Syrie : "On ne peut pas faire travailler ensemble les victimes et le bourreau" (Hollande)

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François Hollande a laissé entendre que la France pourrait user de son veto au Conseil de sécurité en l'absence de deux conditions. D'abord qu'il y ait une transition qui puisse s'ouvrir en Syrie et que cette transition écarte Bachar al Assad de la solution. Deuxième condition : que s'arrêtent les bombes.
François Hollande a laissé entendre que la France pourrait user de son veto au Conseil de sécurité en l'absence de deux conditions. "D'abord qu'il y ait une transition qui puisse s'ouvrir en Syrie et que cette transition écarte Bachar al Assad de la solution. Deuxième condition : que s'arrêtent les bombes". (Crédits : MIKE SEGAR)
Pour le président français, qui s'est exprimé lundi devant l'Onu, intervenir contre Daesh ne signifie pas soutenir Bachar al Assad, qui à terme devra partir. Une position partagée par Barack Obama mais opposée à celle prônée par Vladimir Poutine.

Sur le règlement du conflit syrien, la France n'a pas changé de position: elle continue de considérer que toute solution politique doit écarter le président syrien Bachar al Assad. Le président de la République François Hollande l'a rappelé lundi 28 septembre, à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies qui se réunissait à New York.

François Hollande n'a pas hésité à mettre sur le même plan l'Etat islamique et Bachar al Assad, tous les deux responsables selon lui de la "tragédie produite par l'alliance du terrorisme et de la dictature", pour laquelle il ne peut y avoir de "pardon, d'amnistie".

"On ne peut pas faire travailler ensemble les victimes et le bourreau", a-t-il estimé.

"Le mieux est que Bachar al Assad s'en aille"

Lors de sa conférence de presse, il a laissé entendre que la France pourrait user de son veto au Conseil de sécurité en l'absence de deux conditions. "D'abord qu'il y ait une transition qui puisse s'ouvrir en Syrie et que cette transition écarte Bachar al Assad de la solution. Deuxième condition : que s'arrêtent les bombes", a-t-il expliqué.

Au lendemain d'un premier raid de l'aviation française contre un camp d'entraînement de Daech en Syrie, François Hollande a affirmé que frapper l'Etat islamique n'était pas aider le régime syrien.

"C'est ce que voudrait entretenir comme illusion Bachar al Assad : laisser penser que si on est contre Daech, on est pour lui. Non. On est pour le peuple syrien et on doit faire en sorte que Daech puisse être combattu et pour atteindre cet objectif, le mieux est que Bachar al Assad s'en aille", a insisté le président.

Le désaccord entre Russie et Etats-Unis persiste

Un peu plus tôt, le président russe avait lui aussi pris la parole à l'Onu.  Vladimir Poutine  a prôné la création d'une coalition élargie en Syrie pour lutter contre les "terroristes" et réaffirmé son soutien au régime de Bachar al Assad, jugeant que le refus de coopérer avec le président syrien constituait une "énorme erreur".

Dans le même contexte, Barack Obama a quant à lui indiqué que les Etats-Unis étaient "prêts à travailler avec toutes les nations, y compris la Russie et l'Iran", les deux principaux alliés de Damas, pour résoudre le conflit, tout en réaffirmant que toute solution passait par le départ d'Assad, qu'il a qualifié de "tyran". "Nous devons nous accorder sur le fait qu'il ne peut y avoir, après tant de bains de sang, après tant de carnages, de retour au statu quo d'avant-guerre", a souligné Barack Obama, sans pour autant explicitement appeler au départ de Bachar al Assad, mais en évoquant une "transition en bon ordre permettant de tourner la page Assad".

 90 minutes d'entretien entre Poutine et Obama

Dans la soirée, les deux présidents russe et américain se sont par ailleurs rencontrés. Il s'agissait de leur premier entretien bilatéral en plus de deux ans, notamment après la crise ukrainienne. Durant un tête à tête de 90 minutes, le président russe et son homologue américain ont approuvé le principe de discussions tactiques entre leurs deux armées pour éviter tout incident lors d'éventuelles opérations dans le pays du Proche-Orient, où la Russie renforce sa présence militaire depuis plusieurs semaines.

Au terme de l'entretien, Vladimir Poutine a déclaré à la presse que la Russie examinait les moyens de soutenir davantage le gouvernement syrien et les forces kurdes contre l'EI. En sortant de son entretien avec Obama Vladimir Poutine a ajouté que la Russie n'excluait pas de participer avec les Occidentaux à des opérations militaires contre l'EI mandatées par les Nations unies.

Le précédent d'un travail commun sur le nucléaire iranien

Un haut responsable américain s'exprimant sous le sceau de l'anonymat a déclaré que "les Russes comprenaient très bien l'importance d'une solution politique au conflit et d'un processus de recherche de cette solution".

