La descente aux enfers se poursuit pour le magnat indien Gautam Adani
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La justice américaine a inculpé le magnat indien de l'énergie Gautam Adani pour corruption, mettant en difficulté son conglomérat.
Reuters
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La justice américaine a inculpé le magnat indien de l'énergie Gautam Adani pour corruption, mettant en difficulté son conglomérat.
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[Article publié le jeudi 21 novembre 2024 à 09h18 et mis à jour à 11h35] Gautam Adani est encore dans la tourmente. La justice américaine a inculpé le magnat indien de l'énergie pour corruption, mettant en difficulté son conglomérat. Résultat, le cours de la holding Adani Enterprises a plongé de 10% à l'ouverture des échanges, de la Bourse de Bombay, avant de s'effondrer à 7,53% jeudi vers 09h15 (heure de Paris). Sa filiale Adany Energy Solutions, directement visée par la justice américaine, chutait de 18,60%. Cette dernière a même décidé d'annuler une vente prévue sur les marchés financiers de titres de dette libellés en dollars américains.
Un inculpation jugée sans fondement par le conglomérat indien :
Réputé proche du Premier ministre indien Narendra Modi, Gautam Adani, 62 ans, est soupçonné d'être impliqué dans le versement de pots-de-vin à des fonctionnaires indiens pour obtenir des marchés dans l'énergie solaire en Inde, au détriment d'investisseurs aux États-Unis. Plus précisément, selon le procureur fédéral de Brooklyn, Breon Peace, le multimilliardaire est accusé, avec sept coinculpés, d'avoir participé de 2020 et 2024 à un système de versements de pots-de-vin de plus de 250 millions de dollars.
D'ailleurs, le chef de l'opposition indienne Rahul Gandhi a accusé ce jeudi le Premier ministre de « protéger » le milliardaire :
Gautam Adani, l'un de ses neveux à la tête de la filiale Adani Green Energy, Sagar Adani, et un troisième responsable sont également poursuivis pour avoir caché « ce système de corruption alors qu'ils cherchaient à lever des fonds auprès d'investisseurs américains et internationaux ». Gautam Adani a été inculpé de fraude en matière de valeurs mobilières et fraude électronique.
D'après l'accusation, les suspects ont « largement documenté leurs actes de corruption », notamment Sagar Adani avec son téléphone portable. Gautam Adani « a rencontré personnellement un représentant du gouvernement indien pour mettre en place ce plan de corruption et les inculpés se sont rencontrés en personne pour discuter des aspects de sa mise en œuvre », accuse le parquet.
L'affaire jette de nouveau le trouble sur l'empire Adani. Les activités du groupe s'étendent des mines de charbon et énergies renouvelables jusqu'aux ports et aéroports ou encore aux médias. En Inde, les partis d'opposition et la société civile accusent depuis longtemps l'homme d'affaires d'avoir profité de sa relation avec Modi, originaire comme lui de l'Etat du Gujarat (nord-ouest), pour bâtir sa fortune en remportant des marchés de manière déloyale.
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Interrogé en octobre par l'AFP lors d'un voyage de presse en Inde, Sagar Adani avait fermement démenti ces allégations. « Il n'y a aucun lien politique » entre le groupe et le gouvernement, avait-il martelé.
Jeudi, Jairam Ramesh, un porte-parole du Congrès, le principal mouvement d'opposition, a estimé que l'enquête américaine « justifiait » ces critiques et la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire sur les activités du groupe.
Né dans une famille de classe moyenne à Ahmedabad, la capitale du Gujarat, Gautam Adani a abandonné ses études pour travailler brièvement dans l'industrie du diamant avant de lancer son entreprise de commerce en 1988. En 1995, l'homme d'affaires qui cherchait alors à diversifier ses activités a remporté le contrat de construction et d'exploitation du port de commerce de Mundra, devenu depuis le plus grand d'Inde. Dans le même temps, il s'est lancé dans la production d'énergie thermique et dans l'extraction de charbon dans son pays et à l'étranger.
Le 24 janvier 2023, le groupe d'investissement américain Hindenburg Research a accusé dans un rapport le conglomérat Adani de « manipulation éhontée des actions et de fraude comptable sur plusieurs décennies ». Réitérant des préoccupations existantes concernant l'endettement du groupe Adani, Hindenburg Research signale que le frère aîné de l'homme d'affaires, Vinod Adani, « par l'intermédiaire de plusieurs associés proches, gère un vaste réseau d'entités fictives offshore ».
Le rapport Hindenburg a provoqué une liquidation massive des titres des entreprises du conglomérat Adani. Les groupes bancaires Credit Suisse et Citigroup aux États-Unis avaient cessé d'accepter les obligations du groupe Adani comme garantie pour les prêts qu'ils avancent aux clients de la banque privée, a rapporté Bloomberg.
Gautam Adani avait rejeté ces accusations, mais son groupe avait vu sa valeur boursière amputée de plus de 150 milliards de dollars et sa fortune personnelle fondre de 80 milliards de dollars. Il avait alors perdu son titre d'homme le plus riche d'Asie et de troisième homme le plus riche du monde, derrière Elon Musk, et Bernard Arnault et sa famille, selon le magazine américain Forbes. Le magnat, désormais deuxième fortune d'Inde selon le classement 2024 de Forbes, et son entreprise ont depuis compensé une grande partie de ces pertes.
En septembre, Hindenburg Research l'a mis une nouvelle fois en cause dans une enquête sur un blanchiment d'argent et une fraude boursière qui aurait abouti au gel de plus de 310 millions de dollars de fonds détenus sur des comptes bancaires suisses. Le conglomérat a alors démenti toute implication.
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Par ailleurs, le groupe Adani a lancé depuis quelques années une vaste offensive sur les énergies renouvelables, un secteur stratégique pour l'Inde - pays le plus peuplé au monde et troisième émetteur de gaz à effet de serre. Dans le Gujarat, près de la frontière pakistanaise, le groupe construit notamment, avec le groupe français TotalEnergies, le plus grand parc d'énergie renouvelable au monde (solaire et éolien), d'une superficie égale à cinq fois celle de Paris.
(Avec AFP)
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