L'Opep+ décide de réduire sa production de 2 millions de barils par jour

Réunis ce mercredi à Vienne, les membres de l'Opep et leurs partenaires emmenés par la Russie vont réduire leur offre de 2 mb/j, soit quelque 4%, pour enrayer la chute des prix du baril. Une mauvaise nouvelle pour Joe Biden pour qui une flambée des prix de l'essence, à quatre semaines des élections de mi-mandat, pourrait remettre en cause sa majorité au Congrès.
(Crédits : Dado Ruvic)

Article mis à jour à 18h45

L'Opep et ses alliés (Opep+) ont décidé ce mercredi de réduire leur production de pétrole de deux millions de barils par jour (mb/j), la diminution la plus importante depuis la pandémie de Covid-19, malgré la pression des Etats-Unis qui souhaitait une augmentation de l'offre. La décision s'appliquera à partir de novembre, indique l'organisation, dans son communiqué qui annonce que le partenariat Opep+ est prolongé dans les mêmes conditions jusqu'au 31 décembre 2023.

Une réduction des extractions pourrait faire remonter les prix du baril, malmenés par les craintes de récession mondiale, le resserrement de la politique monétaire des Etats-Unis et l'appréciation du dollar.

Cette réduction de 2 mb/ doit être cependant relativisée, l'Opep+ n'arrivant pas aujourd'hui à atteindre le quota qu'elle s'est fixé (42,1 mb/j en août, hors Libye, Iran et Venezuela, non soumis à quotas). Ainsi, au mois d'août, la production réelle était inférieure de 3,4 mb/j à ce quota, « en raison de problèmes techniques, de périodes de maintenance, de limitations de capacités et de l'effet des sanctions sur l'offre russe », souligne l'AIE, dans son rapport de septembre. L'offre russe était inférieure de 1,2 mb/j à son quota. Autrement dit, la réduction réelle serait davantage de l'ordre de 1,4 mb/j.

De fait, les investisseurs paraissaient avoir déjà intégré l'information. Le cours du baril de Brent progressait en fin d'après-midi de 1,6%, évoluant autour de 93,3 dollars. Il était tombé sous 84 dollars le 26 septembre, son plus bas niveau depuis la mi-janvier.

« Des prix du brut plus élevés, s'ils sont entraînés par des réductions de production importantes, irriteraient probablement l'administration Biden avant les élections américaines de mi-mandat (le 8 novembre) », ont déclaré les analystes de Citi dans une note.

Vers un recours aux stocks stratégiques aux Etats-Unis

« Il pourrait y avoir d'autres réactions politiques de la part des Etats-Unis, y compris de nouveaux recours aux stocks stratégiques », ont-ils ajouté.

Washington souhaite une baisse des cours notamment pour priver Moscou des revenus tirés de la vente de pétrole alors que l'Arabie saoudite s'est abstenue de condamner les actions de la Russie en Ukraine.

Les relations sont tendues entre le royaume wahhabite et l'administration du président américain, qui s'est rendu à Riyad en juillet mais n'a pas réussi à obtenir d'engagements fermes de coopération en matière de sécurité énergétique.

L'Occident accuse la Russie d'utiliser l'énergie comme une arme, créant ainsi une crise en Europe qui pourrait entraîner un rationnement du gaz et de l'électricité cet hiver. L'Arabie saoudite et d'autres pays membres de l'Opep+ ont déclaré qu'ils cherchaient plus à prévenir la volatilité du marché qu'à atteindre un prix précis.

« La décision est technique, pas politique », a assuré le ministre émirati de l'Energie, Suhail al-Mazroui, avant la réunion de l'Opep+, précisant que les préoccupations relatives à une récession mondiale devaient être l'un des principaux sujets abordés.

(avec Reuters)

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