L'excédent commercial de la France au Royaume-Uni s'est dégradé depuis le Brexit
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L'excédent commercial de la France au Royaume-Uni s'est élevé à 9,6 milliards d'euros en 2023.
Denis Balibouse
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L'excédent commercial de la France au Royaume-Uni s'est élevé à 9,6 milliards d'euros en 2023.
Denis Balibouse
Trois ans après le Brexit, la France continue d'avoir un excédent commercial avec le Royaume-Uni, et c'est même le premier, selon une étude de la direction générale des douanes publiée ce vendredi. Cet excédent s'est établi à 9,6 milliards d'euros en 2023. Les exportations ont atteint 35,9 milliards d'euros, tandis que les importations se sont élevées à 26,3 milliards d'euros. Cependant, ce solde est en baisse de 2,5 milliards d'euros, soit près de 20%, par rapport à 2018, qui sert de référence avant le Brexit et la crise du Covid.
Cette dégradation s'explique par une augmentation des importations (+5,5 milliards d'euros) qui a été plus importante que celle des exportations (+3 milliards d'euros), touchant « la plupart des produits échangés », détaille l'étude. Seuls les soldes des matériels de transport et des machines se sont améliorés. Les exportations de produits aéronautiques vers le Royaume-Uni ont presque doublé (+83%), et les exportations d'automobiles ont également fortement augmenté (+62%), selon les douanes.
« Exception notable, relève l'étude, la part du Royaume-Uni dans les importations de la France est restée stable sur la période », à 3,7%, tandis que cette part a baissé pour la « quasi-totalité » des autres pays européens, Slovaquie et Chypre exceptés. Le rapport explique la hausse des importations du Royaume-Uni vers la France par « l'apparition de flux commerciaux de quasi-transit, non comptabilisés avant le Brexit », qui sont à l'origine de « la majeure partie de la dégradation du solde ».
La sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE) le 31 janvier 2020, suivie de son départ du territoire douanier l'année suivante, a forcé la plupart des entreprises européennes importatrices de produits britanniques à payer des droits de douane. En conséquence, de nombreux biens traversent la Manche pour être « dédouanés » en France avant d'être réexportés vers un autre pays de l'UE. Les experts qualifient cela de « flux de quasi-transit à l'importation ».
Les douanes indiquent par ailleurs que, parallèlement, « le nombre total d'entreprises important en France des biens originaires du Royaume-Uni a baissé de plus d'un tiers (-34%) entre 2018 et 2023 », alors que dans le même temps, « le nombre total d'entreprises important en France des biens originaires d'Italie, d'Allemagne et de Suisse augmente nettement, de respectivement 49%, 41% et 6% ». S'agissant des entreprises qui exportent, hors petits opérateurs, leur nombre est en légère baisse (-6%).
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Ces évolutions s'inscrivent dans un contexte dans lequel Londres a réorienté ses échanges commerciaux vers des pays à l'extérieur de l'UE. « Globalement, les échanges extérieurs ont perdu en intensité entre le Royaume-Uni d'une part et l'Union européenne (UE) d'autre part. Depuis le Brexit, le Royaume-Uni est davantage tourné vers le reste du monde », décrit le rapport. La part de l'UE dans les importations du Royaume-Uni a baissé de 52 à 40% en cinq ans, alors que celle de la Chine et des États-Unis ont toutes les deux progressé, de 9% à 13% pour Pékin et de 9% à 12% pour Washington.
(Avec AFP)
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