En dépit de leurs divergences, les Etats-Unis et la Russie ont coopéré au sein du groupe P5+1, avec la Chine, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne, pour négocier un accord historique sur le nucléaire iranien, conclu le 14 juillet dernier à Vienne. Le même groupe de pays pourrait se saisir du dossier syrien, a estimé la porte-parole de la diplomatie européenne Federica Mogherini en sortant d'une réunion avec les ministres des Affaires étrangères du P5+1 et de l'Iran lundi soir.

(Avec Reuters)

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a écrit le 30/09/2015 à 10:12 :
Quand même, ce costume gris sur ce fond vert (on sait à l'avance quel est le décorum à l'ONU...) quel mauvais goût...Aucune classe, comme d'habitude. Allo ?... Ou est l'armada de conseiller en communication ?...Nul dans la fome et mauvais sur le fond, mais constant dans la médiocrité.
a écrit le 30/09/2015 à 9:55 :
La Syrie était un pays Multi confessionnel sous la famille Assad, certes une dictature par rapport à notre définition de la démocratie mais sans plusieurs millions de syriens en exode, sans centaines de milliers de morts et sans un état islamiste en formation envoyant où aidant des terroristes à apporter la mort dans les pays d'Europe. C'est l'état islamiste le danger prioritaire et pas Mr Assad !
a écrit le 30/09/2015 à 9:36 :
A lire les commentaires sur ce forum et sur internet en général, il semble que 90% des français préfèrent de loin le duo Poutine-Bachar au duo Obama-Hollande (bien que bizarrement, à part Depardieu, ça ne se bouscule pas trop à Roissy pour partir vivre en Russie, ce formidable pays si accueillant).
J'aimerai qu'un sociologue m'explique comment on en est arrivé là car il me semble que ce sont les mêmes ressorts qui ont fait préférer aux français le duo Hitler-Mussolini au duo De Gaulle-Churchill. Tiens, les français, encore.
a écrit le 30/09/2015 à 7:48 :
Voilà maintenant qu'il recherche des preuves pour étayer ses dires, mais il ne voulait le faire avant de peur que les US ne face machine arrière. Le suivisme et aucune anticipation de nos gouvernants fait de la France une colonie!
a écrit le 29/09/2015 à 22:14 :
"Un avenir sans Bachar El Assad" promettait déjà comme titre. En appelant d'autres tels que "Une Libye sans Kadhafi"... Bref, pas terriblement engageant.
Mais celui-ci est carrément provocateur: pense-t-il secrètement à nous en disant cela?
a écrit le 29/09/2015 à 18:50 :
..."Que s'arrètent les bombes"..
Sur ce coup, pourquoi envoie t-il des bombardiers?
Ah oui c'est vrai "Al Nosra fait du bon boulot" disait Fabius!
Mais qui sont ces clowns effrayants?
a écrit le 29/09/2015 à 18:25 :
Nous sommes 77 % à préférer une France sans Hollande, j'aimerais que Bachar vienne rappeler sous une forme d'ingérence amusante cette situation à notre héros..!!
a écrit le 29/09/2015 à 15:07 :
Lorsqu'il s'est agi d'abattre le nazisme, Roosevelt et Churchill se sont alliés à Staline, à côté de qui Assad est un enfant de choeur. Et heureusement, car sinon, Hitler aurait gagné la guerre. Ces coquetteries concernant Assad ne sont que des prétextes pour ne pas entreprendre sérieusement l'élimination de Daech. Hollande préfère la posture au résultat, comme d'habitude.
a écrit le 29/09/2015 à 14:51 :
France : un avenir sans Hollande !!
a écrit le 29/09/2015 à 11:57 :
Mr Assad n'est pas un dictateur, puisque la Syrie n'est pas un pays. C'est un conglomérat de tribus, qui vivaient à peu près en paix grâce à sa poigne de fer.
Une réalité dure à avaler pour un énarque, et un socialiste dogmatique.
Et, une fois de plus, c'est le petit peuple qui paie très cher pour que des bienfaiteurs de l'humanité aient bonne conscience.
a écrit le 29/09/2015 à 11:50 :
"On ne peut pas faire travailler ensemble les victimes et le bourreau" (Hollande)
Toute l’intelligence et la détermination d'un homme "normal"....hors du commun .
En une phrase il démontre que des Hommes , communs eux, comme
François Mitterrand et Helmut Kohl ou encore et surtout Nelson Mandéla et d'autres encore, n'étaient sans doute que des chiffes molles qui avaient baissé culotte et surtout qui n'avaient rien compris.
La France est grandie, oh combien, en ayant un tel "géant" comme Président de la République".
a écrit le 29/09/2015 à 11:44 :
Quel honte ce président Français ! Car c'est dans ce discours que se révèle le mépris qu'il a du peuple... Non Monsieur Hollande, ce n'est pas à vous de décider si le président Syrien doit partir, c'est au peuple Syrien par un vote démocratique, qui quoique vous en pensiez, existe en Syrie..
a écrit le 29/09/2015 à 11:40 :
F. Hollande vient confirmer une fois de plus tout le ....."bien" que l'on est en droit de penser de lui.
