Le Brésil sous le feu des agences de notations

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L''économie brésilienne s'est contractée de 4,5% au troisième trimestre sur un an.
L''économie brésilienne s'est contractée de 4,5% au troisième trimestre sur un an. (Crédits : reuters.com)
Moody's menace de faire passer la note souveraine du Brésil en catégorie spéculative s'inquiétant de l'échec des mesures d'austérité et de la menace de destitution. Un pas que Standard and Poor's a déjà franchi.

Publié le 10/12/2015 à 08:52. Mis à jour le 11/12/2015 à 10:17.

Un énième camouflet pour Dilma Rousseff ? Moody's a annoncé mercredi 9 décembre envisager d'abaisser la note souveraine du Brésil en catégorie spéculative ("junk"). L'agence de notation pointe du doigt la gravité de la récession en cours. Pour rappel, l'économie brésilienne s'est contractée de 4,5% au troisième trimestre sur un an. Il s'agit de la pire récession subie par le pays en 25 ans.

Moody's insiste également sur l'échec des mesures d'austérité et ne semble pas convaincu du nouveau plan du Brésil pour combattre la crise.

Enfin, l'agence a pris en compte le risque accru de paralysie politique après l'ouverture par le Congrès brésilien d'une procédure de destitution de la présidente, Dilma Rousseff, accusée d'avoir trafiqué les comptes publics

L'institution n'a pas épargné non plus l'entreprise pétrolière Petrobras en faisant passer toutes les notes de la société de Ba2 à Ba3, à un cran de la catégorie "très spéculatif". Et elle n'écarte pas de procéder à une nouvelle baisse. Elle estime que la société brésilienne peut difficilement lever des fonds en vendant des actifs dans un contexte industriel difficile, faisant référence à la chute des cours du pétrole notamment.

De graves conséquences économiques ?

En septembre, Standard and Poor's avait abaissé la note de la dette souveraine Brésil en catégorie spéculative à BB+. L'agence estimait que le pays allait subir trois années consécutives de déficit primaire, sans compter une dette susceptible d'augmenter si rien n'est fait.

Si Moody's décide également de dégrader la note du Brésil en catégorie spéculative, cela pourrait avoir de graves conséquences économiques selon certains experts économiques. Bruno Rovai, économiste de Barclays chiffre à 1,45 milliard d'euros les sorties potentielles de capitaux en cas d'abaissement de la note.

Le gouvernement brésilien comprend la décision de Moody's

Du côté du gouvernement brésilien, le ministre de l'Economie Joaquim Levy a affirmé jeudi 10 décembre que l'abaissement possible de la dette souveraine du pays en catégorie spéculative par l'agence Moody's "est un reflet de la réalité" du pays.

"La question de la baisse est un reflet de la réalité. Si on ne s'organise pas, il n'y a pas d'union et le résultat est grave", a assuré M. Levy à des journalistes au sortir d'un déjeuner avec la Fédération des Banques à Sao Paulo, ville la plus peuplée du pays.

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Commentaires
a écrit le 11/12/2015 à 12:30 :
Qui va enfin contrôler les contrôleurs ? Rappel :les "notations" sont produites par un oligopole privé,sans contrôle public, d'où des conflits d’intérêts inévitables. Au début de la crise des subprimes en 2007, les agences ont accordé la meilleure note (AAA) sur des crédits titrisés, contribuant ainsi à une bulle spéculative grave .
a écrit le 10/12/2015 à 10:43 :
"L'agence estimait que le pays allait subir trois années consécutives de déficit primaire, sans compter une dette susceptible d'augmenter si rien n'est fait."
Euh ,c'est aussi le cas de la France depuis un bon bout de temps, sans qu'il y ait une telle sanction sur la notation.
En attendant c'est partout en Amérique latine le chant du cygne des expériences de la gauche dans ses différentes variantes: les péronistes battus en Argentine, le chavisme en perdition au Vénézuela, même au Brésil où le modèle, plutôt raisonnable, réussissait assez bien, le revers est rude.
Réponse de le 11/12/2015 à 15:59 :
pour le meilleur et pour le pire la France n'est pas le brésil. La France n'a jamais fait défaut sur sa dette. le brésil a régulièrement été en cessation de paiement.
Toute l'amérique latine a surfer sur la vague du prix des matières premières et toute l'amérique latine ralentit maintenant. pour le brésil des multiples phénomènes concourrent à un retournement plus fort : le brésil est devenu extremement cher ! l'effet change + une inflation des salaires ont rendu les brésiliens plus riches mais n'ont pas permis d'augmenter leur compétivité. Les gouvernements successifs de lula et dilma n'ont pas investi dans les vrais reformes : l'éducation qui reste terriblement insuffisante dans un pays de cette taille et à ce cout. Les infrastructures (privées il faut le signaler) n'ont pas été suffisament rénovées et adaptées au boum des exportations des années 2000 augmentant encore le cout de produire et commercer au brésil. Enfin aucun gouvernement n'a procédé à l'ouverture économique réelle : les entreprises brésiliennes bénéficient toujours de situation de rentes sont peu incitées à l'investissement productif car la concurrence des produits étrangers est largement biaisée. Ces oligopoles extrement riches n'ont pas intéret à ce que les choses changent et sont d'ailleurs souvent impliqués aux aussi dans les scandales de corruption. Bref il y a du pain sur la planche. Mais l'amérique latine et le brésil sont faits ainsi....

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