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ÉconomieInternational

Les Etats-Unis prêts à sanctionner les pays commerçant avec la Corée du Nord

Gwendal Lavina

Publié le 15 juin 2017 à 17:33 - Mis à jour le 15 juin 2017 à 17:33

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Le secrétaire d’Etat américain n’a pas exclu la mise en place de sanctions des États-Unis en évoquant la situation nord-coréenne. Ces dernières viendraient s’ajouter aux sanctions déjà mises en place par l’ONU et s’appliqueraient de façon plus ciblée aux pays et entreprises qui entretiendraient des relations commerciales avec la Corée du Nord.

Les sanctions de l'ONU à l'encontre de la Corée du Nord ne suffisent pas aux États-Unis. Lors d'une audience au Sénat, le Secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson a expliqué que certes les Etats-Unis continuaient d'exhorter les gouvernements à appliquer les sanctions votées par le Conseil de Sécurité des Nations Unies, mais qu'une réflexion était actuellement menée au sein du département d'Etat sur d'éventuelles sanctions complémentaires. Ces « sanctions secondaires », comme il les a qualifiées, seraient décidées de façon unilatérale par les Etats-Unis et seraient dirigées vers les pays ou entreprises qui n'appliquent pas les mesures de l'ONU déjà existantes.

"Nous sommes à un stade où nous nous dirigeons vers la mise en place de sanctions secondaires car certains pays n'ont pas, ne veulent pas ou bien ne peuvent pas appliquer les sanctions de l'ONU", a déclaré Rex Tillerson devant le comité des Affaires étrangères du Sénat.

Ce n'est pas la première fois que les Etats-Unis ont recours à de telles sanctions pour appuyer des décisions prises par l'ONU. Le cas de l'Iran notamment illustre la façon dont le gouvernement fédéral américain avait interdit aux entreprises d'entretenir des liens commerciaux avec l'Iran. S'il était avéré qu'une entreprise, même non américaine avait entretenu de tels liens, elle ne pouvait plus exercer sur le sol américain. Des grandes entreprises avaient été obligées de cesser immédiatement tout échange avec l'Iran sous peine de ne plus pouvoir accéder au marché américain ou être condamné par la justice comme BNP Paribas avait pu l'être en 2014.

Nette dégradation des relations

Rex Tillerson affronte cette semaine un panel de sénateurs américains pour défendre et faire valider le budget de son Département d'Etat. A cette occasion, il lui est demandé de présenter les grandes orientations de la politique étrangère qui sera menée par l'administration du président Trump et cela en s'arrêtant sur les grands enjeux actuels, dont la Corée du Nord. Lors de plusieurs discours, Donald Trump a expliqué que rarement la menace de Pyongyang n'avait été aussi "crédible et sérieuse" et procéder à plusieurs manœuvres pour montrer les dents. Les relations entre les deux pays n'ont eu de cesse de se dégrader ces derniers mois D'un côté Donald Trump affirme publiquement qu'il n'hésiterait pas à bombarder la Corée du Nord et de l'autre Kim Jong-un déclare que son pays est maintenant capable d'envoyer un missile sur les Etats-Unis s'il le souhaite.

Rex Tillerson, a lui adopté une posture moins va-t-en guerre mais rappelé la position des Etats-Unis sur les différents programmes militaires actuellement développés par la Corée du Nord. Le secrétaire d'Etat a expliqué que pour le moment, seules les sanctions étaient compatibles avec une conduite légale vis-à-vis de la Corée du Nord tout en regrettant que tous les pays ne les appliquent pas.

Des dispositifs mis en place pour contourner les sanctions

Quelques jours après de nouveaux tirs de missiles nord-coréens, le think tank américain C4ADS a publié un rapport dans lequel l'efficacité des sanctions est remise en question. Selon les auteurs, les sanctions destinées à frapper Pyongyang au portefeuille ne sont pas suffisantes pour obtenir de la Corée du Nord qu'elle renonce à ses programmes nucléaire et balistique.

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Depuis 2006, année du premier test nucléaire mené par le pays, la Corée du Nord est la cible de sanctions internationales qui visent à paralyser son économie. Ces sanctions cherchent notamment à empêcher l'import et l'export de certaines matières premières par la Corée du Nord mais aussi les investissements étrangers dans le pays. Au travers de certains montages financiers impliquant des entités chinoises, le pays parvient à faire des bénéfices sur des opérations pourtant interdites par les sanctions.

Le rapport du C4ADS aborde notamment la question des entreprises chinoises qui entretiendraient des relations commerciales avec la Corée du Nord dans des domaines ou sur des produits touchés par les sanctions. Il est notamment question du rôle de Dandong Hongxiang Industrial Development, une entreprise installée à Dandong, ville située à moins de trois kilomètres de la frontière nord-coréenne. En dépit des sanctions, celle-ci a vendu des produits dont les applications peuvent être militaires et civiles à la Corée du Nord pour 175 millions de dollars entre 2011 et 2015. Depuis, cette entreprise qui se trouve dans le collimateur de Washington et Séoul est sous le coup de sanctions ciblées, présentées par le rapport comme les seuls réellement efficaces dans la mesure où des sanctions trop générales ne parviennent pas à saisir la complexité de certains cas.

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En dépit des sanctions très lourdes imposées par la communauté internationale, le régime de Pyongyang parvient toujours à obtenir des fonds pour ses programmes d'armement. Toutefois, les récentes prises de position de Pékin comme la condamnation des essais balistique et nucléaire ou encore l'arrêt de l'achat de charbon nord-coréen mettent à mal la relation privilégiée qui a pu exister entre les deux pays. Une relation vitale à la Corée du Nord qui, si elle venait à être encore mise en danger pourrait pousser le pays à moins de retenue à l'avenir.

(Avec AFP et Reuters)

Gwendal Lavina

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