La Russie veut de nouvelles élections en Syrie

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Russes, Etatsuniens, Saoudiens et Turcs se sont retrouvés à Vienne pour des discussions sur la Syrie vendredi 23 octobre.
Russes, Etatsuniens, Saoudiens et Turcs se sont retrouvés à Vienne pour des discussions sur la Syrie vendredi 23 octobre. (Crédits : CARLO ALLEGRI)
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergey Lavrov a indiqué vouloir un gouvernement de transition en Syrie pour préparer de nouvelles élections. Mais il refuse toute démission de Bachar El-Assad.

Le ministre russe des affaires étrangères, Sergey Lavrov, appelle le président syrien Bachar El-Assad et les rebelles à organiser une transition politique et des élections. Dans une interview à la chaîne russe Rossiya 1, le chef de la diplomatie russe précise qu'il « est nécessaire de se préparer à des élections législatives et présidentielles » en Syrie. Il ajoute que les récentes discussions lui « donnent l'espoir que le processus politique va pouvoir avancer dans un proche avenir. »

Des élections avant un an ?

Ces déclarations viennent confirmer les informations de l'agence Bloomberg citant des sources diplomatiques russes qui affirmaient, ce samedi 24 octobre au matin, que Moscou faisait pression sur la présidence syrienne pour qu'il accepte un plan de partage du pouvoir dans le cadre d'une transition politique, le temps d'organiser un scrutin internationalement reconnu « d'ici une année. » Selon Bloomberg, la Russie estime que Bachar El-Assad « a tous les droits pour rester au pouvoir et se représenter

Construire une alliance contre EI ?

Le gouvernement russe n'entend donc pas sacrifier le président syrien. Bien au contraire. La Russie cherche, avec ce plan de transition, à maintenir au pouvoir le président syrien dans le cadre d'un gouvernement de transition ouvert à l'opposition. Le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, avait indiqué jeudi qu'il avait obtenu l'assurance de Bachar El-Assad qu'il était ouvert à des discussions avec les groupes rebelles qui souhaitait combattre le groupe du soi-disant Etat Islamique (EI). Le président russe avait précisé que l'armée libre syrienne (FSA), groupe dissident de l'armée syrienne soutenu par les Etats-Unis, faisait partie de ces groupes. Moscou semble donc vouloir chercher à trouver un terrain d'entente avec les adversaires du régime baasiste trois semaines après le début de son intervention militaire.

Deuxième phase de la stratégie russe

Cette ouverture au compromis est la deuxième phase de la stratégie russe. Après avoir consolidé, voire légèrement renforcer les positions gouvernementales sur le terrain, la Russie peut appeler aux discussions en tentant de faire taire les appels à la démission du président syrien. Vendredi, à Vienne, Sergey Lavrov a rencontré les principales puissances favorables aux rebelles : Etats-Unis, Turquie, Arabie Saoudite et pays du Golfe persique. Washington a accepté d'inviter l'Iran dans les prochaines discussions. Reste à savoir si les alliés des rebelles accepteront-ils un plan russe basé sur le « sauvetage » du président syrien, même au nom de la lutte contre EI. ces pays continuent à demander le départ de Bachar El-Assad comme préalable. La question reste d'autant plus ouverte, que les frappes russes continuent de toucher les positions de ces mêmes rebelles. Sans compter que certains groupes rebelles islamistes ne semblent pas disposés à abandonner la lutte contre Damas pour se tourner contre EI.

