La Fed ne rehaussera pas ses taux dans l'immédiat pour le plus grand bonheur de Trump

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La Fed calme le jeu sur la hausse des taux dans un contexte incertain .
La Fed calme le jeu sur la hausse des taux dans un contexte incertain . (Crédits : Joshua Roberts)
La Réserve fédérale américaine a laissé entendre mercredi que le cycle de resserrement de sa politique monétaire en cours pourrait être achevé alors qu'elle a laissé comme prévu ses taux inchangés. L'organisme bancaire a déclaré qu'il serait désormais patient en matière d'éventuels relèvements supplémentaires au motif de l'environnement économique mondial qui ralentit et l'inflation modeste.

Donald Trump verrait-il son rêve d'une Fed en harmonie avec sa volonté politique enfin exaucé ? C'est ce que semble laisser présager l'annonce de la Banque centrale américaine qui, mercredi, dans un communiqué publié à l'issue de deux jours de débats du Federal Open Market Committee (FOMC), a annoncé mettre fin au cycle de hausse de ses taux directeurs - qui fixent le loyer de l'argent à court terme - engagé depuis décembre 2015. Il s'agit d'une rupture avec le discours tenu auparavant. Pour cause, entre cette date et décembre 2018, la Fed avait remontés à neuf reprises ses taux, ceux-ci passant d'une fourchette comprise entre 0 % et 0,25 % à une fourchette comprise entre 2,25 % et 2,5 %. Il s'agissait de retrouver un niveau normal des taux, bloqués à un pourcentage quasi nul depuis la crise de 2008.

Dans son communiqué, le Comité monétaire qui décrit l'activité économique américaine comme "solide" et non plus "forte", affirme qu'"au vu des développements économiques et financiers et des faibles tensions inflationnistes", il sera désormais "patient dans la détermination de ses futurs ajustements monétaires". Moins de relèvements de taux signifie une rémunération moins attractive pour les investisseurs munis de billets verts, qui sont donc tentés de s'en délester.

Dégonfler le bilan

Le président de la Fed, Jerome Powell, a expliqué que les arguments en faveur d'une poursuite de la hausse des taux s'étaient "affaiblis". Certains analystes tablent désormais sur une absence totale de relèvement des taux en 2019. La banque centrale américaine a aussi ouvert la porte à un possible assouplissement de la réduction de son bilan, qui atteint actuellement près de 4.100 milliards de dollars (3.570 milliards d'euros), ce qui pourrait l'amener à rompre plus tôt avec cette stratégie et à conserver un portefeuille d'actifs plus important que prévu initialement.

Elle réduit pour l'instant son bilan d'environ 50 milliards de dollars par mois en s'abstenant de réinvestir le produit des échéances de bons du Trésor et de titres adossés à des prêts immobiliers acquis ces dernières années.

(Avec agences)

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a écrit le 31/01/2019 à 16:52 :
La baisse des taux ne peut être intéressante que pour le rachat d'existant sur son propre sol mais pas pour une création d'activité!
a écrit le 31/01/2019 à 11:21 :
La FED prise à son propre piège. Totalement décrédibilisée, comme les autres banques centrales. Elle a multiplié par 4 le nombre de dollars en circulation en 6 ans (de 875M en 2008 à plus de 4000 M en 2014).

Les sociétés américaines sont devenues accro à l'argent gratuit et se sont endettées à des niveaux record. La moindre petite hausse des taux mettrait nombre d'entre elles en faillite et menace de créer une crise financière sans précédent. La FED abdique donc.

L'argent gratuit de la FED a alimenté des bulles spéculatives depuis 10 ans. On est à la croisée des chemins. Maintenir des taux bas pour continuer à alimenter ces bulles? Ou les augmenter pour les faire exploser immédiatement.

Il n'y a désormais plus de bonnes solutions, que des mauvaises. La FED ne peut plus qu'acheter du temps en maintenant ses taux bas. Mais la bulle éclatera tôt et tard. Sauf que la bulle ne se compte désormais plus en milliards comme en 2008, mais en trilliards. Youpi.

La faute aux banques centrales qui ont fait le choix d'imprimer de l'argent pour sauver les banques de leurs mauvais choix en 2008. Alors qu'elles auraient du les laisser s'écrouler. Les petits entrepreneur qui se plantent ne sont pas remis à flot. Pourquoi a-t-on sorti la planche à billet pour les banques en 2008?

Les banques centrales en ont fait la preuve: le pouvoir de création monétaire ne peut plus dépendre de personne. Ni énarque grincheux, ni économiste fumeux. Face aux crises, l'homme aura toujours le réflexe d'abuser de la planche à billet plutôt que de subir une crise qu'il a créé.
a écrit le 31/01/2019 à 10:17 :
Le décrochage économique des pays du monde ne peut qu'inciter à la prudence, l'économie américaine fait beaucoup vu qu'elle possède le marché intérieur de consommateurs le plus bankable au monde et de très loin, les plus d'un milliard de chinois ne sont pas prêt à consommer autant que les américains, pour ces derniers consommer étant un réflexe.

Bref avant de "faire plaisir à Trump" (grotesque... ) c'est surtout une décision réaliste d'autant que les mégas riches américains ne jouent pas vraiment le jeu n'augmentant pas réellement les salaires des employés et ouvriers. Ça monte plus qu'ailleurs mais ce n'est pas assez maintenant si les citoyens américains avaient tous de quoi consommer indéfiniment la planète ne pourrait pas s'en relever.

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