Lutte pour l'égalité : les pays développés ont encore un long chemin à faire

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Selon l'OIT, si l'égalité professionnelle était respectée, le PIB mondial augmenterait de 3,9% d'ici à 2025.
Selon l'OIT, si l'égalité professionnelle était respectée, le PIB mondial augmenterait de 3,9% d'ici à 2025. (Crédits : Gonzalo Fuentes)
Au sein des pays développés, les actions en faveur de l'égalité salariale entre les femmes et les hommes sont nombreuses et variées. L'importance donnée à cette cause varie selon les pays, ce qui entraîne de fortes disparités. Revue de détail des initiatives menées et zoom sur les inégalités.

Loin d'être propres à la France, les inégalités salariales dépassent les frontières. À l'échelle européenne, des actions sont menées pour y pallier. Des politiques nécessaires lorsque l'on sait que, selon Eurostat, l'écart moyen de salaire entre les hommes et les femmes s'élevait à 16,2 points en 2016, dans l'Union européenne. Du côté du taux d'emploi, 11,6 points de pourcentage séparaient, la même année, les femmes des hommes. Plus précisément, cela signifiait qu'en 2016, le taux d'emploi des femmes au sein de l'UE équivalait à 64% - un record jusqu'alors -, mais que celui des hommes était de 76%.

Mais derrière l'illusion d'une amélioration, se cache une forte précarité. Les Européennes sont les premières à subir le manque d'intégration au marché du travail : elles sont, plus que leurs homologues masculins, sous contrats courts et à temps partiel ; 23,2 points séparent les femmes des hommes qui travaillent à temps partiel en UE ; elles ont moins de chances qu'eux d'occuper des postes de direction ; leurs salaires sont moins élevés et elles paient plus cher les interruptions dans leur carrière. Avec l'âge, les inégalités se creusent encore plus, puisque la parentalité constitue un handicap supplémentaire pour les Européennes.

L'UE, historiquement engagée pour l'égalité salariale

Pour comprendre ces inégalités, il faut préciser que tous les pays de l'UE ne luttent pas avec la même force contre les discriminations salariales. L'Institut européen pour l'égalité entre les hommes et les femmes, qui calcule un indice d'égalité de genre, a comparé les pays en s'appuyant sur six grands domaines (le travail, l'argent, le savoir, le temps, le pouvoir et la santé). Le résultat de l'UE, en 2015, en matière d'égalité, était de 52,9 sur 100. La Finlande et la Suède arrivaient en tête du classement avec un indice respectif de 72,7 et 74,2 sur 100, tandis que la France dépassait à peine la moyenne avec 55,7 sur 100. En bas du classement, on retrouvait la Grèce et la Hongrie avec 50,0 et 50,8 sur 100.

Pourtant, l'Union européenne s'est toujours préoccupée de la question des inégalités salariales. Le traité de Rome, en 1957, affirmait déjà le principe d'égalité salariale entre les sexes. En 1976, un arrêt de la Cour de justice européenne confirmait aussi le principe.

Mais parce qu'il reste encore du chemin à faire pour atteindre l'égalité, l'UE s'est fixée, dans sa stratégie pour l'égalité entre les femmes et les hommes pour la période 2014-2017, l'objectif d'une indépendance économique égale et d'une égalité de rémunération pour un même travail ou un travail de même valeur. Dans le cadre de la programmation 2014-2020 du Fonds social européen, l'égalité entre les femmes et les hommes a été reconnue comme un critère décisif lors de l'évaluation des projets par les États membres. Sur le long terme, l'adoption des Objectifs de développement durable (ODD), et notamment de l'objectif et des cibles de l'Agenda 2030 consacré à l'égalité des sexes (ODD 5), entend renforcer la priorité accordée à l'égalité femmes-hommes dans les programmes de développement nationaux et mondiaux.

