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Les Etats-Unis vont fournir à l'Ukraine des drones "kamikazes" pour lutter contre l'artillerie russe

latribune.fr

Publié le 17 mars 2022 à 22:18 - Mis à jour le 18 mars 2022 à 09:25

Ukraine: biden va mettre en garde xi contre un soutien chinois a la russie

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LEAH MILLIS

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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Lest Etats-Unis renforcent leur assistance militaire à l'Ukraine en débloquant 800 millions de dollars d'équipement supplémentaires, comme des systèmes de défense anti-aériens, des missiles sol-air, et notamment 100 drones Switchblade", des drones dits "kamikazes" qui explosent au contact de la cible et dont le modèle plus petit permet de détruire des blindés légers. Alors que la France craint l'utilisation par la Russie d'armes chimiques et bactériologiques, Moscou et Kiev discutent, selon le Kremlin, d'un statut pour l'Ukraine similaire à celui de l'Autriche ou la Suède, deux pays membres...

... l'Union européenne qui n'appartiennent pas à l'Alliance atlantique.

A défaut d'avions de combat, l'Ukraine aura des drones. Alors que les Etats-Unis ont estimé la semaine dernière que l'Ukraine n'avait pas besoin d'avions de chasse pour lutter contre les forces russes, et ce, en dépit des multiples demandes ukrainiennes, Joe Biden annoncé, ce mercredi, le déblocage de 800 millions de dollars supplémentaires pour fournir une aide militaire à l'Ukraine, dont une partie concerne l'envoi de 100 drones pour lutter contre l'artillerie russe qui pilonne les villes. Selon une source militaire, citée par l'AFP, il s'agit de "Switchblade", des drones dits "kamikazes" qui explosent au contact de la cible et dont le modèle plus petit permet de détruire des blindés légers.

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La référence à Pearl Harbor

Cette annonce est intervenue, après un discours du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, prononcé par lien vidéo devant le Congrès des Etats-Unis, dans lequel il a exhorté les Etats-Unis à fournir à l'Ukraine davantage d'armements pour faire face aux bombardements aériens de la Russie, invitant les parlementaires américains à se souvenir de l'attaque de Pearl Harbor en 1941 et des attentats du 11 septembre 2001.

Si Joe Biden s'oppose aux demandes ukrainiennes de créer une zone d'exclusion aérienne au-dessus de l'Ukraine, car elle pourrait déclencher une troisième guerre mondiale selon ses mots, les Etats-Unis vont donc apporter une assistance militaire plus musclée.

Des S-300 russes

Outre les drones, cette enveloppe de 800 millions de dollars "inclut 800 systèmes anti-aériens pour permettre à l'armée ukrainienne de continuer à arrêter les avions et les hélicoptères qui attaquent (l'Ukraine)", a indiqué Joe Biden, précisant que ces systèmes de défense anti-aériens comporteraient des missiles à plus longue portée que les Stingers déjà fournis. Selon la même source militaire américaine, il s'agit de S-300 russes, concurrents de première génération du Patriot américain, qui pourraient venir de certains pays de l'ex-bloc soviétique qui en possèdent encore, notamment la Slovaquie et la Bulgarie. Des armes que l'armée ukrainienne maîtrise bien. Les Etats-Unis en possèdent aussi. En décembre 1994, ils en avaient reçues après l'effondrement de l'URSS, en provenance de Biélorussie. Outre ces S-300, Washington va également envoyer 800 nouveaux lance-missiles sol-air portables Stinger, efficaces contre les hélicoptères et les avions volant à basse altitude, qui s'ajouteront aux plus de 600 Stingers déjà fournis.

Les Etats-Unis fourniront également 9.000 systèmes anti-char (dont 2.000 Javelin) et 7.000 armes légères telles que des mitraillettes, fusils d'assaut, pistolets et lance-grenades.

La crainte des armes chimiques et bactériologiques russes

L'Ukraine et les puissances occidentales craignent que la Russie n'utilise des armes chimiques ou bactériologiques. Auquel cas, ce serait le fait de la Russie et cela entraînerait des sanctions économiques "massives et radicales" contre Moscou, avertit le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, dans une interview au Parisien.

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"Si des attaques avec des moyens chimiques ou bactériologiques avaient lieu en Ukraine, nous saurions qui en serait le seul responsable. Ce serait la Russie. Nous avons malheureusement l'habitude, depuis la Syrie, de ses actions de désinformation", déclare Jean-Yves Le Drian dans cet entretien mis en ligne mercredi soir.

