Inquiétudes en mer Jaune : la Corée du Nord tire des missiles de croisière
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Regain de tensions en Asie. La Corée du Nord a tiré ce mercredi plusieurs missiles de croisière en direction de la mer Jaune. Pour rappel, cette dernière sépare la Chine de la péninsule coréenne, et s'ouvre au sud sur la mer de Chine orientale.
Malgré tout, ces essais de missiles de croisière ne tombent pas sous le coup des sanctions infligées par l'ONU à la Corée du Nord. Celle-ci a multiplié ces derniers mois les essais d'armes, qui sont elles, interdites.
Ces tirs interviennent alors que la Corée du Sud mène jusqu'à jeudi un exercice d'infiltration de ses forces spéciales au large de sa côte est, « à la lumière de graves problèmes de sécurité » avec le Nord, selon la marine sud-coréenne.
Les tensions entre les deux Corées se sont fortement aggravées ces derniers mois. Les deux pays ennemis ont renoncé à des accords conclus en 2018 pour prévenir les incidents armés, renforcer les moyens militaires à la frontière et procéder à des exercices d'artillerie à munitions réelles près du territoire de l'autre. La dissolution de plusieurs agences œuvrant pour la réunification avec la Corée du Sud a notamment été approuvée par le parlement nord-coréen.
Pour rappel, dans leur Constitution respective, les deux Etats revendiquent la souveraineté sur l'intégralité de la péninsule coréenne. Fondés il y a 75 ans, ils considèrent chacun l'autre comme une entité illégale. Les pays voisins sont dès lors toujours techniquement en guerre depuis 1953, les combats ayant été arrêtés par un armistice, et non un traité de paix.
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La semaine dernière, le dirigeant nord-coréen, Kim Jong Un, a menacé de déclarer la guerre si son voisin empiétait sur son territoire « ne serait-ce que de 0,001 mm ». Dans un discours prononcé à l'Assemblée populaire suprême, le dirigeant nord-coréen a notamment appelé à de nouvelles mesures pour définir la Corée du Sud comme « le pays le plus hostile », a rapporté KCNA.
La menace d'un conflit plane au-dessus des deux pays. Selon Choi Gi-il, professeur d'études militaires à l'université de Sangji, les deux Corées ont désormais la « plus forte probabilité d'être entraînées dans un conflit armé ».
Fin décembre, Kim Jong Un a ordonné l'accélération des préparatifs militaires en vue d'une « guerre » pouvant « être déclenchée à tout moment », avant de dénoncer une « situation de crise persistante et incontrôlable », selon lui, amorcée par Séoul et Washington avec leurs exercices militaires conjoints dans la région.
Début janvier, Pyongyang a ainsi lancé un missile hypersonique à carburant solide et procédé à des tirs d'artillerie à munitions réelles près de la frontière maritime avec le Sud. Cette opération a entraîné des ordres d'évacuation sur plusieurs îles sud-coréennes proches des côtes nord-coréennes. Séoul a répliqué par des contre-exercices dans la même région, sur la côte ouest de la péninsule. Encore vendredi dernier, le pays a annoncé avoir testé un « système d'armement nucléaire sous-marin » en réponse à des manœuvres navales menées par la Corée du Sud, les Etats-Unis et le Japon dans les eaux au sud de la péninsule.
Mais pas de quoi déstabiliser le Sud où le ton est également monté d'un cran : le président conservateur Yoon Suk Yeol a averti que Séoul mènerait une riposte « au centuple » en cas de provocation, mettant en avant les « capacités de réponse écrasantes » de son armée.
Au-delà de la présence militaire sur le sol et en mer, la Corée du Nord a réussi à mettre en orbite un satellite espion fin 2023 après avoir reçu, selon Séoul, l'aide technologique de la Russie, en échange de livraisons d'armes pour la guerre en Ukraine. Moscou et Pyongyang se sont notamment rapprochés ces dernières années. La plus haute diplomate nord-coréenne a même affirmé que son pays était « prêt à recevoir » le président russe Vladimir Poutine, a rapporté dimanche dernier l'agence officielle KCNA. Un dernier signe en date du rapprochement affiché entre les deux pays. Vladimir Poutine a alors exprimé « sa volonté de visiter la République démocratique populaire de Corée (nom officiel de la Corée du Nord, Ndlr) prochainement », précise le communiqué relayé par KCNA.
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Des hauts représentants russes, dont les ministres de la Défense et des Affaires étrangères, ont d'ores et déjà visité la Corée du Nord en 2023, faisant craindre un potentiel accord d'armement. L'Occident continue d'accuser Pyongyang et Moscou de travailler ensemble pour soutenir l'effort de guerre russe en Ukraine et certains pays tels les Etats-Unis affirment que la Corée du Nord livre des armes à la Russie. En janvier, la Maison Blanche a notamment accusé Pyongyang d'avoir envoyé des missiles balistiques et des lanceurs à la Russie, ce qu'elle a qualifié d' « importante et inquiétante escalade » dans l'aide nord-coréenne à Moscou. Séoul a de son côté accusé la Corée du Nord d'avoir fourni plus d'un million de munitions d'artillerie à la Russie en échange de renseignements et d'aide sur la technologie des satellites militaires.
(Avec AFP)
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