Nucléaire : l'AIEA referme le dossier iranien

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La fermeture officielle de l'enquête doit désormais permettre à Téhéran d'achever la mise en œuvre des mesures préliminaires à l'application de l'accord conclu le 14 juillet à Vienne avec les grandes puissances.
La fermeture officielle de l'enquête doit désormais permettre à Téhéran d'achever la mise en œuvre des mesures préliminaires à l'application de l'accord conclu le 14 juillet à Vienne avec les grandes puissances. (Crédits : © Heinz-Peter Bader / Reuters)
Cinq mois après l'accord conclu à Vienne entre la République islamique et les grandes puissances, l'agence onusienne a décidé mardi 15 décembre de clore son enquête visant à établir si l'Iran avait cherché à se doter de l'arme nucléaire par le passé.

C'était une condition sine qua non à la levée des sanctions internationales contre Téhéran. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a formellement refermé, mardi 15 décembre, le dossier concernant la dimension militaire passée du programme nucléaire iranien, une étape cruciale en vue de la mise en œuvre de l'accord nucléaire conclu en juillet.

Affaire classée

Une résolution adoptée par l'exécutif de l'agence, lequel compte 35 pays, a pris acte mardi du fait que l'enquête de l'AIEA avait été menée "selon le calendrier convenu", ce qui "met fin à l'examen de ce sujet" par l'agence. Pour rappel, cette étape était prévue par la feuille de route adoptée en juillet dans le cadre de négociations entre Téhéran et les grandes puissances pour solder le dossier nucléaire iranien.

La fermeture officielle de l'enquête doit désormais permettre à Téhéran d'achever la mise en œuvre des mesures préliminaires à l'application de l'accord conclu le 14 juillet à Vienne avec les grandes puissances, attendue pour le début de l'année prochaine. L'Iran doit notamment modifier son réacteur à eau lourde d'Arak, envoyer à l'étranger la majeure partie de son stock d'uranium enrichi et achever de démonter des milliers de centrifugeuses.

Téhéran voulait bien se doter de l'arme atomique

Les investigations de l'AIEA ont toutefois confirmé que l'Iran avait bel et bien mené avant 2003 une série de travaux pour se doter de l'arme atomique, malgré les démentis de la République islamique.

L'enquête, dont les conclusions avaient été rendues publiques le 2 décembre, avait toutefois relevé qu'aucune indication "crédible" ne suggérait la poursuite de telles activités depuis 2009.

Les activités suspectes, dont certaines s'étaient poursuivies après 2003, n'avaient "pas dépassé le stade d'études de faisabilité et scientifiques, et l'acquisition de certaines compétences et capacités techniques", selon les experts de l'AIEA.

"L'héritage de méfiance" doit être surmonté

Les Etats-Unis avaient fait savoir en octobre que les conclusions de l'AIEA n'entraveraient pas la mise en oeuvre de l'accord conclu par l'Iran et les grandes puissances le 14 juillet à Vienne. Cet accord prévoit une levée des sanctions frappant l'Iran, en échange d'une limitation des capacités nucléaires de ce pays.

"Ce dossier a une histoire longue et complexe, et l'héritage de méfiance entre l'Iran et la communauté internationale doit être surmonté", a toutefois prévenu mardi le directeur général de l'AIEA, Yukiya Amano.

Douze ans de négociations

Après de longues années, puis 17 jours de négociations intensives, Téhéran et les grandes puissances avaient conclu le 14 juillet, à Vienne, un accord historique destiné à garantir la nature strictement pacifique du programme nucléaire iranien, en échange de cette levée des sanctions internationales.

>> LIRE AUSSI Accord historique sur le nucléaire iranien

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Commentaires
a écrit le 15/12/2015 à 21:24 :
Cette date butoir de 2003 avait été donner par tous les services de renseignement américains, au final l'AIEA ne fait que les reprendre. Les levées progressives des sanctions économiques sont en marche, mais il est absolument essentiel qu'elles interviennent pour les occidentaux avant le décès du guide suprême (qui semble être gravement malade). En effet le choix du futur guide pour les 15 à 20 ans a venir dépendra du poids qu'auront les conservateurs sur les réformateurs. Pour l'instant les durs semblent tenir la corde et seule une amélioration des conditions de vie des iraniens permettra aux présidents Hassan Rohani et M.Khatami de s'impliquer de manière plus importants et de faire pencher la balance. Une perestroïka iranienne ne pourra arriver qu'avec un guide "moderne" et non pas un dur comme Ali Khamenei. La rapidité de la levée des sanctions par les occidentaux pourrait avoir une influence considérable sur l’évolution géopolitique dans la région.
a écrit le 15/12/2015 à 18:59 :
Chouette, les électrons sont libres !!!

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