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"Il va de soi que l'utilisation de moyens non conventionnels constituerait une escalade intolérable et entraînerait en réponse des sanctions économiques absolument massives et radicales, sans tabou", ajoute-t-il.

Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a dit craindre ces derniers jours que la Russie puisse avoir recours à des attaques chimiques en Ukraine. Moscou accuse en retour les Etats-Unis d'avoir développé dans le pays des laboratoires d'armes biologiques, allégation jugée fantaisiste par Washington. Dans son interview, Jean-Yves Le Drian accuse la Russie d'être engagée en Ukraine, où l'armée russe a lancé une vaste offensive le 24 février dernier, dans un "processus dramatique de brutalité de longue durée". La logique russe, estime le chef de la diplomatie française, "repose sur le triptyque habituel : des bombardements indiscriminés, des soi-disant 'corridors' humanitaires conçus pour accuser ensuite l'adversaire de ne pas les respecter et des pourparlers sans autre objectif que de faire semblant de négocier". Sans cessez-le-feu, juge-t-il, toute avancée dans les pourparlers sera impossible "car on ne négocie pas avec un revolver sur la tempe".

Vers un compromis sur le statut de l'Ukraine ?

Pour autant, Kiev et Moscou ont évoqué mercredi certaines pistes susceptibles de déboucher sur un compromis sur le statut de l'Ukraine, esquissant l'espoir d'une possible sortie de crise après trois semaines de guerre. Volodimir Zelensky, a déclaré que les négociations entre les deux camps devenaient plus "réalistes" et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a affirmé que certaines formulations en discussion pouvaient faire l'objet d'un accord. Vladimir Poutine, qui a ordonné le déclenchement de l'offensive militaire massive de la Russie contre l'Ukraine le 24 février dernier, a dit que Moscou était prêt à discuter d'un statut neutre pour son voisin.

Le chef du Kremlin a toutefois ajouté que la Russie atteindrait ses objectifs en Ukraine et que l'Occident échouerait dans ce qu'il a qualifié de tentative de domination mondiale et de démembrement de son pays. L'assaut russe, que Moscou présente comme une "opération spéciale", se déroule comme prévu, a-t-il assuré lors d'une intervention devant ses ministres retransmise à la télévision d'Etat.

"Un statut de neutralité est désormais sérieusement discuté parallèlement, bien sûr, à des garanties de sécurité", a déclaré Sergueï Lavrov.

"Il y a des formulations absolument précises qui de mon point de vue sont proches de faire l'objet d'un accord." Le principal négociateur russe, Vladimir Medinski, a précisé à la télévision publique:

"L'Ukraine propose une version autrichienne ou suédoise d'un Etat démilitarisé neutre mais en même temps un État disposant de sa propre armée et de sa propre marine."

Dans un signe apparent d'ouverture, Volodimir Zelensky a déclaré mardi que l'Ukraine était prête à accepter des garanties en termes de sécurité de la part des pays occidentaux, quitte à renoncer à son objectif de long terme d'une adhésion à l'Otan.

Le chef de la délégation ukrainienne aux pourparlers, Mykhaïlo Podolyak, a déclaré que Kiev réclamait toujours un cessez-le-feu et le retrait des troupes russes et souhaité des négociations directes entre Volodimir Zelensky et Vladimir Poutine.

Si la Russie présente la démilitarisation et la neutralité de l'Ukraine comme les principaux objectifs de son "opération", avec la "dénazification" du pays, Kiev et ses alliés estiment que le véritable but de Moscou est de chasser le gouvernement élu pro-occidental au pouvoir en Ukraine.

Les combats conitnuent

Pour autant, malgré la poursuite de pourparlers, les combats continuent sur le terrain. Jeudi, le président ukrainien a imploré les Occidentaux d'aider à "arrêter cette guerre", au moment où une frappe russe faisait au moins 27 morts dans l'est de l'Ukraine.

Les auteurs de crimes de guerre en Ukraine devront "rendre des comptes" devant la justice internationale, ont de leur côté averti les ministres des Affaires étrangères du G7 dans une déclaration commune, soulignant que la "collecte de preuves" était en cours.

Une accusation reprise par le chef de la diplomatie américaine : "Cibler intentionnellement des civils est un crime de guerre. Après tant de destructions ces trois dernières semaines, je trouve difficile de conclure que les Russes font autre chose que cela", a déclaré Antony Blinken jeudi à Washington.

