La Fed relève ses taux pour la deuxième fois de l'année

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Janet Yellen, présidente de la Réserve fédérale, le 14 juin 2017.
Janet Yellen, présidente de la Réserve fédérale, le 14 juin 2017. (Crédits : Statista*.)
Les marchés s'attendaient à ce resserrement du coût du crédit malgré des signes mitigés de l'économie, notamment sur le front de l'inflation et de la consommation.

Après avoir relevé ses taux une première fois en mars, la Réserve fédérale américaine (Fed) a récidivé, comme prévu, mercredi.  Le taux interbancaire est rehaussé d'un quart de point de pourcentage (0,25%) pour s'établir dans la fourchette de 1% à 1,25%, selon le communiqué du Comité monétaire (FOMC).

Un membre du Comité a voté contre cette décision, Neel Kashkari de la Fed de Minneapolis, qui préférerait conserver la politique monétaire actuelle très accommodante. La Fed prévoit toujours une autre hausse des taux cette année et trois en 2018.

Léger déclin de l'inflation

Ce relèvement du taux au jour le jour est le troisième depuis l'élection de Donald Trump après sept ans de politique monétaire à taux zéro pour accompagner la reprise. Les marchés s'attendaient à ce resserrement du coût du crédit malgré des signes mitigés de l'économie, notamment sur le front de l'inflation et de la consommation.

Le Comité monétaire juge que "les gains d'emplois ont été modérés mais solides" et que les dépenses des consommateurs "ont augmenté ces derniers mois". La Fed reconnaît toutefois que l'inflation "a décliné récemment", s'inscrivant "un peu en dessous" de l'objectif de 2% que la Fed juge sain pour l'économie. Elle a d'ailleurs révisé en nette baisse à 1,6% au lieu de 1,9% évalué en mars, le taux d'inflation sur l'année, selon l'indice PCE.

La banque centrale a aussi annoncé qu'elle commencerait "cette année" à réduire le volume des actifs acquis après la crise financière pour doper la reprise. Ce geste serait synonyme d'un resserrement supplémentaire de la politique monétaire. "Le Comité prévoit de commencer à normaliser son bilan cette année, si l'économie évolue dans l'ensemble comme prévu", dit le communiqué.

4.000 milliards de dollars acquis aprèsla crise

Il s'agit pour la banque centrale de cesser de réinvestir le produit des titres arrivant à maturité (bons du trésor et titres appuyés sur des créances immobilières). Elle en a pour plus de 4.000 milliards de dollars à son bilan, acquis après la crise financière de 2008 pour pousser les taux d'intérêt à la baisse et favoriser l'activité économique.

La Fed se dit toutefois prête à interrompre ce processus de désinvestissement s'il y avait "détérioration matérielle des perspectives économiques qui exigeraient une baisse sensible des taux d'intérêt". Ces désinvestissements se feront très progressivement par tranche de 6 milliards de dollars pour les bons du Trésor d'abord mensuels puis trimestriels et de 4 milliards pour les titres appuyés sur des créances immobilières.

L'euro en baisse

En réaction à cette annonce,  l'euro baissait légèrement face au dollar jeudi dans le sillage de propos encourageants sur l'inflation de la présidente de la Réserve fédérale américaine (Fed) Janet Yellen après la hausse attendue des taux de l'institution. Vers 6 heures GMT (8 heures à Paris), l'euro valait 1,1216 dollar, contre 1,1221 dollar mercredi vers 21 heures GMT. La monnaie européenne était quasiment stable face à la monnaie nipponne, à 122,93 yens pour un euro contre 122,95 yens la veille.

(Avec agences)

[*Un graphique de notre partenaire Statista.]

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Commentaires
a écrit le 16/06/2017 à 8:57 :
Abusé !
a écrit le 15/06/2017 à 12:30 :
Voilà une "spirale à la grecque " qui se profile à l'horizon immédiat ...car l'ardoise de Normal 1er ,léguée pour la partie visible ... ( environ 2 500 milliards d'Euros) , va devenir exponentiellement très couteuse à financer ...! donc, l'arme fiscale va encore sévir dans pas longtemps...!
Réponse de le 15/06/2017 à 13:45 :
l'ardoise vient des US/anglo-saxons et des "PIIGS"/l'Europe.
Réponse de le 15/06/2017 à 14:22 :
@gfx , donc, si je comprend bien, quand pendant 5 ans Normal 1er , a dépensé l'argent des autres (le mien ,le votre ) , c'est la faute des US/anglo-saxons et....aux "PIIGS/ l'EI ...il faut en l'urgence...,présenter votre démonstration géniale aux doctorants d' HEC , ca va faire fureur.....!
Réponse de le 15/06/2017 à 15:06 :
Normal 1er à réduit fortement le déficit, et la dette à conditions inchangées devrait décroitre assez rapidement dans un futur proche. Bravo à lui!

Les économistes en général reprochent même à Hollande d'avoir voulu réduire trop vite le déficit par une hausse trop forte des impots en début de mandat.
a écrit le 15/06/2017 à 9:20 :
"pour doper la reprise"

On nous la fait depuis dix ans celle-là, alors qu'il n'y a jamais eu de reprise bien entendu, seulement quelques soubresauts que les médias ont rapidement transformé en "reprise".

A mon avis même à la FED ils doivent pas trop savoir où ils vont là, répondant certainement à une demande oligarchique.
Réponse de le 15/06/2017 à 15:11 :
D'autant plus que la croissance US commence à montrer des signes de faiblesse et que l'inflation US a déjà bien progressé.

Le chomage est à son niveau structurel c'est sans doute la principale motivation de la FED, mais je ne pense pas qu'on aura des taux à 3% en 2019 comme anticipé par le consensus.

De toute façon en matière de politique monétaire les anticipations comptent plus que les faits!
Réponse de le 15/06/2017 à 15:43 :
Un feu de paille donc mais en néolibéralisme dans lequel seuls les courts et très courts termes sont validés, un feu de paille c'est du long terme.

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