Énergies renouvelables : feu vert d'Adani au projet de coentreprise avec TotalEnergies
latribune.fr
Grâce à cette coentreprise, TotalEnergies aura « un accès direct à la propriété des actifs » apportés par Adani, notamment des parcs éoliens et solaires en Inde (Photo d'illustration).
Le projet de coentreprise entre TotalEnergies et Adani Green Energy a franchi une étape décisive, avec l'accord du conseil d'administration de la société indienne. Évalué à 444 millions de dollars (401,16 millions d'euros), il doit permettre de développer des installations solaires en Inde dans le plus grand parc d'énergies renouvelables du monde.
Annoncé il y a tout juste un an, la création d'une coentreprise entre TotalEnergies et le conglomérat indien Adani Green Energy Limited a obtenu un feu vert décisif pour sa concrétisation. Le conseil d'administration de la société indienne a en effet donné son accord à ce projet, comme l'ont annoncé les deux entreprises.
« [Adani] apportera les actifs à la joint-venture et TotalEnergies investira 444 millions de dollars afin de soutenir leur développement. La signature et la finalisation de la transaction est soumise aux actionnaires d'[Adani] et aux conditions de clôture habituelles, notamment l'obtention de certaines approbations réglementaires »,a précisé TotalEnergies dans un communiqué.
Les deux futures associées ont précisé que la coentreprise à parité détiendra un portefeuille de 1,15 gigawatts (GW) d'installations solaires. Ces installations seront à la fois opérationnelles et en construction, a ajouté Adani, sans préciser les engagements financiers dans l'opération, à laquelle participe TotalEnergies Renewables Singapore.
Profiter du marché indien
Ce projet a été révélé en septembre 2023. Estimé alors à 300 millions de dollars, il a pour but de permettre au géant français de développer « activement sa présence sur le marché indien des énergies renouvelables ».
Ainsi, grâce à cette coentreprise, TotalEnergies aura « un accès direct à la propriété des actifs » apportés par Adani, notamment des parcs éoliens et solaires en Inde, où la majeure partie des besoins en énergie est encore couverte par le charbon.
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« L'électricité générée par les projets solaires sera vendue par des contrats d'achat d'électricité signés avec l'agence gouvernementale fédérale, Solar Energy Corporation of India (SECI), ainsi que par des ventes sur le marché de gros de l'électricité »,indique le groupe dans son communiqué.
Via cette opération, TotalEnergies espère « tirer parti de la libéralisation en cours du secteur de l'électricité en Inde », qu'il voit comme un « marché très intéressant à la fois par sa taille et sa croissance ». Le groupe français veut aussi accompagner son partenaire indien à atteindre son objectif de devenir le « leader des énergies renouvelables » en Inde. Adani ambitionne ainsi de créer 50 GW de capacités renouvelables d'ici 2030, ce qui couvrirait la moitié des besoins du pays. Pour le moment, il opère plus de 11 GW de capacités solaires et éoliennes en Inde, selon TotalEnergies.
L'Inde érige le plus grand parc renouvelable au monde
Les installations solaires de cette coentreprise sont situées à Khavda, dans l'État indien du Gujarat. En plein désert, à la frontière avec le Pakistan, Adani y construit le plus grand parc d'énergie renouvelable au monde. Il devrait couvrir « plus de 538 km², soit cinq fois la superficie de Paris », selon TotalEnergies. Le géant français y a pris 19,7% de parts pour 2,5 milliards de dollars en 2021.
Depuis des mois, des milliers d'ouvriers font pousser des rangs de panneaux solaires, préparent la terre qui doit accueillir de futures éoliennes et déroulent d'interminables câbles pour alimenter le tout. À la fin du chantier prévue en 2027, il doit générer 30 GW d'énergie solaire et éolienne - 17 GW par Adani, le reste par d'autres entreprises.
« Une fois terminée, la centrale fournira une énergie propre et abordable à plus de 16 millions de foyers en Inde, générera plus de 15.200 emplois verts et évitera environ 58 millions de tonnes d'émissions de CO2 par an »,selon Adani.
Un projet qui engendre inévitablement un lourd coût environnemental. Pour l'écologiste Mahendra Bhanani, un bon point est que ce parc énergétique se situe loin des premiers humains - à environ 75 km du village le plus proche et à six km de la frontière militarisée avec le Pakistan - et des sites reconnus pour leur biodiversité. « Le solaire est meilleur que bien des industries chimiques polluantes », estimait-il en janvier dernier, tout en demandant une étude. Reste que l'Inde, qui dépend encore aujourd'hui fortement du charbon, prévoit aussi d'augmenter ses capacités de production d'énergie au charbon et n'entend être neutre en carbone qu'en 2070.