Quel horizon pour l'Iran après les accords de Vienne ?

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En dépit d'une image quelque peu brouillée, la France a encore une carte à jouer en Iran. Par Coline Baharéh Dassant, avocat au barreau de Paris

Les accords de Vienne ont inauguré un nouveau chapitre de la relation entre l'Iran et la communauté internationale dont l'impact n'est encore que peu mesurable au regard de l'euphorie qui masque la réalité des défis à venir.
Les attentes de la communauté internationale envers l'Iran sont en effet nombreuses : de la participation à l'effort de sécurité collective au Moyen-Orient, en passant par son rôle de catalyseur économique ou de pivot énergétique mondial, la "centralité retrouvée" de Téhéran est autant une opportunité qu'une mise à l'épreuve.

Poser les bases d'une transition progressive

L'ouverture de l'Iran constitue avant tout un pari sur la capacité des autorités iraniennes à poser les bases d'une transition progressive - économique, sociale, politique - qui respectent l'esprit des accords de Vienne, sans pour autant déstabiliser l'Etat. C'est à dire sans remettre en cause l'architecture d'un pouvoir dont les fondements reposent toujours sur un équilibre étroit entre les différentes forces (pouvoir religieux, composante militaire, le Bazar, etc.) en œuvre en Iran.
Face à ce contexte, le rôle et l'attitude des différents partenaires diplomatiques ou opérateurs économiques (publics ou privés), désireux de coopérer sur le plan institutionnel ou de se saisir des opportunités de ce marché, seront essentiels pour concrétiser la réalité d'une "ouverture iranienne".

Dépasser le prisme de l'économie

La complexité de la société iranienne au travers de son histoire, de sa culture, de son influence géopolitique sont autant de facteurs dont il faut se saisir pour établir les bases d'une coopération qui réponde aussi bien aux impératifs qu'induit une telle "ouverture", qu'aux attentes de la société iranienne.
Ne voir l'Iran qu'à travers un prisme économique serait une erreur majeure pour les investisseurs désireux de s'y implanter. Une telle démarche doit nécessairement intégrer la connaissance de l'autre comme un préalable à la mise en place de partenariats ayant vocation à s'inscrire dans la durée et la confiance.
Les accords de Vienne ont initié un mouvement profond de recomposition du Moyen-Orient au regard de la centralité que l'Iran occupe tant sur le plan économique que diplomatique dans cet espace.

La France reste un acteur apprécié


Les pays du Golfe bien souvent présentés (pour certains) comme des adversaires de l'Iran peuvent en réalité jouer un rôle clé et profiter de ces bouleversements en cours comme d'une nouvelle rampe prête à dynamiser l'économie du Golfe Arabo-persique.
La France par son rôle sur la scène internationale, sa présence économique, militaire, son rayonnement culturel s'inscrit comme un acteur majeur en mesure d'accompagner cette recomposition du Moyen-Orient initiée à la faveur des accords de Vienne.
Si, pour beaucoup d'observateurs des affaires internationales, la France a brouillé son image en Iran par une inflexibilité diplomatique durant les négociations sur le dossier nucléaire. Il faut rappeler que la France reste malgré tout un acteur parmi les plus appréciés du Moyen-Orient pour sa capacité à dialoguer avec tous.
L'ère qui s'ouvre entre l'Iran et la France doit à ce titre être celle d'un dialogue approfondie, sans naïveté d'aucune part; et qui mène à une coopération reposant sur la franchise et l'envie d'avancer dans un respect mutuel.
La récente visite du Ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius en Iran a prouvé qu'au delà des incompréhensions que peuvent parfois engendrer une négociation internationale, il existe un intérêt supérieur des Etats. Et que celui-ci permet d'insuffler du réalisme à l'imaginaire passionnel dont nous revêtons parfois le Moyen-Orient.

Coline Baharéh DASSANT
Avocat au Barreau de PARIS

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Commentaires
a écrit le 20/08/2015 à 13:29 :
Golfe persique
a écrit le 18/08/2015 à 13:13 :
L'espace du Golfe est un espace à identités multiples et non exclusive: cette appellation est tout à fait appropriée. Le fait d'aller faire ses courses au supermarché n'ôte pas l'influence que peuvent encore avoir certains acteurs historiques, même si celle-ci s'est effectivement réduite après la révolution...
Réponse de le 19/08/2015 à 14:54 :
Le "Golfe" utilisé comme étant d'eau (exemple : Golfe d'Oman ou Golfe du Morbihand) a toujours un adjectif (ex. Persique) ou une information géographique complémentaire (d'Oman, etc.).
Ainsi, l'utilisation du mot "Golfe" pour désigner une étant d'eau est une imprécision voire une faute à origine journalistique. En effet, le Golfe est un sport.

Entre Golfe arabique, Golfe Arabo-Persique et Golfe Persique, je vous laisse retourner à vos livres d'histoires et vous invite à lire "1984" de G. Orwell.

Il est regrettable qu'une personne éduquée et probablement d'origine iranienne (Baharéh : Printemps en Parsi) commette une telle faute.

Concernant l'article, rien de nouveau ou de transcendant, juste des imprécisions que l'auteur aurait pu facilement éviter.
L'auteure, avocate au barreau de Paris, se risque à un article sur l'Iran et son économie. Cela reviendrait à demander à un économiste iranien d'aller plaider devant les Tribunaux de Paris.
Réponse de le 20/08/2015 à 11:32 :
Les notions de géographie de Platon sont décidément au niveau du supermarché : moyennes et sans intérêt...
Réponse de le 20/08/2015 à 23:55 :
@beati
Moyenne et sans intérêt peut être mais exacte et documenté certainement.

Ce changement de nom à une dimension politique, histoirique et culturel qui apparemment vous dépasse. Continuer à regarder le doigt qui vous montre lune.
a écrit le 18/08/2015 à 3:51 :
Golfe persique pas arabo-persique!

et le bazaar comme vous dites n existe pas ou plus ce n'est pas une force politique en Iran, les seuls piliers sur lesquels s appuie le regime sont les corps religieux et militaire, le baazar est une légende née de l activisme politiques des commerçants du fait de leur pouvoir économique jusqu'a la révolution. Aujourd'hui c est dans lun supermarché qu'un iranien moyen va faire ses courses.
a écrit le 17/08/2015 à 21:51 :
ouverture d'esprit et pragmatisme, c'est comme cela qu'il faut aborder la politique internationale!
a écrit le 17/08/2015 à 21:32 :
Très bon article, belle tribune.

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