Cette affaire Syrienne aura été une occasion de plus pour lui de faire toute la démonstration de l’acuité visuelle, en politique en tout cas, plutôt réduite voire nulle.
Souvenons-nous.
Il a commencé par "décider" ( enfin il le croyait) de partir donner la "punition' à Bachar El Assad.
Puis les grands ( USA suivis de GB...) en disposant autrement, Le François se rend à l'évidence: Seul, Lilliputien, il ne peut punir personne sinon lui même. Il a besoin des autres et de beaucoup de bla bal pour faire passer son manque de carrure.
Les grands changent de stratégie, et ils peuvent se le permettre parce qu'ils sont grands, le Lilliputien court derrière eux en voulant faire croire, comme toujours, qu'il a lui décidé de voir les choses autrement ......
Avec son lourd déficit d'acuité visuelle tant en stratégie qu'en diplomatie, il est plutôt mal barré
Recommandation à lui faire : lire La Fontaine. La grenouille qui veut se faire ausi graosse que le bœuf.
Réponse de le 29/09/2015 à 12:45 :
@Khaled
Bonjour a vous tous , vous avez parfaitement résumé la psychologie de Toutmou 1er , et dire qu il a l intention de briguer un autre mandat , misère les Français ne méritaient vraiment cela.Bravo a vous Khaled
a écrit le 29/09/2015 à 11:16 :
Pour une première Poutine a fait fort Hollande maillon faible comme da bhitude notre champion olympique des erreurs
a écrit le 29/09/2015 à 10:35 :
C'est vraiment désolant, Hollande n'est pas plus capable d'ouvrir les yeux tant sur la situation intérieur de la France que sur la géo-politique internationale. Moi, quand je l'entends discourir, il me fout la trouille par ses positions "idéologiques" !!!
a écrit le 29/09/2015 à 10:19 :
Les us veulent virer Assad qui n'est pas assez obéissant, on le comprend. Mais pourquoi, même en tant que colonie us, leur donnons-nous un coup de main..??
a écrit le 29/09/2015 à 10:06 :
Hollande patauge, les Russes ont très biens réalisé que le régime syrien est incontournable dans ce conflit . Le but est l’éradication de Daech et du terrorisme.
Notre président pérore à l'ONU mais personne ne l'écoute. Comme pour l'économie,
notre président ferait mieux de s'adapter au monde réel et de redescendre sur terre.
a écrit le 29/09/2015 à 10:00 :
Et une fois de plus Obama sort promener son caniche dans les jardins de la maison blanche.
a écrit le 29/09/2015 à 9:45 :
Il peut toujours causer, personne ne s'intéresse à lui.
a écrit le 29/09/2015 à 9:42 :
Grosse erreur, alors quel est le sens de cette adhésion à une coalition qui ne poursuit pas les mêmes buts. Il faut se retirer et ne pas mettre nos soldats en danger, aller jusqu'au bout, la chute de la Syrie donc de son dictateur c'est encore beaucoup plus de malheur pour les populations et un encouragement au terrorisme international.
La réalité est cela même si elle n'est idéale, la rébellion contre son dictateur a été un échec, il faut arrêter et le reconnaître, ne pas s'entêter.
Réponse de le 29/09/2015 à 11:49 :
Pour moi il faut que les forces spéciales Françaises participent aux côtés des forces armées syriennes à l'éradication de Daesch..
Celles ci ont déjà fait preuve de leur efficacité dans d'autres conflits.
Bombarder ne sert a rien car les islamistes adopte une méthode de combat adoptée par les militaires français la première fois en Algérie, combat par petits groupes, infiltration, frappe et recul, même méthode employée par Daesch, qui s'inspire des méthodes Françaises
Réponse de le 29/09/2015 à 11:53 :
J'aimerai bien que tous ceux qui traitent le président Syrien de dictateur apportent des preuves concrètes, et non pas des procès d'intention qui depuis l'ère Chirac quand les médias ont fait de la désinformation à propos de ce pays.
Il y a en Syrie un processus démocratique qui permet d'élire un président, ce qui n'existe pas dans une dictature.
a écrit le 29/09/2015 à 9:17 :
Qu'il écoute un peu moins Fabius et qu'il fasse ,ce dont il est incapable (de la politique)De quel droit on ferait partir Assad sur décision de Hollande , on a vu les dégats en Libye. qu'il demande le départ aussi de Kim Jon Ill, le roi de L'Arabie saoudite et du Quatar.....Lamentable.
a écrit le 29/09/2015 à 9:07 :
Et l'avenir de la France n'inclut pas Hollande. On ne peut pas faire travailler ensemble le mensonge permanent et la transparence !!! Bon, de toute manière, c'est lui président (Obama) qui va décider pour moi président :-)
a écrit le 29/09/2015 à 8:52 :
Moi president , je souhaite que Bachar s'en aille ou j'irais le déloger ! Et bien chiche , va le déloger ... Au passage , si tu peux libérer la Crimée de l'oppresseur russe , le Tibet , l'Afghanistan et rétablir Saddam , ça serait pas mal ! Merci président

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