Nucléaire iranien : Trump lance un ultimatum

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Les Etats-Unis restent pour l'instant dans l'accord historique de 2015 sur le nucléaire iranien mais Donald Trump a lancé vendredi un ultimatum aux Européens afin qu'ils l'aident à le durcir dans les prochains mois s'ils veulent éviter un retrait pur et simple de Washington.
Les Etats-Unis restent pour l'instant dans l'accord historique de 2015 sur le nucléaire iranien mais Donald Trump a lancé vendredi un ultimatum aux Européens afin qu'ils l'aident à le durcir dans les prochains mois s'ils veulent éviter un retrait pur et simple de Washington. (Crédits : JOSHUA ROBERTS)
Donald Trump a confirmé vendredi, pour la "dernière fois", la suspension des sanctions économiques dont bénéficie l'Iran aux termes de l'accord sur le nucléaire de 2015.

Le président américain a en effet fixé un ultime délai, de 120 jours, pour permettre aux Etats-Unis et à leurs partenaires européens de corriger, a-t-il dit, les "terribles défauts" dont souffre cet accord signé à Vienne le 14 juillet 2015. Si ces modifications ne sont pas apportées d'ici quatre mois, les Etats-Unis se retireront unilatéralement de l'accord, a expliqué un haut responsable de l'administration américaine.

 L'Iran reste très critique

L'Iran a immédiatement réagi, par la voix de son ministre des Affaires étrangères qui a souligné que l'accord sur son programme nucléaire n'était pas "renégociable". Dans un message sur son compte Twitter, Mohammad Javad Zarif estime que le président américain ne fait que se livrer "à des tentatives désespérées de saper les fondements d'un accord multilatéral solide".

Depuis son arrivée au pouvoir il y a un an, Donald Trump ne fait pas mystère de son intention de voir annulée cette convention d'encadrement du programme nucléaire iranien, conclue entre l'Iranet les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies (Chine, France, Royaume-Uni, Etats-Unis et Russie) plus l'Allemagne et l'Union européenne.

"Dernière chance"

Dans un communiqué émis par la Maison blanche, le président américain parle de "dernière chance" et invite les pays européens signataires "à se joindre aux Etats-Unis pour corriger les défauts significatifs dont souffre cet accord, à s'opposer à l'agression iranienne et à soutenir le peuple iranien".

Donald Trump accuse l'Iran de ne pas se conformer aux dispositions du Plan global d'action conjoint (PGAC), dénomination officielle de l'accord de Vienne, et promet de tout faire pour que la République islamique ne puisse jamais acquérir la maîtrise du feu nucléaire.

Fin octobre, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a conclu que l'Iran remplissait les engagements pris dans le cadre de l'accord et que ses inspecteurs ne rencontraient pas de difficultés dans leurs opérations de vérification.

Sanctions ciblées

Le Congrès américain oblige le président à redire périodiquement s'il certifie que l'Iran applique l'accord de Vienne et à émettre une dispense pour que les sanctions américaines restent suspendues. Donald Trump a émis cette dispense vendredi, mais pour la "dernière fois", a-t-on souligné à la Maison blanche.

Le fait nouveau, explique-t-on, est qu'il donne donc au Congrès des Etats-Unis et aux pays européens parties prenantes une date limite pour durcir les termes d'un accord qu'il juge trop favorable envers Téhéran.

L'Allemagne a réagi en disant qu'elle allait "engager des consultations avec ses partenaires européens pour déterminer la marche à suivre". Dans un communiqué; le ministère allemand des Affaires étrangères rappelle néanmoins que Berlin "continuera à faire campagne pour une mise en oeuvre complète de l'accord sur le nucléaire".

Les partenaires européens des Etats-Unis ont multiplié les pressions ces derniers jours pour convaincre Donald Trump de ne pas torpiller l'accord de Vienne. Le président français, Emmanuel Macron, a ainsi téléphoné à son homologue américain jeudi pour lui demander de respecter l'accord de Vienne. La Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne et l'Union européenne ont lancé un appel commun.

Tout en maintenant la levée des sanctions économiques, Donald Trump a décidé d'imposer de nouvelles sanctions ciblées contre l'Iran, a-t-on en outre fait savoir vendredi. Elles visent 14 entités et hommes d'affaires et des personnalités de la République islamique, dont le chef de l'appareil judiciaire, l'ayatollah Sadeq Larijani.

Dans un communiqué, le département du Trésor écrit que ce proche du guide suprême de la Révolution iranienne, l'ayatollah Ali Khamenei, s'est rendu coupable "de graves violations des droits de l'homme en Iran".

(Avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 14/01/2018 à 21:03 :
Ouvrez votre atlas et demandez vous combien il reste d'état stable dans la région.

Irak, Syrie, Lybie, Yemen, Afghanistan... kaput.
La Turquie est à la veille d'un autre coup d'état, la dictature de al-sisi en Egypte est en train de perdre du terrain face à Daesh dans le désert du Sinaî, les états du Golfe sont désunis et préfèrent se faire la guerre entre eux plutôt que d'en finir avec leurs extrémistes.

Les seuls à avoir été efficaces sur le terrain dans la lutte contre Daesh sont les kurdes et les irakiens quand ils ont pu être aidés par les Iraniens.

Si L'Iran tombe ou se retire du combat, c'est le retour assuré de Daesh et cette fois c'est tout le MO qui tombe et non plus la moitié de l'iran et de la Syrie.

Bref, il faut soutenir l'Iran qui après tout s'est retiré du terrorisme il y a un bail et est en voie de démocratisation et de déradicalisation, ce qui devient rarissime dans cette partie du monde (et malheureusement en Europe aussi).
a écrit le 14/01/2018 à 3:47 :
Une expertise médical pour Trump ils a un problème grave pour le monde 🌎 ils y a deux kim kong cerea ?
a écrit le 13/01/2018 à 22:13 :
Les " Démocrates " n'arrivent toujours pas à digérer leur défaite avec la bénédiction des médias qu'il n'a pas ménagés non plus, c'est le moins que l'on puisse dire.
a écrit le 13/01/2018 à 16:40 :
Si il y a des tensions ça augmente quelle chiffre à la bourse mondiale ?
a écrit le 13/01/2018 à 12:48 :
Les médias sont de moins en moins crédible quand il s'agit de parler de Trump! On se demande bien pourquoi?
Réponse de le 13/01/2018 à 13:48 :
Second degré? Il faut reconnaître qu'il y met du sien...

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