuters)

Les Etats-Unis ne pensent pas entrer en récession. C'est en revanche moins sûr pour l'Europe, beaucoup plus touchée par la crise en Ukraine en raison de sa dépendance à l'énergie russe. C'est en tout cas ce qu'a estimé ce mercredi la secrétaire d'Etat au Trésor américain Janet Yellen.

 «Je ne m'attends vraiment pas à ce que les États-Unis tombent en récession», a-t-elle détaillé, lors d'une conférence de presse précédant une réunion du G7 des ministres des Finances en Allemagne, ajoutant: «Je pense que l'Europe est peut-être un peu plus vulnérable et plus exposée sur le front de l'énergie que les États-Unis.»

Elle rejoint ainsi les propos du président de la banque centrale américaine, la Réserve fédérale (Fed), Jérôme Powell, qui le 4 mai assurait que l'économie américaine restait solide, même si la croissance ralentissait, et qu'elle ne présentait pas de risque immédiat de récession.

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« L'environnement actuel est rempli de risques, tant en ce qui concerne l'inflation que les ralentissements (économiques) potentiels », a ajouté Janet Yellen. Mais « nous avons actuellement un grand élan de reprise économique », avec notamment un «taux de chômage extrêmement faible», a-t-elle tempéré.

En effet, l'économie américaine a connu une reprise économique vigoureuse après la pandémie de coronavirus, grâce notamment à de vastes plans de relance de l'État fédéral. Mais ces derniers mois, l'inflation et les perturbations sur les chaînes mondiales d'approvisionnement, causées notamment par la guerre en Ukraine et la pandémie de coronavirus en Chine, ont freiné cet élan. Le pays a ainsi connu une chute de 1,4% du Produit intérieur brut au premier trimestre 2022. Mais les dirigeants américains assurent ne pas s'attendre à une récession technique, c'est à dire deux trimestres de suite en baisse. Certains experts n'excluent toutefois pas une récession pour le début de l'année prochaine, si les prix restaient élevés malgré des hausses de taux.

Le scénario d'une récession s'explique par la hausse des taux nécessaire (enclenchée en mars) pour freiner la demande et par conséquent l'inflation. L'équation à résoudre est difficile : à quel niveau porter les taux directeurs cette année pour contrôler la hausse des prix sans provoquer de récession, laquelle aurait des conséquences sur l'emploi.

L'Europe au ralenti

En revanche, de l'autre côté de l'Atlantique, les craintes sont plus importantes. Avec une croissance au ralenti et une inflation record, l'économie européenne, à peine remise des conséquences de la pandémie, subit de plein fouet le choc de la guerre en Ukraine et risque une récession dans les mois à venir. La croissance de la zone euro, qui dépend lourdement de l'énergie fournie par la Russie, est atone. Elle s'est établie de 0,3% au premier trimestre par rapport au trimestre précédent et devrait encore se contracter au deuxième trimestre. Le tout pour une inflation à 7,4% en avril, essentiellement tirée par les prix de l'énergie.

« Le PIB de la zone euro devrait se contracter au deuxième trimestre, car les retombées de la guerre en Ukraine et la flambée des prix de l'énergie pèsent de plus en plus sur les revenus des ménages et la confiance des consommateurs, tout en rendant la vie difficile aux industriels », estimait récemment Andrew Kenningham, expert de Capital Economics.

Selon lui, les fabricants allemands seront  « plus durement touchés » que ceux des autres pays européens,  « mais la hausse des prix de l'énergie affectera toute la région, tout comme la baisse de la demande de produits à l'exportation et celle de la confiance des entreprises ».

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Washington prêt à lever certains tarifs douaniers contre la Chine

Pour combattre l'inflation, certains droits de douane contre la Chine, mis en place sous le mandat de l'ancien président américain Donald Trump, en représailles aux pratiques commerciales chinoises jugées "déloyales", sont remis en cause par l'administration Biden. La secrétaire d'Etat au Trésor américain, Janet Yellen, a abondé dans ce sens. Certains de ces tarifs "font mal aux consommateurs et aux entreprises et ne sont pas très stratégiques" a-t-elle déclaré mercredi devant la presse, avant une réunion des ministres des Finances du G7 en Allemagne.

 « Ils ne répondent pas aux véritables problèmes que nous avons avec la Chine, qu'il s'agisse des vulnérabilités de la chaîne d'approvisionnement, des questions de sécurité nationale ou d'autres pratiques commerciales déloyales », a encore relevé la secrétaire d'Etat au Trésor américain.  « Nous sommes en train d'avoir ces discussions » sur l'avenir des tarifs douaniers, a ajouté Janet Yellen.

Les droits de douane américains sur 350 milliards de dollars d'importations en provenance de Chine expireront automatiquement le 6 juillet, si aucune entreprise ne demande à les maintenir, et l'administration Biden est sous pression pour les supprimer en raison d'une inflation record aux Etats-Unis.

(avec AFP)

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Commentaires 6
à écrit le 18/05/2022 à 20:27
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Archi faux ! L'impérialisme US sombre sous les déficits commerciaux, budgétaire, une forte inflation et la croissance régresse. A contrario la Chine communiste et la Russie se portent à merveille malgré le COVID, en voix de régression forte en Chine...

à écrit le 18/05/2022 à 18:00
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C'est évident, la guerre en Ukraine profite au USA , c'est une des raisons que Biden pousse à la Confrontation

le 18/05/2022 à 22:48
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@elsasfrei . Dans quelques années quand on ouvrira les archives on saura le dessous des cartes, un conflit fabriqué pour démolir l'UE et la Russie.. Mais la pensée unique empêche toute réflexion objective !!!

à écrit le 18/05/2022 à 17:58
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Les GAFAM vont bien tout va bien?

à écrit le 18/05/2022 à 17:22
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La BCE est dans le déni depuis deux ans. A force de mettre la poussière sous le tapis, il commence à y avoir une bosse ? Et comme dit un autre internaute, sans énergie, pas de PIB. La croissance verte, ça n'existe pas

à écrit le 18/05/2022 à 17:05
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Le PIB est lié à l'énergie consommée : moins d'énergie = moins de PIB. Une fois que nos dirigeants ont choisi de diminuer notre approvisionnement énergétique, mécaniquement, la récession est inévitable. L'économie mondiale est en tension énergétique ...

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