Donald Trump et son richissime soutien Elon Musk ont échangé un florilège de théories radicales lundi, en comparant les immigrés clandestins à des « zombies » ou en parlant de « coup d'Etat » contre le président américain Joe Biden, lors d'une conversation sur X, largement retardée par des problèmes techniques.
Un million d'utilisateurs du réseau social X ont écouté lundi en direct la discussion entre Donald Trump et Elon Musk, propriétaire de l'ex-Twitter et soutien du candidat républicain dans sa course à la Maison Blanche. Ce moment a débuté avec un retard de 40 minutes à cause de problèmes techniques présentés par Elon Musk comme une cyberattaque : « Cette attaque massive illustre l'opposition de beaucoup de gens à entendre simplement ce que le président Trump a à dire », a-t-il déclaré lorsque l'échange a finalement démarré. Un moment d'autant plus embarrassant qu'il a rappelé le fiasco déjà subi par X lors de l'entrée en campagne de l'ex-candidat républicain Ron DeSantis, diffusée sur la plateforme et plombée par des problèmes techniques.
Face à un interlocuteur amical, déterminé à ne pas le contredire, Donald Trump a ensuite pu recycler ses thèmes de campagne. L'ex-président républicain a une nouvelle fois promis « la plus grande déportation de l'histoire » des Etats-Unis, en affirmant faussement que l'afflux massif de migrants sous l'administration Biden a fait augmenter la criminalité. « Nous avons des gens qui affluent comme si c'était une (...) apocalypse zombie », a renchéri Elon Musk, qui a longtemps eu une relation compliquée avec Donald Trump, mais le soutient publiquement depuis la tentative d'assassinat contre lui le mois dernier.
Trump remet en cause la légitimité de Kamala Harris
Le géant de la tech en a profité pour cataloguer Kamala Harris, nouvelle concurrente du candidat républicain dans la course à la Maison Blanche, comme une candidate « d'extrême gauche ». A la peine pour contrer l'enthousiasme généré par l'entrée en lice de la vice-présidente de Joe Biden, Donald Trump a remis en cause sa légitimité. Le renoncement de Joe Biden, plombé par les doutes sur sa santé, « était un coup d'Etat », a fulminé le tribun de 78 ans.
Le candidat a aussi ironisé sur le changement climatique, en expliquant que la montée des océans se traduira par « plus de propriétés en bord de mer ». Ce qui ne l'a pas empêché de louer les voitures électriques Tesla produites par son interlocuteur, qu'il trouve « incroyables ». « Ce n'est pas comme si la maison était en feu immédiatement », a abondé Elon Musk, qui a félicité Donald Trump pour ses « tweets épiques ».
L'ancien président a par ailleurs salué le président russe Vladimir Poutine, le président chinois Xi Jinping et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un pour être « au sommet de leur forme », des commentaires faisant écho à son attrait pour les autocrates exprimé par le passé. S'il revient au pouvoir, les Etats-Unis seront plus en sécurité sur la scène mondiale, a-t-il promis. « Je pense que les gens sous-estiment le risque d'une troisième guerre mondiale », a ajouté Elon Musk. Le patron a même semblé candidater pour un poste sous une future potentielle administration Trump, en expliquant qu'il aimerait participer à une commission qui « s'assurerait que l'argent des contribuables est dépensé à bon escient ».
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L'Europe met en garde Musk contre ses outrances
Une perspective séduisante pour l'ex-président, qui a félicité Elon Musk pour les vagues de licenciements qu'il a imposées chez X. « Vous êtes le meilleur réducteur de coûts », a-t-il complimenté. A moins de trois mois de l'élection présidentielle, le milliardaire a conclu en dramatisant les enjeux du scrutin. « Je pense que nous sommes à un tournant du destin de la civilisation et je pense que nous devons prendre le bon chemin », a-t-il confié à Donald. Trump. « Et je pense que vous êtes sur le bon chemin ».
Par ailleurs, quelques heures avant cette conversation, le commissaire européen au Numérique, Thierry Breton a mis en garde, lundi, Elon Musk lui rappelant les obligations de modération sur le réseau social pour éviter « l'amplification de contenus dangereux ». Dans un courrier diffusé sur X, le commissaire lui a rappelé ses obligations dans le cadre de la nouvelle législation européenne sur les services numériques (DSA), soulignant en particulier que cet impératif de modération s'applique à tous les utilisateurs de X, « y compris vous-même ». Pointant qu'il contrôle « une plateforme de plus de 300 millions d'utilisateurs à travers le monde, dont un tiers en Europe », Thierry Breton a rappelé au milliardaire qu'il a l'obligation légale de respecter la loi européenne. Le DSA oblige toutes les plateformes en ligne à mettre en place un système de signalement des contenus problématiques et d'agir « promptement » pour retirer tout contenu illicite ou d'en rendre l'accès impossible dès qu'elles en ont connaissance.
Elon Musk a balayé cette mise en garde quelques heures plus tard sur son réseau social X. Dans une publication empreinte de provocation, le propriétaire de la plateforme a publié un mème insultant à l'égard du commissaire européen, tout en ironisant qu'il n'oserait jamais poster quelque chose « d'aussi grossier et irresponsable ».