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ÉconomieInternational

Syrie: "On ne peut pas faire travailler ensemble les victimes et le bourreau" (Hollande)

Photo de Giulietta Gamberini

latribune.fr

Publié le 29 septembre 2015 à 06:09 - Mis à jour le 29 septembre 2015 à 06:10

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Pour le président français, qui s'est exprimé lundi devant l'Onu, intervenir contre Daesh ne signifie pas soutenir Bachar al Assad, qui à terme devra partir. Une position partagée par Barack Obama mais opposée à celle prônée par Vladimir Poutine.

Sur le règlement du conflit syrien, la France n'a pas changé de position: elle continue de considérer que toute solution politique doit écarter le président syrien Bachar al Assad. Le président de la République François Hollande l'a rappelé lundi 28 septembre, à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies qui se réunissait à New York.

François Hollande n'a pas hésité à mettre sur le même plan l'Etat islamique et Bachar al Assad, tous les deux responsables selon lui de la "tragédie produite par l'alliance du terrorisme et de la dictature", pour laquelle il ne peut y avoir de "pardon, d'amnistie".

"On ne peut pas faire travailler ensemble les victimes et le bourreau", a-t-il estimé.

"Le mieux est que Bachar al Assad s'en aille"

Lors de sa conférence de presse, il a laissé entendre que la France pourrait user de son veto au Conseil de sécurité en l'absence de deux conditions. "D'abord qu'il y ait une transition qui puisse s'ouvrir en Syrie et que cette transition écarte Bachar al Assad de la solution. Deuxième condition : que s'arrêtent les bombes", a-t-il expliqué.

Au lendemain d'un premier raid de l'aviation française contre un camp d'entraînement de Daech en Syrie, François Hollande a affirmé que frapper l'Etat islamique n'était pas aider le régime syrien.

"C'est ce que voudrait entretenir comme illusion Bachar al Assad : laisser penser que si on est contre Daech, on est pour lui. Non. On est pour le peuple syrien et on doit faire en sorte que Daech puisse être combattu et pour atteindre cet objectif, le mieux est que Bachar al Assad s'en aille", a insisté le président.

Le désaccord entre Russie et Etats-Unis persiste

Un peu plus tôt, le président russe avait lui aussi pris la parole à l'Onu.  Vladimir Poutine  a prôné la création d'une coalition élargie en Syrie pour lutter contre les "terroristes" et réaffirmé son soutien au régime de Bachar al Assad, jugeant que le refus de coopérer avec le président syrien constituait une "énorme erreur".

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Dans le même contexte, Barack Obama a quant à lui indiqué que les Etats-Unis étaient "prêts à travailler avec toutes les nations, y compris la Russie et l'Iran", les deux principaux alliés de Damas, pour résoudre le conflit, tout en réaffirmant que toute solution passait par le départ d'Assad, qu'il a qualifié de "tyran". "Nous devons nous accorder sur le fait qu'il ne peut y avoir, après tant de bains de sang, après tant de carnages, de retour au statu quo d'avant-guerre", a souligné Barack Obama, sans pour autant explicitement appeler au départ de Bachar al Assad, mais en évoquant une "transition en bon ordre permettant de tourner la page Assad".

90 minutes d'entretien entre Poutine et Obama

Dans la soirée, les deux présidents russe et américain se sont par ailleurs rencontrés. Il s'agissait de leur premier entretien bilatéral en plus de deux ans, notamment après la crise ukrainienne. Durant un tête à tête de 90 minutes, le président russe et son homologue américain ont approuvé le principe de discussions tactiques entre leurs deux armées pour éviter tout incident lors d'éventuelles opérations dans le pays du Proche-Orient, où la Russie renforce sa présence militaire depuis plusieurs semaines.

Au terme de l'entretien, Vladimir Poutine a déclaré à la presse que la Russie examinait les moyens de soutenir davantage le gouvernement syrien et les forces kurdes contre l'EI. En sortant de son entretien avec Obama Vladimir Poutine a ajouté que la Russie n'excluait pas de participer avec les Occidentaux à des opérations militaires contre l'EI mandatées par les Nations unies.

Le précédent d'un travail commun sur le nucléaire iranien

Un haut responsable américain s'exprimant sous le sceau de l'anonymat a déclaré que "les Russes comprenaient très bien l'importance d'une solution politique au conflit et d'un processus de recherche de cette solution".

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En dépit de leurs divergences, les Etats-Unis et la Russie ont coopéré au sein du groupe P5+1, avec la Chine, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne, pour négocier un accord historique sur le nucléaire iranien, conclu le 14 juillet dernier à Vienne. Le même groupe de pays pourrait se saisir du dossier syrien, a estimé la porte-parole de la diplomatie européenne Federica Mogherini en sortant d'une réunion avec les ministres des Affaires étrangères du P5+1 et de l'Iran lundi soir.

(Avec Reuters)

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