La Chine abaisse encore ses taux d'intérêt

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Confrontée au vif ralentissement de la deuxième économie mondiale, la banque centrale multiplie depuis fin 2014 les assouplissements monétaires et les injections de liquidités pour stimuler l'activité.
Confrontée au vif ralentissement de la deuxième économie mondiale, la banque centrale multiplie depuis fin 2014 les assouplissements monétaires et les injections de liquidités pour stimuler l'activité. (Crédits : © Petar Kujundzic / Reuters)
La People's Bank of China, la banque centrale chinoise, a annoncé une baisse de ses principaux taux d'intérêt et une réduction des taux de réserves obligatoires des banques pour la deuxième fois en deux mois.

La banque centrale chinoise (PBoC) a abaissé mardi ses taux d'intérêt, pour la cinquième fois depuis novembre, tout en réduisant les ratios de réserves obligatoires des banques, un nouvel effort pour soutenir l'économie sur fond d'effondrement des Bourses locales.

A partir de mercredi, le taux de prêts à un an tout comme le taux des dépôts à un an seront abaissés de 25 points de base et ramenés respectivement à 4,60% et 1,75%, a indiqué l'institution sur son site Internet.

Simultanément, la banque centrale va abaisser de 50 points de base les ratios des réserves obligatoires imposés à certains établissements financiers, une mesure censée leur permettre de prêter davantage.

Confrontée au vif ralentissement de l'économie chinoise -la deuxième du monde-, la banque centrale multiplie depuis fin 2014 les assouplissements monétaires et les injections de liquidités pour stimuler l'activité. Mais avec des effets en demi-teinte: les annonces de mardi interviennent alors que s'avivent les inquiétudes concernant la conjoncture chinoise et que se succèdent les indicateurs décevants (chute des exportations, violente contraction de l'activité manufacturière en août...).

Débâcle des marchés financiers

Plus encore, la PBoC semble intervenir en réaction à la récente débâcle des marchés financiers chinois. La Bourse de Shanghai a plongé de 7,63% mardi, après s'être déjà effondrée lundi de presque 8,5% -sa plus forte baisse journalière en huit ans- dans un climat d'affolement général. Les marchés mondiaux avaient décroché lundi de concert, plombés par les inquiétudes concernant la Chine.

Selon plusieurs analystes, les investisseurs chinois étaient précisément suspendus à l'espoir de nouvelles mesures d'assouplissement de la banque centrale.

La Chine a enregistré au deuxième trimestre une croissance économique de 7%, stable par rapport au premier trimestre et conforme à l'objectif annuel que s'est fixé le gouvernement.

Ce serait tout de même la plus faible performance du géant asiatique depuis un quart de siècle. Mais de l'avis général, même cet objectif de croissance pourrait s'avérer difficile à atteindre, à moins de mesures de soutien accrues et fortes de la part des autorités.

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Commentaires
a écrit le 25/08/2015 à 17:12 :
La Chine a surpris par la rapidité et les sacrifices avec lesquels elle a modernisé le tiers de son pays; elle surprend ici en renversant la table de la baisse du pétrole : Si elle doit se faire à notre détriments semble-t-elle dire, alors, que ce soit rapide. Les américains effectivement veulent faire baisser l'or noir depuis des années. Utilisée pour propulser l'économie américaine, la hausse du baril a joué son rôle mais ils ont vu soudain le monde entier s'agripper à l'échelle de ce levier et puis les dépasser. Mieux, ce premier résultat favorable donna à d'autres secteurs l'idée d'en faire autant puisque le tabou de l'invincibilité était tombé. L'urgence de reprendre les prix était évidente. Les anglais s'y sont cependant opposés. Le pétrole cote à Londres et New-York, ils pouvaient le faire pour protéger leur économie en glissade prononcée. Des contreparties importantes ont été données : achat d'entreprises à prix d'or : Cadburry, Alliance Boots, dossiers Vérizon, BAT, l'économie anglaise ne se réformait toujours pas et c'est sans coordination que les américains ont entamée la baisse. Les chinois étaient alertés, toutefois c'est leur réaction qui étonne, bien quelle soit le scénario possible. Pour cela il faut comprendre que si la Chine représente une capacité de fabrication de 2 et les USA celle d'achat de 6, la marge possible est de 4; si maintenant le levier de la hausse du pétrole à 50% porte la fabrication à 3 et l'achat à 9, la marge se retrouve alors bien plus importante à 6. Revenir en arrière, voire en dessous du point de départ, revient à punir les chinois. Pourtant ces derniers savent que s'ils sont aguerris à l'effort, leurs voisins le sont moins et l'initiateur pas du tout. D'autant que devant compenser leur commerce international en 2016 par des achats désormais à 56% du montant de leurs ventes, puis 59 l'année suivante, ils devront ainsi acheter moins pour vendre tout autant en masse mais à un moindre prix. De toute façon nous allions les mesurer à l'Inde et d'autres encore plus performants. Ils renversent donc la table. La zone Pacifique va connaître des remous importants. La zone arabe devra ouvrir ses coffres et les deux zones occidentales remanier leurs modèles à grande vitesse. Dans la suite de cette idée l'on peut considérer accessoirement que l'achat des grosses turbines d'Alstom par GE ,ces temps-ci, sonne, comme par hasard, telle une bénédiction. Elle ne devrait pas être la dernière opération.
a écrit le 25/08/2015 à 14:05 :
Si ces mesures sont aussi efficaces que celles prises quasiment tous les 2 mois depuis octobre 2013, la Chine n'est pas sortie de la mouise ...

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