Proche-Orient : le chef du Hezbollah tué par des frappes d'Israël
latribune.fr
Les tensions dans la région se sont fortement accrues, faisant un craindre une bataille qui pourrait échapper à tout contrôle et entraîner l'Iran et les Etats-Unis dans un conflit.
De nouvelles frappes israéliennes ont visé samedi la banlieue sud de Beyrouth et d'autres agglomérations du Liban au lendemain d'une attaque massive contre le siège du Hezbollah au cours de laquelle le chef du mouvement libanais, Hassan Nasrallah, a été tué, selon Tsahal.
Article mis à jour à 19h10 samedi 28 septembre
Après d'intenses bombardements dans la nuit de vendredi à samedi, Israël a annoncé samedi avoir tué le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah sur la banlieue sud de Beyrouth, à l'heure où une source proche du mouvement libanais a affirmé que le contact avait été perdu avec son dirigeant. Cette annonce pourrait raviver les tensions géopolitiques dans un région meurtrie par les conflits à répétition. En déplacement en Bourgogne, le Premier ministre français, Michel Barnier, a qualifié samedi d'"extrêmement grave" la situation au Liban et affirmé "se préoccuper de la sécurité" des Français sur place. Le Hamas a déclaré dans un communiqué déplorer le meurtre du chef du Hezbollah, assurant que sa mort ne ferait que renforcer la lutte contre Israël.
Un raid dévastateur
Ennemi juré d'Israël, le Hezbollah a confirmé a confirmé samedi la mort de son chef, après un raid dévastateur israélien sur son fief dans la banlieue sud de Beyrouth qui a ciblé "le quartier général central du Hezbollah" selon l'armée israélienne. Le communiqué du Hezbollah a affirmé que le secrétaire général de la puissante formation avait été tué avec d'autres membres du groupe "dans un raid sioniste perfide sur la banlieue sud de Beyrouth".
Hassan Nasrallah, 64 ans, est un homme de religion qui fait l'objet d'un véritable culte de la personnalité au Liban, dont il est l'homme le plus puissant. Depuis des années il vit dans la clandestinité et il est apparu rarement en public. Selon plusieurs télévisions israéliennes, Hassan Nasrallah était visé par la frappe d'une violence inouïe survenue vendredi à 15H30 GMT dans un quartier densément peuplé de la banlieue sud de Beyrouth.
Le raid israélien a détruit des dizaines d'immeubles, poussé à la fuite des centaines de personnes et fait au moins six morts. Malgré les coups portés par Israël qui bombarde sans cesse les bastions du Hezbollah dans le sud et l'est du Liban ainsi que dans la banlieue sud de Beyrouth, le mouvement libanais a annoncé samedi avoir tiré des roquettes contre un kibboutz et des cibles militaires dans le nord d'Israël en riposte "aux attaques barbares de l'ennemi israélien".
700 morts en moins d'une semaine
Les opérations israéliennes contre le Hezbollah au Liban se poursuivront "jusqu'à ce que tous nos objectifs soient atteints", a affirmé à l'ONU le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, douchant les espoirs d'une trêve proposée mercredi par la France et les Etats-Unis.
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
Depuis lundi, les bombardements israéliens ont fait plus de 700 morts, en majorité des civils selon le ministère libanais de la Santé. En un an, le nombre de personnes tuées s'élève à plus de 1.500, un bilan plus lourd que celui des 33 jours de guerre entre Israël et le Hezbollah en 2006.
Craintes d'un embrasement dans la région
Ces bombardements à répétition ont ravivé les craintes d'une escalade dans la région. "La France est en lien avec les autorités du Liban et les partenaires de la France dans la région pour prévenir toute déstabilisation et tout embrasement", a déclaré le Quai d'Orsay dans un communiqué. "Des messages sont passés à toutes les parties".
A l'assemblée générale des Nations unies, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a appelé à ce qu'un "cessez-le-feu général" soit trouvé sans délai au Proche-Orient, et déclaré qu'une solution à deux Etats entre les Israéliens et les Palestiniens demeurait la seule voie pour sortir des tensions qui secouent la région.
« La guerre d'Israël n'est pas contre le peuple libanais », a déclaré samedi le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant. "Il (Nasrallah) a assassiné des milliers d'Israéliens et de citoyens étrangers. Il représentait une menace immédiate pour la vie de milliers d'Israéliens et d'autres citoyens", a-t-il ajouté dans un communiqué.
"Au peuple du Liban, je dis : notre guerre n'est pas contre vous. Il est temps que le changement se produise", a-t-il poursuivi. Le président américain Joe Biden a qualifié quant à lui la mort du chef du Hezbollah de "mesure de justice" pour ses nombreuses victimes, et ajouté que les Etats-Unis soutenaient pleinement le droit d'Israël à se défendre contre des groupes soutenus par l'Iran.