Quotas, aides à l'accueil des enfants et financements

À échelle plus large encore, un rapport de l'OCDE de 2017 (« Atteindre l'égalité femmes-hommes : un combat difficile ») rappelle que, lors de ces cinq dernières années, les pays ont très peu progressé en matière d'égalité entre les femmes et les hommes. Des initiatives allant dans le sens de l'égalité sont tout de même encourageantes. On notera, par exemple, des incitations financières faites aux pères pour qu'ils prennent un congé parental d'au moins deux mois. Des dispositifs ont également été mis en place pour améliorer l'accès aux services d'éducation et d'accueil des jeunes enfants.

Au Danemark, en Hongrie, en Slovénie ou encore en Suède, plus de 50% des enfants de 6 à 11 ans fréquentent des structures d'accueil en dehors du temps scolaire au cours d'une semaine type. Ces services peuvent même être gratuits pour les familles à faibles revenus, comme au Danemark, ou financés par l'UE, comme en République tchèque. Un avantage crucial pour les femmes qui travaillent, ont des enfants et sont encore trop nombreuses à devoir supporter les charges familiales.

On peut aussi relever que deux tiers des pays de l'OCDE ont mis en place des initiatives en faveur de l'égalité de rémunération. Le rapport de l'OCDE explique :

« La transparence salariale est en effet un moyen d'action essentiel pour mettre en lumière les écarts de salaire entre les femmes et les hommes dans les entreprises. »

C'est le cas notamment en Allemagne, où, depuis janvier 2018, une femme a le droit de demander à son employeur de comparer son salaire avec celui de six collègues.

Lire aussi : Egalité salariale : après l'accélération de l'Islande et de l'Allemagne, la France veut un plan "dur"

Autre action favorisant l'égalité femmeshommes : les quotas par sexe et les objectifs chiffrés. Le rapport de l'OCDE révèle à ce sujet :

« Les pays qui ont mis en place un quota ont constaté une augmentation plus immédiate du nombre de femmes dans les conseils d'administration, tandis que ceux qui ont adopté une méthode plus douce, au moyen de la divulgation d'informations ou d'objectifs à atteindre, ont observé des avancées plus progressives dans ce domaine au fil du temps. »

Aujourd'hui, les quotas sont déjà imposés dans les conseils d'administration des entreprises en Allemagne, en Norvège, en France (par la loi Copé-Zimmermann), en Belgique et en Islande.

Des actions sous toutes les formes

Du côté du secteur public, une discrimination positive envers les femmes est également entrée en vigueur dans plusieurs pays de l'OCDE, permettant aux femmes d'accéder à des postes de direction, comme c'est notamment le cas aux États-Unis.

Pour les femmes souhaitant se lancer dans l'entrepreneuriat, des accès facilités aux financements bancaires, au moyen de garanties d'emprunt, existent. Des initiatives, menées par différents gouvernements, traversent également les frontières, par exemple le financement en faveur des femmes entrepreneures de la Banque mondiale à laquelle sont associés pas moins de 13 États.

D'autres stratégies sont également conduites, telles que l'utilisation de marchés publics pour soutenir les femmes chefs d'entreprise ou des programmes de formation, de tutorat et de mentorat dans le domaine de l'entrepreneuriat et le développement de réseaux. En France, ces réseaux luttant pour l'égalité femmeshommes couvrent de nombreux secteurs du monde du travail (Cercle InterElles, Women's Forum, Action'elles, Les Premières...). Autre action : les campagnes de sensibilisation. Celles-ci se multiplient dans la plupart des pays et elles concernent, de manière globale, toutes les discriminations dont sont victimes les femmes.

Enfin, au niveau de la formation, plusieurs pays ont lancé des programmes encourageant les filles et les jeunes femmes à choisir des filières traditionnellement à dominance masculine (et inversement). Pour rappel, selon l'OIT, si l'égalité professionnelle était respectée, le PIB mondial augmenterait de 3,9% d'ici à 2025. Les pays ont donc tout intérêt à poursuivre leurs efforts pour lutter contre les discriminations.

> Pour aller plus loin, lire notre dossier complet : Quelle place pour les femmes dans l'économie ?

