En remontant, contre toute attente, de 50 points de base ses taux directeurs, la Banque centrale européenne a voulu adresser un signal clair dans sa volonté de lutter contre l’inflation. Cette décision historique, inédite depuis 2011, a finalement peu influencé les marchés qui anticipent toujours un fort ralentissement de l’économie, sinon une récession. Pourtant, la BCE compte bien poursuivre ses hausses de taux, mais sans délivrer la moindre indication au marché.La réunion, ce jeudi, de la Banque centrale européenne (BCE) devait être à la fois sans surprise et historique, avec l'annonce d'un relèvement de 25 points de base des taux directeurs pour la première fois depuis une décennie. C'est raté.
Contre toute attente, l'institut monétaire européen a finalement monté ses taux de 50 points de base, en laissant la porte ouverte à d'autres hausses de taux, mais sans véritablement délivrer de guidance (prévision), sous un air « tout est possible ». Exit donc les promesses de la BCE en matière de prévisibilité. Cette décision porte ainsi le taux de rémunération des dépôts à 0%, le taux de refinancement à 0,5% et le taux d'escompte à 0,75%. C'est sans doute ce que voulait Christine Lagarde, présidente de la BCE, ne pas aborder l'été avec un taux négatif.
Car, sa nouvelle obsession, comme elle l'a rappelé lors de la conférence téléphonique, est bien de lutter contre l'inflation, qu'elle entend ramener, de gré ou de force, autour de la cible des 2%, écartant au passage tout risque de récession en 2022 et même 2023. « Christine Lagarde s'est montrée obstinée à continuer son cycle de hausse des taux pour parvenir à son objectif d'inflation », commente Saidé El Hachem, gérante obligataire chez Vega Investment Managers.
La BCE emboîte ainsi le pas, certes avec un certain retard, de toutes les grandes banques centrales (Japon excepté), mais surtout de la Réserve Fédérale américaine (Fed) qui tient un discours particulièrement belliqueux sur le front de l'inflation, surtout après le très mauvais chiffre de juin aux Etats-Unis (9%, du jamais vu depuis 40 ans). La Fed devrait d'ailleurs relever ses taux directeurs de 75 points de base la semaine prochaine.