L'inflation a ralenti en octobre aux États-Unis, Wall Street apprécie

S'affichant à 7,7% en octobre, l'inflation a progressé mais moins fortement que prévu aux États-Unis. Ce qui laisse à penser qu'elle a atteint un pic et que les mesures prises par la Fed pour la stopper commencent à fonctionner, même si elle reste élevée. La Bourse de New York a ouvert en en hausse suite à cette annonce, progressant de plus de 2%.
Sur le mois d’octobre seulement, les prix ont augmenté de 0,4%. Soit la même hausse que celle enregistrée entre août et septembre.
Sur le mois d’octobre seulement, les prix ont augmenté de 0,4%. Soit la même hausse que celle enregistrée entre août et septembre. (Crédits : Aly Song)

C'est la plus faible progression des prix depuis janvier 2022 aux Etats-Unis. L'inflation de la première économie mondiale a augmenté de 7,7% en octobre par rapport à octobre 2021, selon l'indice CPI qui fait référence, publié ce jeudi 10 novembre par le département du Travail. Une hausse qui se révèle bien moins forte que celle de 8,2% enregistrée en septembre sur un an. C'est aussi moins que les 7,9% qu'attendaient les analystes, selon le consensus de Market Watch.

À noter par ailleurs que c'est la première fois depuis février que la hausse de l'indice CPI ressort en dessous de 8% sur un an. Pour rappel, il avait culminé à 9,1% en juin, établissant alors un record depuis novembre 1981.

Par rapport à septembre 2022, les prix ont augmenté de 0,4%. Soit la même hausse que celle enregistrée entre août et septembre. C'est également une bonne surprise puisque les analystes s'attendaient à une nouvelle accélération, et tablaient sur +0,6%.

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Une inflation portée par le logement

Le logement compte pour une part importante de cette inflation, tant à la location qu'à l'achat. Les prix de l'immobilier ont flambé pendant la pandémie, alimentés par les taux historiquement bas et par l'éloignement des villes permis par le télétravail.

Le prix médian pour une maison individuelle a augmenté de 8,6% au troisième trimestre, par rapport à la même période l'an passé, selon les données de l'Association des agents immobiliers (NAR), publiées jeudi également.

La hausse générale des prix était devenue l'un des principaux thèmes dans la campagne pour les élections américaines de mi-mandat, qui se sont tenues mardi et dont les résultats définitifs n'étaient toujours pas connus ce jeudi matin. L'opposition républicaine, d'abord, s'était saisie du sujet de l'inflation, mettant en cause le président Joe Biden dans cette flambée des prix. Les démocrates, pressés de rattraper leurs concurrents sur ce terrain devenu la principale préoccupation des Américains, s'en ont emparés dans la dernière ligne droite.

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Une annonce qui a fait bondir Wall Street

Les chiffres de l'inflation américaine sont tombés une heure avant l'ouverture de la Bourse de New York. Wall Street a démarré en forte hausse suite à cette annonce. Une dizaine de minutes après les premiers échanges, l'indice Dow Jones a gagné 719,81 points (soit 2,21% à 33.233,75 points), le S&P 500 a progressé de 3,35% à 3.874,35 point et le Nasdaq Composite a bondi de 4,55% (soit 471,02 points, à 10.824,20).

« Les données plus faibles que prévu sur l'inflation agissent comme un vent favorable pour les marchés. Chaque ligne du rapport montre une amélioration séquentielle », souligne Art Hogan, stratège marchés chez B. Riley Financial.

Un effet du resserrement de la politique monétaire ?

Le ralentissement de l'inflation pourrait être le signe que les mesures prises par la banque centrale américaine pour ramener l'inflation dans les clous commencent enfin à porter leurs fruits. C'est en effet à la puissante Réserve fédérale (Fed) qu'incombe la lourde tâche de ramener la hausse des prix autour de 2% sur un an, un niveau considéré comme sain pour l'économie.

Pour faire baisser l'inflation, la Fed cherche à provoquer un ralentissement volontaire de l'activité économique américaine, en relevant les taux d'intérêt, ce qui doit décourager la consommation des ménages et ainsi desserrer la pression sur les prix. Pour apprécier l'effet de ces hausses, la santé du marché de l'emploi est notamment scrutée. Le taux de chômage est justement remonté de 0,2 point, à 3,7%, en octobre, signe que le resserrement du coût du crédit commence à peser sur la demande et le marché du travail. Mais les créations d'emplois sont toutefois restées solides.

Il faudra du temps pour que l'inflation diminue, a prévenu la semaine passée le président de la Fed, Jerome Powell. L'institution a par ailleurs annoncé  une nouvelle hausse de son taux directeur, la sixième d'affilée. Celui-ci, relevé de 0,75 point de pourcentage - une forte hausse -, est désormais situé dans une fourchette de 3,75% à 4,00%, son plus haut niveau depuis janvier 2008. La baisse de l'inflation pourrait toutefois inciter la Réserve fédérale à modérer le rythme de relèvement de ses taux d'intérêt à l'avenir.

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(Avec AFP et Reuters)

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