Trump vise la Chine ? L'Inde veut récupérer la mise
Julien Gouesmat
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Selon FDI intelligence, au cours des deux dernières années, l'Inde a attiré 55 milliards de dollars de capitaux de pays de l'OCDE pour des projets d'usine.
INFOGRAPHIES. L'élection de Donald Trump laisse entrevoir plus clairement une application de tarifs douaniers à 60% sur les produits chinois. En Asie et plus particulièrement en Inde, certains secteurs ont l'espoir de capter des parts de marché. Mais l'industrie indienne souffre de nombreux maux.
Si l'éventualité que l'administration Trump impose d'importants tarifs douaniers sur les produits chinois fait trembler le monde, certains pays d'Asie jouent déjà des coudes pour ramasser les parts de marché que pourrait perdre Pékin.
Dans la région industrielle du Gujarat, au nord-ouest de l'Inde, certains secteurs économiques sont même à la fête depuis l'élection de Donald Trump le 6 novembre dernier. La région est, en effet, productrice de produits chimiques, dont les principaux clients sont déjà les États-Unis.
« Nous pensons que l'administration Trump évitera les importations en provenance de Chine, ce qui profitera grandement à l'industrie chimique du Gujarat. Nous espérons également davantage de transferts de technologies de la part d'entreprises américaines, ce qui nous aidera à accroître notre part dans la chaîne d'approvisionnement mondial. »
Il a de bonnes raisons d'espérer des retombées pour son pays. Un rapport de CareEdge suggère que l'Inde pourrait bénéficier de changements potentiels si Trump met en œuvre son projet. Pas étonnant pour Jean-Joseph Boillot, chercheur associé à l'IRIS, qui estime que « les États-Unis sont les seuls partenaires qui comptent pour l'Inde ».
De nombreuses entreprises chinoises, ou implantées en Chine, et qui commercent avec les États-Unis, ont d'ailleurs déjà commencé à prospecter pour se délocaliser en Asie. Selon FDI intelligence, au cours des deux dernières années, l'Inde a attiré 55 milliards de dollars de capitaux de pays de l'OCDE pour des projets d'usine sur son sol, tandis que Pékin n'en a capté que 21 milliards sur la même période. Ces investissements ont grandement stimulé la croissance indienne, la faisant même dépasser celle de la Chine pour la première fois au cours du XXIᵉ siècle.
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