Les Etats-Unis menacent de bannir TikTok si elle reste dans le giron du Chinois ByteDance
latribune.fr

TikTok pourrait être interdite sur le territoire américain si elle n'est pas cédée par son propriétaire chinois.
DR
latribune.fr

TikTok pourrait être interdite sur le territoire américain si elle n'est pas cédée par son propriétaire chinois.
DR
La pression monte sur TikTok aux Etats-Unis. Perçue comme une menace pour la sécurité nationale en raison de son appartenance à une société chinoise, elle pourrait être interdite sur le territoire américain, si le groupe ByteDance ne la cède pas.
Cette requête de la Maison Blanche a été formulée par le CFIUS, une agence gouvernementale chargée d'évaluer les risques de tout investissement étranger pour la sécurité nationale américaine.
L'application peut compter sur la puissante association américaine de défense des droits civiques ACLU qui s'est opposée aux projets de loi anti-TikTok au nom de la liberté d'expression.
La Maison Blanche a déjà interdit aux fonctionnaires des institutions fédérales de télécharger et d'utiliser l'application sur leurs smartphones, en application d'une loi ratifiée début janvier. La Commission européenne et le gouvernement canadien ont récemment pris des décisions similaires pour les téléphones portables de leurs fonctionnaires.
L'entreprise stocke les données des utilisateurs américains sur des serveurs situés dans le pays. Elle a admis que des employés basés en Chine y avaient accès, mais dans un cadre strict et limité, et pas le gouvernement chinois.
A l'été 2020, l'ancien président Donald Trump avait signé plusieurs décrets pour tenter de bannir la plateforme ou de la faire racheter par une entreprise américaine.
La popularité déjà considérable de la plateforme a explosé à la faveur de la pandémie, au-delà de son public originel, les adolescents. L'application dénombre désormais plus de 100 millions d'utilisateurs aux Etats-Unis. Elle a dépassé ces dernières années YouTube, Twitter, Instagram et Facebook en « temps passé » par les adultes américains sur chaque plateforme, et talonne désormais Netflix, d'après Insider Intelligence.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

En Europe et en France, l'inquiétude est la même. Le ministre délégué au Numérique Jean-Noël Barrot, qui a reçu mi-mars le juriste Erich Andersen, conseiller général de ByteDance, a regretté que le projet de stocker les données des Européens en Europe ait des délais « très longs », selon une source gouvernementale.
TikTok a annoncé mercredi l'ouverture d'ici la fin 2023 de trois centres de données en Europe - deux en Irlande, un en Norvège - où il promet de stocker les données des utilisateurs européens. Jean-Noël Barrot a indiqué au représentant de TikTok qu'il souhaitait que le gouvernement français soit régulièrement informé de l'avancée de son projet, dont le coût a été estimé à 1,2 milliard d'euros.
Interrogé sur ses engagements à ne plus traiter de données personnelles des Européens en Chine, TikTok a répondu qu'il « ne serait pas capable de garantir cela avant que tout soit installé, c'est-à-dire au moins un an, en 2024 ». Mais il ne s'est pas formellement engagé à ne plus traiter aucune de ces données en Chine.
TikTok a toutefois conscience des enjeux. « Il est patent que le débat en Europe est monté, que nous avons un modèle de protection des données personnelles qui est fort, et qu'ils devront s'y adapter s'ils veulent avoir un avenir en Europe », a jugé aussi cette source gouvernementale.
À lire également
Le Royaume-Uni devrait interdire TikTok des appareils gouvernementaux, selon des médias britanniques, via une annonce attendue ce jeudi sur la « sécurité des appareils gouvernementaux ». Le Sunday Times a affirmé ce week-end que le gouvernement s'était vu recommander cette mesure d'interdiction par des experts en cybersécurité.
Interrogé à ce sujet lors d'une visite aux Etats-Unis en début de semaine, le Premier ministre Rishi Sunak a déclaré que le gouvernement prenait au sérieux « la sécurité des appareils ». « Nous regardons également ce que font nos alliés », a-t-il ajouté. Ces dernières semaines, dans le sillage des autorités fédérales américaines, la Commission et le Parlement européens ont déjà banni TikTok des appareils de leurs employés.
(Avec AFP)
latribune.fr