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La Corée du Nord affirme que le Premier ministre japonais veut rencontrer Kim Jong Un

latribune.fr

Publié le 25 mars 2024 à 08:34 - Mis à jour le 25 mars 2024 à 08:34

La Corée du Nord a admis en 2002 l'enlèvement de 13 Japonais dans les années 1970 et 1980 sauf que le Japon en recense officiellement plus.

La Corée du Nord a admis en 2002 l'enlèvement de 13 Japonais dans les années 1970 et 1980 sauf que le Japon en recense officiellement plus.

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L'influente sœur du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a affirmé ce lundi que le Premier ministre japonais Fumio Kishida a demandé la tenue d'un sommet avec son frère. Elle estime toutefois cette rencontre peu probable sans un changement de politique du côté de Tokyo, notamment sur l'affaire des enlèvements qui cristallise les tensions entre les deux pays depuis 50 ans.

Dans l'optique d'apaiser des relations tendues de longue date, le Premier ministre japonais aimerait une rencontre avec le dirigeant de la Corée du Nord, Kim Jong Un. C'est en tout cas ce qu'a affirmé la sœur de ce dernier. « M. Kishida a récemment fait part de son souhait de rencontrer le président de la Commission des affaires d'État de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) le plus tôt possible », a déclaré Kim Yo Jong dans un communiqué publié par l'agence de presse officielle KCNA ce lundi. Elle a toutefois prévenu que le Premier ministre « doit savoir qu'il ne peut rencontrer notre dirigeant seulement parce qu'il le veut », a-t-elle lancé.

« Si le Japon veut sincèrement améliorer les relations et devenir un proche voisin pour contribuer à garantir la paix et la stabilité dans la région, il doit avoir le courage politique de faire des choix stratégiques conformes à ses intérêts nationaux »,a-t-elle ajouté.

Sans nier, le Premier ministre nippon a par contre précisé qu'il n'était pas au courant de ce communiqué. Il a expliqué devant le Parlement qu'il est « important d'avoir des discussions au sommet avec Pyongyang pour résoudre des contentieux (...). C'est pourquoi nous avons entrepris diverses approches avec la Corée du Nord à ce niveau, directement sous mon contrôle, comme je l'ai dit dans le passé ».

L'ombre de l'affaire des enlèvements

Les relations entre les deux pays sont tendues en raison de plusieurs problèmes remontant à la période de l'occupation japonaise de la péninsule de Corée entre 1910 et 1945. Mais également à cause de différends récents suite au lancement par Pyongyang de missiles au-dessus du territoire nippon. Ainsi, la semaine dernière, des essais d'armes ont été menés sous la supervision même de Kim Jong Un, ce que Fumio Kishida a par la suite condamné.

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Mais ce qui cristallise le plus les tensions entre les deux pays est l'affaire des enlèvements. Pyongyang a admis en 2002 l'enlèvement de 13 Japonais dans les années 1970 et 1980 pour former ses espions à la langue et la culture japonaises. Sauf que le Japon en recense officiellement 17 et pense qu'un nombre bien plus élevé de ses citoyens ont été enlevés. Un mois après ces aveux, la Corée a libéré cinq de ces personnes mais assuré que toutes les autres étaient mortes.

Malgré ce conflit historique, le Premier ministre japonais a affirmé vouloir changer la relation entre Tokyo et le pays reclus et exprimé en septembre dernier son vœu de rencontrer Kim Jong Un « sans conditions », assurant lors d'un discours aux Nations unies que le Japon était déterminé à résoudre tous les différends, dont celui des enlèvements.

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En février, Kim Yo Jong, qui est l'une des personnalités du régime qui s'exprime le plus, a laissé entendre qu'il était possible que le Premier ministre japonais soit invité à visiter la Corée du Nord. À une condition sine qua non : que son pays accepte de tourner la page sur le sujet des enlèvements. C'est « la décision politique du Japon qui importe le plus pour ouvrir une nouvelle ère dans les relations entre la Corée du Nord et le Japon », a-t-elle de nouveau prévenu ce lundi, appelant Tokyo à ne pas « interférer avec l'exercice de nos droits souverains ».

La Corée tâte le terrain

Pour des analystes, cette affaire des enlèvements pourrait entraver les progrès vers un sommet Kim-Kishida. « Il semble improbable que les choses évoluent prochainement » entre les deux pays, a déclaré le mois dernier à l'AFP Masao Okonogi, professeur émérite de l'Université de Keio à Tokyo et spécialiste de la Corée du Nord. « Le Japon n'a aucun intérêt dans la tenue d'un sommet », si la Corée du Nord ignore le sujet des enlèvements, a ajouté cet expert.

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Toutefois, il est possible que le communiqué de Pyongyang de ce lundi soit une tentative de définir les termes d'une éventuelle future rencontre, a estimé auprès de l'AFP Hong Min, un spécialiste de l'Institut coréen pour l'Unification nationale à Séoul.

« Il semble que le Nord pense qu'il n'y a aucun intérêt à prendre contact avec les Japonais sans vérifier auparavant quelles sont les exigences de chacun qui pourraient finalement ne mener à rien, si ces exigences sont trop différentes pour être conciliées »,a-t-il développé.« C'est la manière de Pyongyang de voir à quel point le Japon est sérieux quant à la tenue de cette rencontre », estime-t-il.

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Des tentatives ont en tout cas été menées dans le passé entre les prédécesseurs de Fumio Kishida et Kim Jong Un, sans succès. Ainsi, l'ancien Premier ministre nippon Junichiro Koizumi (2001-2006) s'était rendu à Pyongyang en 2002 pour une visite historique et une rencontre avec Kim Jong Il, le père de l'actuel dirigeant nord-coréen. Il avait alors posé les bases d'une normalisation des relations avec la promesse d'une assistance économique. Le sommet avait permis une seconde visite de Junichiro Koizumi mais les liens diplomatiques ont ensuite rapidement été rompus, Tokyo doutant alors de la bonne foi de Pyongyang sur le sujet des enlèvements.

(Avec AFP)

latribune.fr

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