Le FPÖ, revenu d’un scandale financier, pourrait arriver en tête des législatives organisées ce dimanche. Mais son chef, Herbert Kickl, n’est pas assuré de devenir chancelier.Le Danube où se baigner, de l'eau source des Alpes qui coule au robinet, des parcs, des palais, un tramway... Vienne vient d'être désignée, pour la troisième année consécutive, la ville la plus agréable à vivre au monde par The Economist. Mais depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la capitale de l'Autriche est aussi le « paradis des espions ». Sa position stratégique au cœur de l'Europe, à la frontière entre l'Est et l'Ouest du continent, n'y est pas pour rien, de même que la présence des sièges de nombreuses organisations internationales, comme l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) ou l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).
Au printemps dernier, un ancien agent des services de renseignement autrichien, soupçonné d'avoir transmis des informations à la Russie, a été arrêté. A quelques mois des élections législatives, cette arrestation a ébranlé la scène politique, le suspect étant réputé proche du Parti de la liberté (FPÖ). Cette formation d'extrême droite, dirigée aujourd'hui par le très radical Herbert Kickl, 55 ans, et longtemps lié à la Russie par un accord de coopération, pourrait remporter le scrutin organisé ce dimanche.
Anti-immigration, nationaliste, hostile à l'islam et eurosceptique, le FPÖ est en effet crédité de 27% à 29% des intentions de vote. Il devance l'ÖVP, le parti conservateur de centre-droit au pouvoir (25-26%) et les socio-démocrates du SPÖ (20-21%). Fondé en 1956, le FPÖ est l'un des plus anciens partis d'extrême droite d'Europe. Deux fois déjà, il a participé à des gouvernements de coalition avec les conservateurs de l'ÖVP. En 2000, sa participation au pouvoir, la première d'un parti d'extrême droite en Europe, avait poussé l'Union européenne à suspendre tout contact politique avec le gouvernement. Sa deuxième participation à un gouvernement de coalition, entre 2017 et 2019, s'était terminée dans un retentissant scandale de corruption et fait chuter la cote du parti dans l'opinion publique.