L’OTAN veut lever le veto turc à l’adhésion de la Suède et de la Finlande

L'adhésion de la Finlande et de la Suède à l'OTAN est toujours suspendue au blocage de la Turquie. Ankara reproche aux deux pays d'héberger des membres du PKK, organisation qu'elle qualifie de terroriste. L'Alliance souhaite lever rapidement cet obstacle à son élargissement, mais l'Allemagne considère que le contentieux risque de durer encore plusieurs semaines. Le président américain Joe Biden pourrait directement prendre ce dossier en main à Madrid.
Recep Tayyip Erdoğan.
Recep Tayyip Erdoğan. (Crédits : GONZALO FUENTES)

(mis à jour avec déclarations de l'Allemagne à 13h19)

Recep Tayyip Erdoğan va-t-il assouplir sa position vis-à-vis de la Finlande et de la Suède ? Le sujet occupera le cœur des discussions du sommet de l'OTAN à partir de mardi à Madrid. Les dirigeants de l'Otan, comptent convaincre le président turc Recep Tayyip Erdogan de lever son veto aux candidatures de la Suède et de la Finlande. Le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg rencontre ce lundi des représentants des trois pays dans l'optique de trouver un terrain d'entente.

La Turquie, par la voix de son président qui affiche son hostilité ouverte à cette adhésion, reproche à la Suède et à la Finlande d'accueillir sur leur territoire des personnes liées au groupe militant du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qu'elle considère comme un groupe terroriste. Elle dénonce aussi l'embargo des pays scandinaves sur la vente d'armes à Ankara depuis 2019 et l'intervention turque en Syrie.

Regain d'intérêt pour l'OTAN depuis le 24 février

Ce sommet se déroule à un moment clé pour l'Alliance transatlantique. Après les menaces de Donald Trump de retirer les Etats-Unis de l'Otan sous son mandat, le retrait d'Afghanistan en septembre dernier, l'offensive lancée par la Russie le 24 février a provoqué un virage géopolitique et redonné une importance stratégique à l'OTAN, tant aux yeux de ses membres qu'à ceux de candidats potentiels. Inquiétés par l'agression russe en Ukraine, des pays jadis neutres comme la Finlande et la Suède veulent désormais intégrer l'Alliance.

Face au retour de la guerre en Europe, les Etats membres de l'OTAN à l'exception notable de la Turquie ont accueilli favorablement la demande d'une entrée de la Finlande et de la Suède qui signifierait un élargissement de la frontière de l'Alliance avec la Russie. Moscou a répété son opposition à ces élargissements.

Rien n'est pourtant acquis quant à ces futures adhésions dans cette organisation souvent minée par les tensions, ont indiqué des diplomates. L'Allemagne, par la voix d'une source au sein de son gouvernement, a fait savoir qu'une adhésion immédiate des Suédois et des Finlandais lors de la réunion de Madrid était peu probable. « Etant donné la dimension historique (des désaccords avec la Turquie), ce ne serait pas une catastrophe si nous avions besoin de quelques semaines supplémentaires », a précisé cette source. L'entrée d'un nouveau pays dans l'OTAN nécessite un accord à l'unanimité des 30 membres actuels. A Madrid, le président américain Joe Biden pourrait intervenir directement et s'entretenir avec son homologue turc en marge du sommet afin de réclamer à Recep Tayyip Erdogan de revoir sa position sur les dossiers finlandais et suédois.

(Avec AFP)

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 2
à écrit le 27/06/2022 à 11:47
Signaler
Il faudrait récupérer les armes nucléaires américaines stockées sur les bases aériennes turques, virer les Turcs de l'OTAN et soutenir le PKK à l'est de la Turquie. Ouvrir un front occuperait Erdogan pour quelques temps et, avec un peu de chance, pro...

à écrit le 27/06/2022 à 10:06
Signaler
Y a qu à contourner l’obstacle turque du petit vizir Erdogan… qui se singularise par sa dictature.. et son chantage en général

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.