L'Ukraine risque de perdre l'aide du FMI à cause de son créancier russe

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Kiev espère obtenir un allègement de dette de 15 milliards de dollars.
Kiev espère obtenir un allègement de dette de 15 milliards de dollars. (Crédits : Reuters)
Un défaut de l'Ukraine sur les 3 milliards de dollars dus à la Russie d'ici à la fin de l'année pourrait menacer l'aide du FMI à Kiev. Selon son règlement, l'institution, ne peut prêter à un pays s'il fait défaut sur une créance détenue par un Etat ou une institution publique...

L'Ukraine cherche un second souffle. Kiev espère obtenir un allègement de dette de 15 milliards de dollars et a entamé des négociations avec ses créanciers qui pourraient englober les 3 milliards de dollars prêtés par Moscou en 2010 à l'ancien gouvernement ukrainien.

Cet allègement doit abonder un plan d'aide de 40 milliards de dollars sur quatre ans en faveur du pays, auquel le FMI doit contribuer à hauteur de 17,5 milliards de dollars. Mais une règle interne su Fonds pourrait toutefois menacer la poursuite de ce programme. Elle prévoit en effet que l'institution ne peut plus prêter à un pays s'il fait défaut sur une créance détenue par le secteur dit "officiel", c'est-à-dire un État ou une institution publique.

"Nous avons une règle de tolérance zéro"

"Nous avons une règle de tolérance zéro", a rappelé le porte-parole du FMI, William Murray, lors d'une conférence de presse, jeudi 26 mars. Or, a-t-il ajouté, la créance détenue par les Russes doit bien être considérée comme de la dette détenue par un État.

"Si je ne me trompe pas, les 3 milliards de dollars (...) viennent d'un fonds souverain russe, c'est donc de la dette officielle", a ajouté William Murray.

Si la Russie ne négocie pas, l'Ukraine serait contrainte à faire défaut

Si la Russie, à couteaux tirés avec l'Ukraine, refusait de renégocier sa dette d'ici à la fin de l'année, Kiev pourrait donc être contraint de faire défaut sur cette créance, plaçant le FMI dans une situation délicate. Interrogé sur cette éventualité, le porte-parole s'est refusé à toute spéculation.

Signe de la sensibilité du sujet, William Murray a voulu rectifier le tir quelques heures plus tard et apporter une "clarification" sur le statut de la créance russe. Dans un communiqué publié dans la soirée à Washington, le porte-parole a fait machine arrière et assuré que le FMI n'avait en réalité pas officiellement déterminé sa position sur le sujet.

Des solutions pour que la dette ne soit plus aux mains de Moscou

Quelle que soit l'issue de ce débat, des solutions existent pour éviter une impasse au FMI. Cette dette pourrait être renégociée au sein du Club de Paris, qui traite des créances entre États, ou pourrait être revendue sur le marché secondaire de la dette et ainsi ne plus être détenue par Moscou.

Interrogée sur cette créance russe, la ministre ukrainienne des Finances Natalie Jaresko avait d'ailleurs assuré ne pas savoir "dans beaucoup de cas" qui détient la dette de son pays.

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Commentaires
a écrit le 30/03/2015 à 2:33 :
C'est un cas particulier puisqu'ici la Russie a envahi la Crimée et l'Ukraine de l'Est donc entraîné le défaut de paiement. Un envahisseur n'a pas lieu d'être remboursé mais doit au contraire verser des dommages et intérêts.
a écrit le 27/03/2015 à 18:08 :
L'occident est plus préoccupée à faire des concessions à l'Ukraine qu'à sauver la Grèce.
a écrit le 27/03/2015 à 14:28 :
Madame Jaresko va desormais devoir penser a faire defaut sue la dette detenue par Frnaklin Templeton au lieu sur celle detenue par la Russie depuis decembre 2013 et non 2010 comme ecrit dans l'article.
C'est incoyable de voir le FMI rappeler a l'Ukraine certains principes elementaires du droit financier.
a écrit le 27/03/2015 à 11:41 :
c'est bien la meilleure. Pour la Grèce dont qui sait où elle va aller en sortant de l'Euro pas de problème quant aux milliards distribués permettant aux banques d'alimenter les riches clients qui souhaitent mettre leur argent ailleurs vu le contexte!
a écrit le 27/03/2015 à 11:19 :
Dans le contexte géopolitique actuelle, comment peut-on croire que les Etats-Unis, via le FMI, stopperait son aide à l'Ukraine dans sa guerre larvée contre la Russie ? On se moque vraiment des lecteurs. Par contre on omet de dire que les fonds alloués par le FMI à l'Ukraine transitent par des banques appartenant à de joyeux oligarques corrompus et qu'ils ne sont pas destinés à relever le pays économiquement mais à acheter des armes afin de poursuivre avec les beaux jours le conflit armé dans le Dombass...On vit une époque formidable...
a écrit le 27/03/2015 à 10:51 :
Donc, si un état riche (la chine en ce moment, par exemple) veut tenir sous sa coupe un état dépendant du FMI, il lui suffit de racheter des dettes de l'état endetté sur les marchés financiers en quantité suffisante, et ensuite refuser tout aménagement de dettes... le FMI enfoncera le clou en achevant le blessé ??? ... inquiétant, non ??
Dans le cas présent, la Russie n'a qu'à refuser de revendre ces dettes et ruinerait l'Ukraine sans aucune réaction internationale ??
Réponse de le 27/03/2015 à 14:16 :
Pour être honnête, ça ne changerait pas grand-chose...
Vu que de toute façon, sur les 5 milliards que le FMI prévoit de prêter cette année à l'Ukraine, 3,8 milliards sont destinés à acheter des armes (made in USA, pour la plupart...).
Pas à redresser l'économie ukrainienne, encore moins à aider la population.
En réalité, les prêts du FMI s'apparentent à une vente d'armes à crédit, c'est tout.
a écrit le 27/03/2015 à 10:19 :
"ne pas savoir "dans beaucoup de cas" qui détient la dette de son pays." On fait vraiment dans l'incroyable, en ce moment...
Réponse de le 27/03/2015 à 13:13 :
Le secret bancaire ! La France ne sait pas plus qui détient les dettes ... des banques et des organismes financiers pour le compte de qui ?

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