L'Iran a cherché à se doter de l'arme nucléaire jusqu'en 2003

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L'AIEA doit maintenant décider s'il est ou non nécessaire de poursuivre son enquête sur la nature du programme nucléaire de la République islamique.
L'AIEA doit maintenant décider s'il est ou non nécessaire de poursuivre son enquête sur la nature du programme nucléaire de la République islamique. (Crédits : © Heinz-Peter Bader / Reuters)
C'est ce que révèle une enquête de l'Agence internationale de l'énergie atomique, après plusieurs années de recherche. Une conclusion qui infirme les doutes qui planaient sur le pays depuis 2009.

L'Iran semble bien avoir cherché à se doter de l'arme atomique, mais avant 2003. En revanche, aucune indication "crédible" ne suggère la poursuite de travaux de recherche depuis 2009, vient de conclure l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) au terme d'une enquête de plusieurs années sur le sujet et au moment où se met en place l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien.

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Dans un rapport dévoilé mercredi 2 décembre à Vienne, l'AIEA précise:

"L'Agence estime qu'une série d'activités liées au développement d'un engin explosif nucléaire ont été menées avant fin 2003 dans le cadre d'efforts coordonnés".

Toutefois, "ces activités n'ont pas dépassé le stade d'études de faisabilité et scientifiques, et l'acquisition de certaines compétences et capacités techniques", notent les experts de l'AIEA.

Si "certaines" activités suspectes se sont poursuivies après 2003, "l'Agence n'a pas d'information crédible" sur leur poursuite après 2009, est-il encore souligné.

L'Iran laisse planer la menace d'une récusation

Le rapport de l'AIEA doit être examiné le 15 décembre par les gouverneurs de l'agence, selon une feuille de route adoptée en juillet à Vienne dans le cadre des négociations entre Téhéran et les grandes puissances. L'AIEA doit notamment décider s'il est ou non nécessaire de poursuivre son enquête sur la nature du programme nucléaire de la République islamique.

Fin novembre, un haut responsable iranien, Ali Shamkhani, avait rappelé que la République islamique n'appliquerait pas l'accord nucléaire de Vienne si l'AIEA ne refermait pas formellement le dossier de la PMD à cette date. Le pays a aussi récemment indiqué espérer une entrée en vigueur de l'accord début janvier.

Enquête "close"?

Régissant à l'annonce, le vice-ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi, a estimé mercredi soir que l'Iran considérait désormais l'enquête comme "close", ouvrant la voie à une mise en application de l'accord de Vienne. A la télévision d'Etat iranienne, il a assuré :

"Comme nous l'avons affirmé plusieurs fois, les armes nucléaires n'ont et n'auront aucune place dans la doctrine de défense de l'Iran."

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L'Iran avait néanmoins toujours démenti toute tentative passée de militariser son programme nucléaire - la "possible dimension militaire" (PMD).

Israël mécontent

Israël a en revanche immédiatement appelé la communauté internationale à "approfondir" son enquête afin de déterminer "jusqu'à quel point le programme secret iranien a progressé et quel est son état actuel".

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L'AIEA doit par ailleurs remettre dans les prochaines semaines ou dans les prochains mois un autre rapport, concernant le respect par Téhéran de ses engagements préliminaires à l'application de l'accord nucléaire.

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