Mario Draghi, de la BCE au Vatican

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(Crédits : Ralph Orlowski)
L'ex-président de la Banque centrale européenne a été nommé membre d'une académie pontificale rattachée au Vatican. Homme de la dépense sans limites en matière de politique monétaire, ce qui lui a valu de nombreuses critiques, l'Italien va venir nourrir les réflexions et la doctrine sociale de l'Église.

Tous les chemins mènent à Rome, même pour un ancien banquier aux commandes de la finance européenne. Le pape François a nommé l'ancien président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi membre de l'Académie pontificale des sciences sociales, a annoncé vendredi le Vatican dans un communiqué.

Après huit ans à la tête de la BCE, Mario Draghi avait quitté la présidence de l'institution en octobre 2019, remplacé par Christine Lagarde, première femme à piloter la politique monétaire de la zone euro. Dépeint comme un solitaire qui impose ses visions, Mario Draghi n'en reste pas moins crédité d'avoir sauvé l'euro en pleine crise de la dette, laissant à sa successeur celle du Covid-19.

L'Académie pontificale des sciences sociales "a pour objectif de promouvoir les études et le progrès des sciences sociales, économiques, politiques et juridiques, offrant à l'Eglise les éléments qu'elle peut utiliser dans l'étude et le développement de sa doctrine sociale", indique le site internet de l'Académie. Financée par une fondation dotée de fonds privés et d'une contribution du Saint-Siège, le siège de l'Académie se trouve dans les jardins du Vatican à Rome.

Un "sauveur de l'euro" ex-Goldman Sachs

Côté doctrine économique, Mario Draghi est longtemps apparu comme un haut fonctionnaire avec un fort penchant pour les dépenses, quitte à s'attirer les foudres de la rigoureuse Allemagne. Baisse des taux jusqu'en territoire négatif, injections de liquidités via des rachats massifs d'actifs sur les marchés et prêts géants aux banques... L'Italien a en effet distribué sans réserves lors de ses mandats européens. Entre mars 2015, le lancement du Quantitative Easing, et décembre 2018, l'arrêt des achats nets, la BCE avait alors acheté pour quelque 2.600 milliards d'euros de dettes, d'États surtout, et d'entreprises.

Avant de prendre les commandes de la BCE en 2011, Mario Draghi était vice-président pour l'Europe de la banque Goldman Sachs. Il fut également directeur exécutif de la Banque mondiale, directeur général du ministère du Trésor en Italie, puis gouverneur de la Banque d'Italie, nommé par le président du Conseil de l'époque Silvio Berlusconi.

En pleine crise du coronavirus, mais aussi sur un continent déchiré par le Brexit, "Super Mario", "sauveur de l'euro", doit donc venir aider le Vatican à apaiser le climat social européen. À 73 ans, il rejoint l'économiste et Prix Nobel Joseph Stiglitz, également membre de l'Académie.

À Rome, deux autres personnalités, deux professeurs de sociologie, ont également été nommés membres de cette académie, précise le Vatican.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 13/07/2020 à 3:24 :
L'ambition sans limite. Pauvre mortel.
a écrit le 10/07/2020 à 14:36 :
Un bon soldat comme on en a pléthore, ce sont juste les stratèges qui nous manquent cruellement pour diriger cette armée de zombis. Exécuter c'est bien, comprendre pourquoi c'est mieux.

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