Les Etats-Unis et la Chine signent des accords commerciaux

 |   |  676  mots
Le président américain avait alors salué des progrès spectaculaires dans la relation sino-américaine et promis un plan d'action de 100 jours pour renforcer la coopération entre les deux pays.
Le président américain avait alors salué des "progrès spectaculaires" dans la relation sino-américaine et promis un "plan d'action" de 100 jours pour renforcer la coopération entre les deux pays. (Crédits : Reuters)
Cet accord porte notamment sur les exportations de bœuf américain, sous embargo depuis 13 ans, et de l'achat de gaz par les Chinois. Très virulent envers la Chine lors de sa campagne, le président Trump semble finalement vouloir établir des relations cordiales avec l'empire du Milieu.

Washington et Pékin ont conclu un accord pour garantir les exportations de bœuf et de gaz naturel américains vers la Chine, qui s'ouvrira en outre à certains services financiers. Un compromis présenté comme le premier fruit du rapprochement entre les présidents Donald Trump et Xi Jinping.

Après avoir fait du géant asiatique un épouvantail durant sa campagne électorale, le président Trump avait finalement modéré son propos une fois installé à la Maison-Blanche, avant de recevoir son homologue chinois en grande pompe début avril dans sa villa de Mar-a-Lago en Floride.

Le président américain avait alors salué des "progrès spectaculaires" dans la relation sino-américaine et promis un "plan d'action" de 100 jours pour renforcer la coopération entre les deux pays - dont l'accord dévoilé vendredi signe les "premiers résultats" selon un communiqué commun.

Un embargo sur le bœuf américain vieux de 13 ans

Selon le texte, la Chine autorisera d'ici la mi-juillet les importations de bœuf américain. Pékin avait déjà annoncé, en septembre, une levée partielle de son embargo, vieux de 13 ans, sur la viande bovine provenant des Etats-Unis. Mais cette décision peinait à se concrétiser. Pékin avait entièrement banni depuis 2003 les importations de bœuf américain après la découverte d'un premier cas d'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) aux Etats-Unis.

L'accès au prometteur marché chinois, où la consommation de viande s'envole sur fond d'essor de la classe moyenne et d'évolution du régime alimentaire traditionnel, était jugé crucial pour les éleveurs américains et constituait aussi une revendication de longue date de Washington. En retour, les Etats-Unis ont promis de retirer "aussitôt que possible" les barrières aux exportations de volaille chinoise.

Un déficit commercial américain abyssal entre les Etats-Unis et la Chine

Dans le dossier énergétique, les Etats-Unis vont accorder leur feu vert aux entreprises chinoises pour qu'elles achètent du gaz naturel américain, et la Chine "ne sera pas traitée moins favorablement que les autres pays" ne disposant pas d'un accord de libre-échange avec la première puissance économique mondiale.

De son côté, Pékin permettra aux firmes étrangères d'offrir des services de notation financière dans le pays. Le régime communiste promet de prendre des mesures, en vue d'accorder aux systèmes américains de paiement électronique un "accès rapide et complet" à son marché.

Enfin, la Chine s'est félicitée de l'envoi d'une délégation américaine à son vaste forum diplomatique des "Nouvelles routes de la Soie", qui s'ouvrira dimanche à Pékin et dont Washington a dit, dans le communiqué, "reconnaître l'importance".

Cet accord intervient alors que Donald Trump s'est engagé à agir pour réduire le déficit commercial abyssal entre les Etats-Unis et la Chine, qui a atteint près de 350 milliards de dollars l'an dernier.

> Lire aussi : rencontre Trump-Xi Jinping : le commerce et la Corée du Nord à l'ordre du jour

Un changement de comportement non sans-intérêt

Très virulent envers la Chine lors de sa campagne, Donald Trump s'est adouci depuis son investiture. Après avoir accusé Pékin de manipuler le yuan, le président américain s'est rétracté lors de la visite de Xi Jinping, en déclarant tout simplement, au Wall Street Journal, que la Chine "ne manipule pas leur monnaie".

Il faut dire que, dans le cercle proche de Donald Trump, certains ont plutôt intérêt à ne pas se fâcher avec l'empire du Milieu. A commencer par son gendre et conseiller: Jared Kushner. L'entreprise familiale de l'époux d'Ivanka Trump - qui a démissionné, en entrant à la Maison-Blanche - tente actuellement de solliciter de riches investisseurs chinois pour obtenir un chèque de 150 millions de dollars, afin de financer un projet d'appartements de luxe dans le New Jersey.

> Lire aussi : l'entreprise du gendre et conseiller de Donald Trump fait les yeux doux aux Chinois

(avec AFP)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 13/05/2017 à 17:21 :
Parfaite strategie de Trump. La preuve : elle marche. Mais l on devait s attendre a une position chinoise assouplie avec le nouveau president US tant Obama s etait laisse balader, ayant finalement adopte la posture du moindre reproche. Les chinois ont gagne du temps c est ce qu ils voulaient. Leur preoccupation actuelle est de lacher le moins possible sur le plan quantitatif des volumes tandis que celle de Trump est de corriger autant qu il se peut les derives mais surtout de passer des process strategiques permettant un fort effet de levier futur. Ici l accord sur l energie va ecrouler encore le prix du petrole en ruinant les arabes, celui sur les cotations instille apres celle de l informatique celle des normes euro-americaines chez les chinois.. autant dire en echo au monde entier. Par ailleurs USA a des centaines d entreprises importantes en faillite a vendre. Apres le baton la carotte pour le super VRP Trump.
a écrit le 12/05/2017 à 19:59 :
"Mon ennemi, c'est la Chine". Quand on a un ennemi comme ça, pas besoin d'avoir d'amis, n'est-ce pas :-)

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :