L'économie mondiale va se dégrader plus fortement que prévu en 2023, prévient l'OCDE

Ce lundi, L'OCDE a fortement dégradé ses prévisions de croissance mondiale pour l'an prochain, particulièrement pour la zone euro, en raison notamment des conséquences économiques persistantes de la guerre en Ukraine. Les prévisions de croissance du PIB mondial s'élèvent à 2,2% contre 2,8% en juin.
Bruno Le Maire, ce matin à Bercy (photo), persiste et signe, malgré les sombres prédictions de la Banque de France mi-septembre et de l'OCDE ce matin : non la prévision de croissance de 1% pour 2023 est crédible et volontariste, a-t-il martelé.
Bruno Le Maire, ce matin à Bercy (photo), persiste et signe, malgré les sombres prédictions de la Banque de France mi-septembre et de l'OCDE ce matin : non la prévision de croissance de 1% pour 2023 est "crédible et volontariste", a-t-il martelé. (Crédits : Reuters)

[Article publié le 26.09.2022 à 12:00 et mis à jour à 13:15 avec réaction de Le Maire]

L'OCDE jette un coup de froid. L'organisation de coopération et de développement économiques a, ce lundi, fortement dégradé ses prévisions de croissance pour l'an prochain en raison des conséquences plus durables qu'anticipé de la guerre en Ukraine, surtout en zone euro, et de la hausse des taux d'intérêt des banques centrales pour contenir l'inflation et de la crise énergétique. Le long conflit entre la Russie et l'Ukraine, qui entre dans son huitième mois, et ses effets dévastateurs sur les prix de l'énergie devraient continuer à déprimer l'économie l'an prochain, prévient l'organisation basée à Paris, qui table sur une progression du PIB mondial de 2,2% contre 2,8% anticipés lors de précédentes prévisions en juin. Autrement dit, la production mondiale devrait être de 2.800 milliards de dollars plus faible l'an prochain que ne le prévoyait l'OCDE avant le début de la guerre en Ukraine - soit l'équivalent du PIB de la France.

« Les perspectives de croissance mondiale se sont assombries », écrit l'OCDE dans un rapport publié lundi et intitulé payer  « le prix de la guerre ».

La zone euro subit la révision à la baisse la plus importante

« Les pressions inflationnistes sont de plus en plus généralisées, la hausse des prix de l'énergie, des transports et d'autres coûts se répercutant sur les prix », souligne l'OCDE qui a revu en baisse ses prévisions sur la quasi-totalité des pays membres du G20 à l'exception de la Turquie, de l'Indonésie et du Royaume-Uni dont l'économie connaîtra une stagnation.

Particulièrement affectée par la guerre en Ukraine, la zone euro subit la révision la plus importante, avec une croissance attendue à 0,3% contre 1,6% précédemment anticipé. La flambée des prix y pèse lourd, l'OCDE prévoyant une inflation à 8,1% cette année et à 6,2% l'an prochain.

L'Allemagne, première à payer « le prix de la guerre »

Les prévisions sont très sombres pour l'économie allemande, très dépendante du gaz russe, dont l'OCDE s'attend à ce qu'elle se contracte de 0,7% en 2023, alors qu'elle était précédemment attendue en progression de 1,7%. La France devrait mieux s'en sortir, avec une croissance positive attendue à 0,6% l'an prochain, soit tout de même 0,8 point de pourcentage de moins qu'elle ne l'était en juin, après 2,6% cette année (révisée à la hausse de 0,2 point). Ses principaux voisins y échappent pour l'heure : une croissance de 0,4% est attendue en Italie et de 1,5% en Espagne.

France : Bercy vise 1% en 2023 mais l'OCDE prévoit seulement 0,6%

Cette prévision est bien plus pessimiste que celle de Bercy, même après qu'il eut révisé en forte baisse ses précédentes prévisions... Ainsi, à la mi-septembre, le gouvernement français avait indiqué qu'il tablait dans son projet de loi de finances pour 2023 sur une croissance de 1% l'an prochain, contre 1,4% anticipé jusqu'ici.

