ENTRETIEN — Le parti au pouvoir devrait demander aujourd’hui au chef de l’État de 83 ans de se présenter à la présidentielle d’octobre. Ce potentiel quatrième mandat provoque des remous.Et de quatre. Alors que la présidentielle d'octobre arrive à grands pas en Côte d'Ivoire, le RHDP, parti majoritaire, tient son congrès ce week-end. Les cadres du mouvement devraient solliciter une nouvelle candidature du chef de l'État, Alassane Ouattara. Si ce dernier accepte, il briguera, à 83 ans, un quatrième mandat.
Pour La Tribune Dimanche, le ministre de la Promotion de la jeunesse et porte-parole adjoint du gouvernement explique pourquoi cette nouvelle candidature, qui fait polémique, est selon lui nécessaire. Il revient aussi sur l'exclusion des principaux leaders de l'opposition de la course à l'élection.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Le président Ouattara va-t-il se présenter à la prochaine présidentielle ?
MAMADOU TOURÉ — C'est la volonté de la quasi-totalité des militants et des cadres du RHDP et c'est cette position que nous allons exprimer aujourd'hui. J'en suis certain : Alassane Ouattara sera notre candidat. Les situations nationale et sous-régionale demandent qu'il le soit.
Depuis quinze ans, la Côte d'Ivoire s'inscrit dans une dynamique de développement avec notamment la réduction de la pauvreté, qui est passée de 50 % à 37 % de la population. Le PIB a presque doublé pendant cette période et la croissance va, selon le FMI, se poursuivre à un rythme soutenu. Nous pensons que seul le leadership du chef de l'État peut maintenir cette dynamique. Il faut aussi un président avec suffisamment d'aura pour gérer la complexité de la situation régionale, dominée par des défis sécuritaire et géopolitique. La sortie du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la Cedeao [Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest] représente, par exemple, un défi, non seulement pour cette instance, mais aussi pour la Côte d'Ivoire. Le leadership du président Ouattara devrait aider à régler cette situation.
Propos recueillis par Antoine Malo