Des tournesols et du blé empilés dans une ferme du village de Rohoziv, à l'est de Kiev, en Ukraine, le 16 mai 2022. Les exportations ont cessé en raison de l'invasion militaire russe. Sans perspective de vente, les agriculteurs ont renoncé à semer du...
Après la crise énergétique de 2021 et les perturbations des chaînes d'approvisionnement, la guerre en Ukraine est un facteur de soutien aux prix élevés des matières premières. Selon la BRI, cela pourrait réduire le PIB des économies développées de 0,7 point d'ici à 2023, et augmenter leur inflation d'un point. Décryptage.
"La hausse des prix des matières premières dans le sillage de la guerre en Ukraine va probablement peser sur la croissance mondiale et augmenter l'inflation." C'est la conclusion d'une note de recherche des experts de la Banque des règlements internationaux (BRI), publiée mercredi.
Depuis le début de l'année, l'indice CRB, qui intègre le prix de 19 matières premières (énergie, métaux et produits agricoles), a bondi de plus de 33% (et de près de 54% sur un an) (voir graphique).
Une flambée qui inquiète les gouvernements car elle alimente une hausse des prix générale de nature à provoquer une récession et des troubles sociaux. "L'Espagne et le Portugal ont obtenu le feu vert de l'UE pour réduire les prix de l'électricité ; le prix du gaz naturel utilisé par les centrales électriques dans la péninsule ibérique devrait atteindre en moyenne 50 euros/MWh au cours des 12 prochains mois contre 95 euros actuellement. Cela pourrait réduire leur inflation d'environ 1,5 point de pourcentage", estime Fabio Balboni, économiste chez HSBC.
Si l'appréciation des cours de l'énergie avait déjà été enclenchée en 2021, notamment en Europe, c'est surtout l'invasion de l'Ukraine par la Russie le 24 février qui a accentué le phénomène. "Les prix du pétrole brut ont augmenté de plus de 30%, ceux du gaz naturel en Europe de plus de 60%. Ceux de l'alimentation et des métaux ont également flambé", constatent les analystes de la BRI, Deniz Igan, Emanuel Kohlscheen, Gabriela Nodari, et Daniel Rees.
La Russie, soumise aux sanctions occidentales, et l'Ukraine, pays qui subit les destructions de la guerre, représentent à eux deux 10% de l'offre mondiale de pétrole et de blé, 5% du maïs et plus de 20% de la production mondiale de gaz naturel. Il faut également ajouter une production substantielle de métaux (dont 10% du nickel et 35% du palladium) pour la production d'avions, d'automobiles et de puces électroniques.
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