Ceci étant, c'est la Banque de France qui reste la plus pessimiste. Depuis le 15 septembre, elle indiquer tabler sur une croissance du PIB de 0,5% en 2023, contre 1,2% en juin dernier dans son scénario central. En cas de fermeture complète du robinet du gaz russe et de coupures électriques, l'économie française pourrait même plonger en récession estime l'institution bancaire dans son scénario le plus sombre.

Mais, ce matin, à Bercy, lors de la présentation de la loi de finances pour 2023, Bruno Le Maire (photo ci-dessous) persistait et signait en maintenant, malgré les sombres prédictions de la Banque de France (mi-septembre) et de l'OCDE (ce matin), sa prévision de croissance de 1% pour 2023 qu'il juge « crédible et volontariste », a-t-il martelé.

« Ce n'est pas un budget de rigueur, ce n'est pas un budget de facilité, c'est un budget responsable et protecteur dans des temps de grandes incertitudes. C'est un budget qui tient la ligne économique qui a toujours été la nôtre et qui a donné les résultats que vous connaissez sur la croissance, l'emploi, l'investissement. », avait-t-il affirmé en préambule.

Bruno Le Maire, croissance, Bercy

« Une incertitude importante entoure ces projections économiques », prévient toutefois l'OCDE : des pénuries d'énergie plus importantes que prévu pourraient réduire le PIB de la zone euro de 1,25 point supplémentaire l'an prochain, ce qui pousserait de nombreux Etats en récession.

Moins de 5% de croissance prévue en Chine

Les Etats-Unis, qui n'ont pas le problème de dépendance aux hydrocarbures russes, devraient aussi voir leur économie ralentir sous l'effet de la hausse des taux d'intérêt décidée par la Réserve fédérale pour lutter contre l'inflation. Si la croissance de la première économie mondiale devrait encore atteindre 1,5% en 2022, elle pourrait glisser à 0,5% l'an prochain. L'OCDE reste confiante pour l'économie chinoise en 2023, toujours attendue en hausse de 4,9%. Elle a en revanche abaissé sa prévision à 3,2% cette année, contre 4,4% auparavant, en raison des confinements imposés par Pékin à plusieurs grandes villes dans le cadre de sa politique de « zéro COVID ». Malgré cette conjoncture difficile, l'OCDE juge nécessaire la poursuite de la remontée des taux pour juguler l'inflation et s'attend à ce qu'ils dépassent 4% l'an prochain dans la plupart des économies développées.

L'organisation invite par ailleurs les gouvernements qui ont mis en place des boucliers pour limiter l'impact de l'inflation sur les ménages et les entreprises à privilégier des mesures temporaires ciblant les plus fragiles pour ne pas alourdir le poids de la dette publique.

(Avec AFP et Reuters)

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Commentaires 5
à écrit le 26/09/2022 à 20:37
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Bonjour, Bien , ils faut dire que la crise financière et économique est bien la .... Dire que les bruits de bottes s'intensifie n'est pas faut ... MDR, sa Risque de bien mal ce terminer....

à écrit le 26/09/2022 à 16:51
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Je te l'avais écrit ici-même y a plusieurs jours mon p'tit Bruno🙈

à écrit le 26/09/2022 à 14:03
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le mot est peut-être un peu fort. La surchauffe actuelle n'est pas normal pas etonnant que l'on est une baisse

à écrit le 26/09/2022 à 13:14
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"L'Allemagne, première à payer « le prix de la guerre " Pour une fois qu'elle est prête à payer un truc celle-là ! Enfin bon faites quand même attention hein, radins comme ils sont.

à écrit le 26/09/2022 à 12:29
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"plus fortement que prévu" ? Pourtant, c'était largement prévu. Depuis 2020, il y a eu une politique de mise sous le tapis systématique des problèmes économiques, sous le prétexte fallacieux du coid-19, avec les fameux "Nous sommes en guerre" et le "...

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