La Norvège débloque 230 millions d'euros pour la marine ukrainienne
latribune.fr
Le soutien comprendra des dons des forces armées norvégiennes ainsi que des équipements militaires achetés à l'industrie pour être donnés (photo d'illustration).
La Norvège va fournir une aide de 2,7 milliards de couronnes (230,3 millions d'euros) à l'Ukraine, a annoncé le gouvernement du pays scandinave ce lundi.
Nouveau paquet d'aide débloqué par l'Ukraine, cette fois par la Norvège. Le pays scandinave vient d'approuver un nouveau programme d'une valeur de 2,6 milliards de couronnes (221,8 millions d'euros), a annoncé le gouvernement ce lundi. Sachant que 100 millions de couronnes (8,5 millions d'euros) avaient déjà été affectées à la formation maritime et à d'autres mesures pour 2025, cela porte l'ensemble à 2,7 milliards de couronnes (230,3 millions d'euros), a précisé l'exécutif norvégien.
Ces fonds seront fléchés vers la marine ukrainienne en mer Noire, eaux bordées par l'Ukraine, la Russie, la Géorgie, la Turquie, la Bulgarie et la Roumanie. Le soutien comprendra des dons des forces armées norvégiennes ainsi que des équipements militaires achetés à l'industrie pour être donnés.
« L'Ukraine a besoin de plus de soutien pour dissuader les forces navales russes en mer Noire dans les temps à venir. Il est essentiel de protéger la population et les infrastructures ukrainiennes contre les attaques de la flotte russe de la mer Noire », a déclaré le Premier ministre Jonas Gahr Store dans un communiqué.
Cet appui en mer Noire est aussi crucial pour «protéger les exportations de céréales et d'autres produits par voie maritime, qui génèrent des revenus cruciaux pour l'Ukraine », a ajouté le chef du gouvernement norvégien. Car, malgré les menaces de Moscou de tirs sur les bateaux naviguant dans ces eaux, Kiev y a mis en place dès l'été 2023 un couloir pour exporter ses produits agricoles. Ses capacités sont toutefois réduites par rapport à avant la guerre. Le pays était alors l'un des plus grands exportateurs de céréales au monde.
Les fonds norvégiens seront également utilisés pour l'entraînement des soldats ukrainiens et les opérations de déminage. « Les systèmes que nous fournissons amélioreront la capacité des forces ukrainiennes à détecter et à désamorcer les mines le long de leur littoral », a ajouté le ministre de la Défense, Bjorn Arild Gram.
« Les mines constituent une menace importante pour la sécurité maritime et le passage en mer Noire, et les opérations de déminage sont très difficiles », a-t-il souligné.
L'Ukraine accuse de longue date la Russie d'utiliser des mines antipersonnel sur son territoire. Moscou aurait disséminé ces charges explosives dans « les villes, les exploitations agricoles, les stations de transport public », selon le ministère ukrainien de la Défense. Enterrées ou dissimulées sur le sol, elles explosent quand une personne s'en approche ou entre en contact avec elles. Y compris encore des années après avoir été enfouies.
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Au total, les mines et les restes explosifs de guerre ont tué 580 personnes en Ukraine en 2023, selon le rapport annuel de l'Observatoire des mines. Cet organe de recherche appartient à la Campagne internationale pour interdire les mines (ICBL), un réseau d'organisations non-gouvernementales qui a reçu le prix Nobel de la paix en 1997. À l'échelle mondiale, au moins 5.757 personnes ont été tuées ou blessées en 2023 à cause de ces engins, contre 4.710 l'année précédente.
Ce nouveau programme de soutien promis par la Norvège a été annoncé à l'occasion de la visite du Premier ministre britannique Keir Starmer dans l'État scandinave ce lundi. Pour rappel, les deux pays sont à la tête de la Coalition pour la capacité maritime de l'Ukraine, lancée en décembre 2023. Il intervient en outre dans une période où les Européens, Britanniques compris, enchaînent les discussions pour être associées aux probables négociations à venir entre l'Ukraine et la Russie.
« L'idée, c'est avant tout de s'acheter une place à la table des négociations. Si l'Europe n'a pas quelque chose à proposer, les négociations risquent d'avoir lieu sans elle », a expliqué à l'AFP Elie Tenenbaum, de l'Institut français des relations internationales (Ifri).
En parallèle, l'administration de Joe Biden multiplie ces dernières semaines les aides à destination de Kiev. Depuis début décembre, les États-Unis ont annoncé trois nouveaux envois de matériel, estimés à 725 millions de dollars (690 millions d'euros), 988 millions (940 millions d'euros) et 500 millions (477 millions d'euros). Le dernier paquet en date a été promis vendredi dernier. Il comprend notamment des munitions pour les systèmes de lance-roquettes Himars, des obus d'artillerie, des drones, des véhicules militaires, des équipements de protection contre des attaques chimiques, radiologiques et nucléaires, selon le département d'État américain.
« Nous allons continuer à fournir du matériel supplémentaire jusqu'à la fin »du mandat de Joe Biden, a assuré la veille John Kirby, le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche.
Le président démocrate laissera son fauteuil au républicain Donald Trump le 20 janvier prochain. Ce dernier a promis de résoudre le conflit avant même la date de sa prise de fonction, sans pour autant détailler sa stratégie. Il lui reste concrètement un peu plus d'un mois.