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Commentaires
a écrit le 17/08/2018 à 18:33 :
Ras le bol de cette fausse égalité hypocrite. Car presque jamais vous ne verrez les femmes bosser dans les boulots physiques et difficiles comme ouvrier du batiment ou dans la construction des routes avec le marteau piqueur, ou les éboueurs et déchargeurs des poubelles, ou les déménageurs. Elle est où l'égalité là ?
Que dire des sociétés qui pensent que prendre une DRH ou une secrétaire, c'est forcément une femme ? Et les hommes, ils ne sont pas des bons DRH ou des bonnes secrétaires ?
Il y a un ministère pour aider les femmes, c'est très bien pour elles, mais où est le ministère pour aider les hommes ?
C'est du sexisme contre les hommes tout cela, mais pourquoi on ne fait rien ? Les hommes aussi en ont ras le bol de toute cette hypocrisie actuelle.
a écrit le 14/03/2018 à 16:03 :
Pour l'instant, ce sont les femmes qui semblent profiter des inégalités : elles gagnent moins, donc elles travaillent moins, mais vivent plus longtemps. Cherchons l'erreur !
a écrit le 12/03/2018 à 20:32 :
L'égalité salariale ne sera juste que si le code du travail est le même pour tout le monde. Il faut ainsi interdire à un maçon de soulever plus de 20 kg par exemple. Ainsi, à terme, peut-être aurons-nous une moindre différence de l'espérance de vie.
a écrit le 12/03/2018 à 10:42 :
exemple Mr MACRON malgré ses beaux discours

A l'ELYSEE 53 CONSEILLERS 13 FEMMES ??????
a écrit le 12/03/2018 à 9:30 :
On va y avoir droit tous les jours à un article sur l'égalité hommes femmes ??? Ça devient lassant de faire passer les femmes pour d'éternelles victimes qui seraient, à lire tous ces articles, incapables de se défendre seules.... J'en viens à me demander, à lire toutes cette prose, si les femmes sont aussi intelligentes que les hommes pour qu'elles aient besoin de lobbys ou de lois pour se défendre. Ces inégalités ne sont pas dues qu'aux hommes, les femmes y sont aussi pour quelque chose puisqu'elles sont, et c'est leur droit, moins mobiles, plus souvent absentes (hors maternité) et qu'elles négocient moins leurs salaires que les hommes.
Réponse de le 12/03/2018 à 14:55 :
Sans oublier une inégalité flagrante dont cette fois, les femmes sont bénéficiaires : l’esperance de vie !! Mais qu’elles travaillent d’arrache pied à réduire en fumant et buvant comme les hommes.....
Réponse de le 12/03/2018 à 15:20 :
il est vrai que nous voulons tous une égalité entre les sexe, un monde ou les femmes et les hommes bénéficierons des mêmes avantages cependant cela ne relève t-il pas de l'utopie? ne nous bernons donc pas d'illusions.
a écrit le 12/03/2018 à 9:04 :
Il faudrait déjà qu'il y ai égalité dans le code du travail... Et que les postes soient identiques, ce qui est très rarement le cas avec les objectifs personnalisés à atteindre. Pendant qu'on agite ce chiffon rouge des inégalités, on détruit discrètement l'exception du modèle sociale Français, et donc notre culture. Les femmes vont en fait gagner le droit d'être aussi corvéables que les hommes.
a écrit le 12/03/2018 à 9:01 :
Soyons franc; le dumping social organisé par l'UE via son travail détaché qui fait envahir l'europe de l'ouest de travailleurs polonais, roumains, moldaves et-c... payés 300 euros par mois, essentiellement des hommes, et venant directement prendre le boulot des autochtones sous les applaudissements de nos politiciens européens bons chiens des possédants, va certainement permettre une égalité de salaires entre hommes et femmes, nivèlement par le bas du fait de la volonté de l'UE mais nivèlement quand même.

Bon on va tous y perdre hein mais tant que "l'égalité homme femme" sera générée tout ira bien mieux non ?
a écrit le 12/03/2018 à 8:14 :
pour reduire les inegalites, je propose que les competitions de sport soient unisexe
Réponse de le 12/03/2018 à 14:57 :
...et que les hommes cessent d’aider les femmes à mettre leurs bagages dans les racks dans les avions !!!

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