Evoquant les pourparlers en cours entre Kiev et Moscou, Antony Blinken a estimé que la Russie n'avait pas démontré jusqu'ici "d'effort significatif".

"D'un côté, nous saluons l'Ukraine qui reste à la table des négociations alors qu'elle est sous les bombes, et de l'autre côté, je n'ai pas vu d'effort significatif de la part de la Russie pour mettre fin par la diplomatie à la guerre qu'elle mène", a-t-il dit.

Antony Blinken a par ailleurs assuré que le président Joe Biden allait menacer son homologue chinois Xi Jinping, avec lequel il doit s'entretenir vendredi, de représailles si la Chine devait "soutenir l'agression russe", notamment par l'envoi d'aide militaire à Moscou.

Le président ukrainien a pour sa part lancé : "un peuple est en train d'être détruit en Europe", en s'adressant par visioconférence au Bundestag allemand. "Aidez-nous à arrêter cette guerre!" a-t-il ajouté, ovationné par les députés.

L'Ukraine vit depuis trois semaines au rythme des annonces de frappes russes meurtrières sur ses villes, qu'elle accuse le Kremlin de viser à dessein. Dernière en date, une frappe d'artillerie a fait au moins 27 morts jeudi matin à Merefa, près de la ville assiégée de Kharkiv (est).

"Une école et un centre culturel ont été détruits. 21 personnes ont été tuées et 25 blessées dont 10 sont dans un état grave", a annoncé le parquet régional.

Marioupol assiégée

Les regards étaient également tournés jeudi vers Marioupol, ville portuaire du sud-est assiégée et où Volodymyr Zelensky a accusé mercredi l'aviation russe d'avoir "sciemment" bombardé un théâtre où étaient réfugiés des centaines d'habitants.

"Le monde doit finalement admettre que la Russie est devenue un Etat terroriste", avait-il ajouté.

La mairie de ce port stratégique sur la mer d'Azov, selon laquelle "plus d'un millier" de personnes se trouvaient dans un abri antiaérien sous le théâtre, a indiqué jeudi après-midi ne pas connaître encore le bilan de cette frappe qui a détruit en grande partie le bâtiment. Le déblayage des décombres se poursuit malgré les bombardements incessants, mais "les informations sur les victimes sont toujours en cours de clarification", a indiqué la municipalité sur Telegram.

La Russie a affirmé ne pas avoir bombardé la ville, et avancé que l'immeuble avait été détruit par le bataillon nationaliste ukrainien Azov. Selon la mairie de Marioupol cependant, la situation est "critique" avec des bombardements russes "ininterrompus" et des destructions "colossales". Selon les premières estimations, environ 80% du parc de logement de la ville a été détruit" par les bombardement, a ajouté la municipalité.

"Plus de 350.000 habitants de Marioupol continuent de se cacher dans des abris et des sous-sols à cause des bombardements continus", a encore indiqué la mairie.

Depuis le début de l'offensive le 24 février, les forces russes n'ont encore revendiqué la prise d'aucune grande ville ukrainienne, même si elles ont nettement progressé dans le sud et semblent avancer dans l'est du pays.

Aucun bilan global n'a jamais été fourni, même si le président Zelensky a mentionné le 12 mars la mort d'"environ 1.300" militaires ukrainiens, tandis que Moscou n'a que rapporté près de 500 morts dans ses rangs le 2 mars.

Cent-huit enfants ont été tués et 120 blessés dans le pays depuis l'invasion russe, a indiqué jeudi le Parquet général ukrainien.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) dénonce en particulier les nombreuses frappes sur des infrastructures de santé.

Plus de trois millions d'Ukrainiens ont déjà pris les routes de l'exil, en grande majorité vers la Pologne. Des milliers d'entre eux poursuivent leur voyage vers d'autres pays, comme la Suède: Stockholm estime qu'ils arrivent au rythme de près de 4.000 personnes par jour, et n'exclut pas d'en recevoir jusqu'à 200.000.

Vladimir Poutine a martelé mercredi dans un discours que l'offensive était "un succès". Son porte-parole, Dmitri Peskov, a affirmé que la "majorité écrasante" des Russes soutenaient la ligne décidée par Vladimir Poutine.

Les autres sont des "traîtres", et le conflit les révèle, permettant une "purification" de la société, a-t-il ajouté, alors que nombre de Russes opposés au Kremlin ont quitté le pays depuis le début de l'offensive.

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Pour Biden Poutine est un "criminel de guerre"

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(Avec Reuters)

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