Nucléaire : les dépenses bondissent à mesure que les pays se réarment
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Les dépenses dans le nucléaire ont été multipliées au moins par trois en cinq ans.
Reuters
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Les dépenses dans le nucléaire ont été multipliées au moins par trois en cinq ans.
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Les dépenses dans le nucléaire ont été multipliées de plus d'un tiers en cinq ans. D'après le rapport de la Campagne internationale pour l'abolition des armes nucléaires (ICAN), les neuf Etats dotés de l'arme nucléaire (Etats-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni, France, Inde, Israël, Pakistan et Corée du Nord) ont ainsi dépensé dans leur ensemble l'an dernier 91 milliards de dollars (85 milliards d'euros).
Selon l'ICAN, les dépenses mondiales en matière d'armement nucléaire ont augmenté de 10,8 milliards de dollars en 2023 sur un an, les Etats-Unis représentant 80% de cette augmentation. La part des Etats-Unis dans les dépenses totales, soit 51,5 milliards de dollars, « est supérieure à celle de tous les autres pays dotés d'armes nucléaires réunis », selon l'ICAN. Viennent ensuite la Chine (11,8 milliards de dollars) et la Russie (8,3 milliards de dollars). Les Britanniques ont augmenté de manière significative leurs dépenses (+17% à 8,1 milliards de dollars), pour la deuxième année consécutive.
Les puissances nucléaires ont dans leur ensemble dépensé 2.898 dollars par seconde l'an dernier pour financer ces armes, selon le rapport. Les sommes consacrées aux armes nucléaires ont bondi de 33% depuis 2018 (elles s'élevaient alors à 68,2 milliards de dollars) lorsque l'ICAN a commencé à collecter ces données. Ces pays ont dépensé pendant toutes ces années quelque 387 milliards pour ces armes, selon le rapport.
D'autant que ces armes sont principalement financées par les Etats. Melissa Parke a ainsi dénoncé une utilisation « inacceptable des fonds publics », qualifiant les montants dépensés d'« obscènes ».
Elle a souligné que ces fonds représentaient davantage que ce que le Programme alimentaire mondial estimait nécessaire pour mettre un terme à la faim dans le monde. « Et l'on pourrait planter un million d'arbres pour chaque minute de dépenses consacrées aux armes nucléaires », a-t-elle ajouté. Ces investissements sont non seulement inutiles, mais aussi extrêmement dangereux, a averti la directrice de l'ICAN, organisation qui s'est vu décerner le prix Nobel de la paix 2017 pour avoir contribué à l'adoption d'un traité historique d'interdiction de l'arme atomique.
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70 pays ont ratifié le traité, mais aucune puissance nucléaire. « Au lieu d'investir dans l'Armageddon, les neuf États dotés d'armes nucléaires devraient suivre l'exemple de près de la moitié des pays du monde et adhérer au traité », a souligné Alicia Sanders-Zakre, qui a co-écrit le rapport de l'ICAN.
« Depuis la guerre froide, les armes nucléaires n'ont jamais joué un rôle aussi important dans les relations internationales », a affirmé de son côté Wilfred Wan, directeur du programme sur les armes de destruction massive à l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri). Selon le Sipri, le nombre total estimé d'ogives nucléaires existantes dans le monde a légèrement diminué : le monde en comptait 12.121 en début d'année contre 12.512 un an plus tôt.
Dans le détail, une partie de ces ogives doit être démantelée, mais 9.585 sont disponibles dans les stocks en vue d'une utilisation potentielle, soit neuf de plus que l'an dernier. Et 2.100 sont maintenues en état d'« alerte opérationnelle élevée » - c'est-à-dire prêtes à être utilisées immédiatement - pour les missiles balistiques. La quasi-totalité de ces têtes nucléaires appartiennent à la Russie et aux Etats-Unis, qui possèdent à eux seuls 90% des armes nucléaires mondiales.
Le Sipri a également noté que Moscou avait mené en mai 2024 des exercices impliquant des armes nucléaires tactiques à la frontière ukrainienne. Par ailleurs, le Sipri estime aussi pour la première fois cette année que la Chine détient « quelques ogives en état d'alerte opérationnelle ». Même si « le nombre total d'ogives nucléaires continue de diminuer à mesure que les armes de l'ère de la guerre froide sont progressivement démantelées », une augmentation du « nombre d'ogives nucléaires opérationnelles » est observée d'année en année de la part des puissances nucléaires, a indiqué Dan Smith, directeur du Sipri.
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Le chef de l'AIEA veut renouer avec la Corée du Nord
Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a souhaité ce lundi dans une interview publiée par le journal russe Izvestia reprendre contact avec la Corée du Nord pour veiller à la sécurité de ses installations nucléaires. Pour rappel, les experts de l'AIEA, qui se rendaient régulièrement en Corée du Nord depuis 1992, avaient été expulsés du pays en avril 2009. Le même mois, Pyongyang s'était retiré des négociations internationales entamées en 2003 sur son programme nucléaire, avant de réaliser son deuxième essai de bombe atomique le mois suivant.
« Le pays a un programme nucléaire très ambitieux qui comprend la production de combustible, le traitement de l'uranium, la régénération et les réacteurs nucléaires. Et je ne parle pas d'armes nucléaires, mais d'un très grand nombre d'installations nucléaires, les seules au monde à ne pas être surveillées », a expliqué le patron de l'AIEA. « Et donc personne - ni nous à l'AIEA, ni les pays voisins, y compris la Russie et la Chine - personne ne sait si les normes minimales de sécurité sont respectées », s'est-il inquiété.
Rafael Grossi a aussi appelé à ne pas répéter, dans le dossier du nucléaire iranien, les mêmes erreurs qu'avec la Corée du Nord. La Corée du Nord a accru son isolement de la communauté internationale ces dernières années, coupant tous les liens avec son voisin sud-coréen et multipliant les essais d'armements interdits par les résolutions de l'ONU, mais se rapprochant dans le même temps de la Russie et de la Chine.
(Avec AFP)
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