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Commentaires
a écrit le 25/10/2015 à 11:59 :
1. Les élections libres en Syrie à ce moment est une farce, peu importe s’il s’agit d’une part de territoire contrôlée par le gouvernement, par EI, par d’autres islamistes ou par soi-disant l’opposition laïque. Les gens vont voter (ou pas) en fonction de la volonté de ceux qui les contrôlent. S. Lavrov n’est pas si stupide pour en parler sérieusement, donc, les élections sont probablement proposées comme un plateforme pour des accords réels.
2. La Russie cèdera la Syrie et El Assad en échange de la fin des sanctions occidentales (surtout celles qui visent les fonctionnaires et les oligarques russes) et la fermeture de la question criméenne. En fait c’est probablement le but de son intervention en Syrie. Mais pour l’instant le moment de céder n’est pas encore venu et peut-être ne viendra jamais.
Réponse de le 25/10/2015 à 13:44 :
@ex-moscovite: 1) les sanctions sont une excellente occasion pour la Russie de réorganiser son économie. 2) il faut bien entendu des élections en Syrie pour déterminer qui peut conduire le pays, mais ce n'est pas la position séculaire américaine qui va régler le problème, car on doit laisser les pays disposer d'eux-mêmes au lieu de leur imposer qui que ce soit !!!
Réponse de le 25/10/2015 à 19:52 :
@Patrickb : 1. Pardon, mais vous ne comprenez le problème clé des sanctions. Les sanctions contre l’économie sont faibles, incomparablement plus faibles, par exemple, que celles appliquées à l’Iran, mais il y a des sanctions gênantes pour les certains oligarques et dirigeants de la Russie. Pour l’économie, on verra, plus tôt ou moins elle s'adapte, mais pour l’instant les actions des autorités sont assez contradictoires et la situation économique n’est pas facile.
2. Vous croyez sérieusement aux élections libres dans la situation de la guerre civile, surtout dans les terrains contrôlés par les islamistes ? Le gouvernement contrôle un peu plus que la moitié de la population et, comme vous avez remarqué justement, il y a des fortes influences extérieures. Vous prononcez pour une situation idéale, mais dans le monde réel cela est impossible.
a écrit le 24/10/2015 à 23:20 :
Même si rien ne peut justifier de tels massacres de populations par qui que ce soit, notamment par le régime en place, l'échec occidental consistant à encourager une opposition violente, en l'armant, au régime dictatorial officiel syrien est un échec de tous les jours constaté (morts, migrants, souffrances de tous genres).
N'est-il pas du devoir moral des coalitions de dire aux protagonistes , arrêtez, tout le monde dépose les armes, le régime en places et les opposants.
Ceux qui ne cesseront pas le feu seront les seuls qui seront combattus, à savoir Daech, les autres bénéficieront d'une amnistie s'ils acceptent tous de se mettre autour d'une table pour reconstruire la paix, aussi bien le camp occidental que russe et autres. Utopie!
Sinon comment peut finir un tel conflit?
a écrit le 24/10/2015 à 22:05 :
Encore un jolie coup avenir pour Poutine.
Même si Bachar est autant un bourreau que Daesh, quand il envoie l'aviation pour raser un quartier, de manière générale, le peuple syrien est derrière lui, et l'armée avec.
Malgré l'effroyable état du pays, les syriens le laisseront sur le trône, pour un temps.
Car le terme "guerre civile/ Rebelle" n'existe plus depuis trèèèès longtemps.
Plutot une "invasion étrangère composée de mercenaires fanatiques venus du monde entier", dès 2011.
Formés, soignés, armés par US/UK/FR/Turquie/Quatar/Arabie saoudite,etc..
Rappelons que les médias officiels français ont utilisés le mot "rebelle" pendant 4ans.
Sous les ordres du gouvernement, surtout de notre ministre des affaires étrangères....
a écrit le 24/10/2015 à 16:59 :
Des élections en Syrie sous le contrôle de Bachar El Assad, seront aussi grotesques et risibles que le "prix Confucius de la paix" attribué par les chinois à Robert Mugabe. Mais que peut-on attendre d'autre de dictatures ? certains diront à juste titre que les américains qui sont intervenus en Irak par un mensonge éhonté, ou Israël qui fait du terrorisme d'état contre la Palestine, et sont tous deux des démocraties, n'ont pas plus de scrupule pour défendre leurs intérêts.
a écrit le 24/10/2015 à 15:52 :
Très bonne analyse, me semble-t-il, de la situation en Syrie depuis le début de l'intervention russe.
Un seule ombre au tableau : elle n'est que grammaticale il est vrai, mais enfin il n'est pas cohérent d'écrire : "Reste à savoir si les alliés des rebelles accepteront-ils un plan russe etc..." . Il faut choisir entre l'interrogation directe et l'interrogation indirecte. la combinaison des deux est incorrecte grammaticalement.
a écrit le 24/10/2015 à 15:52 :
Très bonne analyse, me semble-t-il, de la situation en Syrie depuis le début de l'intervention russe.
Un seule ombre au tableau : elle n'est que grammaticale il est vrai, mais enfin il n'est pas cohérent d'écrire : "Reste à savoir si les alliés des rebelles accepteront-ils un plan russe etc..." . Il faut choisir entre l'interrogation directe et l'interrogation indirecte. la combinaison des deux est incorrecte grammaticalement.
Réponse de le 25/10/2015 à 8:17 :
et alors ? qu'est que ca peut faire si l'auteur fait quelques fautes de francais du XIXe siecle ?
au moins il écrit des articles lui, au lieu de critiquer.
a écrit le 24/10/2015 à 15:25 :
CA VAS DANS LE BON SENS. SEUL DES NOUVELLES ELECTION DEMOCRATIQUE DEFINIRONS LE CHOIE DU PEUPLE SYRIEN???
a écrit le 24/10/2015 à 15:20 :
Et les Français veulent virer Hollande. Peut-être pourrait-on faire d'une pierre deux coups ? Ah, j'oubliais, il nous faut l'accord préalable des Américains :-)
a écrit le 24/10/2015 à 15:18 :
Hollande a suivi aveuglément Obama. On est dirigés par une équipe qui n'a rien vu venir, des incapables, des gens sans envergure ni culture. Juste bons à taxer les gens qui travaillent et font marcher le pays. Poutine a bien joué. La France est ridiculisée bien sûr. Les socialistes ont rabaissé la France sur tous les plans à un niveau historique.

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