Produits absents des rayons, retards de livraison, Ikea touché par les tensions en mer Rouge
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© Arnd Wiegmann / Reuters
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C'est l'une des conséquences les plus parlantes des tensions en mer Rouge sur le quotidien des Français. Du moins pour les clients d'Ikea. Certains produits en provenance d'Asie ne seront plus visibles en effet dans les rayons des magasins du géant suédois du meuble ou seront livrés en retard. En cause : l'utilisation d'une voie maritime plus longue passant par la pointe de l'Afrique via le Cap de la Bonne Espérance en Afrique du Sud, à la place de celle, beaucoup plus courte (deux semaines de transport en moins), empruntant le canal de Suez en Egypte, aujourd'hui suspendue par une grande partie grande partie des compagnies maritimes pour éviter les attaques des rebelles houthis du Yémen dans le détroit de Bab el-Mandeb. Situé au large du Yémen, il relie l'océan Indien à la mer Rouge, puis la mer Méditerranée via le canal de Suez. Une zone stratégique par laquelle transite 12% du commerce mondial, selon l'International Chamber of Shipping (ICS).
Selon le Pentagone, les Houthis ont lancé plus de 100 attaques, ciblant 10 navires marchands liés à plus de 35 pays. En novembre, ils se sont emparés du Galaxy Leader, prenant en otage ses 25 membres d'équipage. Le navire et son équipage se trouvent toujours au Yémen.
Face à ces attaques contre des navires « traitant avec Israël » selon les Houthis, plusieurs pays ont formé une coalition navale pour défendre le trafic maritime en mer Rouge. Lancée la semaine dernière par les Etats-Unis avec dix pays, dont la France, cette nouvelle force multinationale de protection maritime compte désormais plus de vingt pays, selon le porte-parole du Pentagone Pat Ryder. La Grèce par exemple a annoncé jeudi rejoindre la coalition aux côtés des premiers pays partenaires : la France, le Royaume-Uni, Bahreïn, le Canada, l'Italie, les Pays-Bas, la Norvège, l'Espagne, et les Seychelles.
Les rebelles yéménites « attaquent la prospérité et le bien-être économique des nations à travers le monde », a insisté Pat Ryder, les qualifiant de « bandits sur l'autoroute internationale qu'est la mer Rouge ». Environ 20.000 navires transitent chaque année par le canal de Suez, autre porte d'entrée et de sortie des navires passant par la mer Rouge.
Cette coalition militaire « doit faire office de gendarme routier, patrouillant en mer Rouge et dans le golfe d'Aden pour répondre aux (appels de) bateaux commerciaux qui passent par cette voie internationale vitale, et les aider si besoin », a-t-il encore déclaré, demandant encore une fois aux Houthis de cesser leurs attaques.
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Jeudi, devant des militaires français déployés en Jordanie, le président français Emmanuel Macron a dénoncé lui aussi une « menace sur la liberté de navigation intolérable » des rebelles Houthis.
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Un haut responsable de ce groupe soutenu par l'Iran a indiqué cette semaine que ces attaques s'arrêteraient seulement « si Israël cesse ses crimes et que la nourriture, les médicaments et le carburant parviennent à la population assiégée » de la bande de Gaza, dans le cadre du conflit entre Israël et le mouvement palestinien Hamas. Mercredi, le chef des rebelles yéménites, Abdel Malek al-Houthi, a par ailleurs menacé de riposter en cas de frappe américaine contre le Yémen, après l'annonce par Washington de la formation en mer Rouge d'une coalition pour faire face aux attaques rebelles contre des navires.
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