Patrick Pouyanné (Total) signe un contrat historique sur un gisement de gaz en Iran

 |   |  682  mots
(Crédits : Charles Platiau)
Le groupe Total est le premier pétrolier occidental de retour en Iran avec un contrat de 4,8 milliards de dollars avec un consortium international. Ce contrat historique qui porte sur un important champ gazier sera signé lundi.

Le groupe pétrolier français Total, à la tête d'un consortium international, va signer lundi à Téhéran un accord de 4,8 milliards de dollars pour développer un important champ gazier, devenant la première compagnie occidentale du secteur à revenir en Iran.
"L'accord international pour le développement de la phase 11 de Pars-Sud sera signé lundi en présence du ministre du Pétrole et des directeurs de Total, de la compagnie chinoise CNPCI et de la société iranienne Petropars", a annoncé dimanche à l'AFP un porte-parole du ministère iranien du Pétrole.

Le gaz produit "alimentera le marché domestique iranien à compter de 2021", a précisé à l'AFP un porte-parole de Total, indiquant que le groupe "mettra en oeuvre le projet dans le respect le plus strict des législations nationales et internationales". Le PDG du groupe français, Patrick Pouyanné, assistera en personne à la signature de ce contrat d'une durée de 20 ans, a détaillé le ministère iranien du Pétrole. Un accord préliminaire avait été signé en novembre 2016 à Téhéran.

Il devait être finalisé début 2017 et la production - estimée à 370.000 barils équivalent pétrole par jour - commencer au bout de 40 mois. Mais M. Pouyanné avait affirmé en février que le groupe allait attendre pour connaître la politique de l'administration du président américain Donald Trump vis-à-vis de l'Iran.

Cette signature intervient malgré la position hostile de Trump, qui dénonce régulièrement l'accord nucléaire conclu entre l'Iran et les grandes puissances, dont les Etats-Unis. La conclusion en juillet 2015 de cet accord avec les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne, a permis la levée en janvier 2016 d'une partie des sanctions internationales contre Téhéran.

La position hostile des Etats-Unis a cependant rendu difficile la normalisation des relations économiques de l'Iran avec le reste du monde, notamment à cause de la réticence des grandes banques internationales à travailler avec Téhéran par crainte de mesures punitives de Washington. Mi-juin, le Sénat américain a voté à une écrasante majorité une nouvelle loi pour adopter de nouvelles sanctions contre l'Iran, notamment en raison de son "soutien à des actes terroristes internationaux".
La loi doit encore être examinée et adoptée par la Chambre des représentants et signée par le président Trump. L'Iran a dénoncé ces nouvelles sanctions en les qualifiant d'"illégales et illégitimes".

Total détiendra 50,1% des parts du consortium qui exploitera le champ gazier, suivi du groupe China National Petroleum Corporation (CNPCI) avec 30% et de l'Iranien Petropars (19,9%). En 2004, Total avait déjà conclu un accord de principe avec l'Iran pour le développement de cette phase et pour la construction d'une usine de GNL censée traiter sa production. Mais il n'avait jamais été finalisé.

En juin 2009, Téhéran avait signé un accord de près de cinq milliards de dollars avec la société chinoise CNPCI pour le développement de la phase 11 du champ de Pars-Sud. Celui-ci a été annulé début 2013 car la compagnie chinoise n'avait pas honoré ses engagements.

L'accord nucléaire a aussi permis à l'Iran de reprendre ses exportations de pétrole vers l'Europe. Le pays entend développer et exploiter, en coordination avec des grands groupes étrangers, ses immenses réserves.

De son côté Total espère que cet accord ouvrira d'autres "opportunités" dans les secteurs pétrolier, gazier et pétrochimique de l'Iran. Téhéran dispose des deuxièmes réserves mondiales de gaz, après la Russie, et des quatrièmes réserves mondiales de pétrole.

Téhéran, qui a besoin d'énormes investissements étrangers, espère que l'arrivée effective de Total encouragera d'autres compagnies occidentales et asiatiques à sauter le pas. Ces derniers mois, de nombreux protocoles d'accord ont été signés par l'Iran et des compagnies européennes, asiatiques et russes.

Depuis la levée des sanctions, Total est la troisième grande entreprise française à revenir en Iran, après les groupes automobile PSA et Renault.

(AFP)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 03/07/2017 à 23:45 :
Bien joué, très bien même.
a écrit le 02/07/2017 à 22:05 :
C'est une bonne chose de ne pas être dépendant des monarchies du golf pour l approvisionnement en petrole
a écrit le 02/07/2017 à 18:37 :
Si ils ont vraiment utilisé l'USD comme devise pour ce contrat, ils s'exposent à une amende des américains. Ce serait ballot!
Réponse de le 03/07/2017 à 12:34 :
Ce serait plus que ballot, ce serait de l'incompétence.

Les sanctions contre la BNP interdisent, de fait, aux multinationales de passer des contrats en dollars avec les pays que les étasuniens veulent circonvenir.

Je suppose qu'il y a une directive européenne là-dessus. N'est ce pas l'une des raisons d'exister de l'UE que de protéger nos entreprises contre les autres empires ?
Réponse de le 04/07/2017 à 13:48 :
J'ai aussi pensé qu'il y avait un risque pour Total qui a des activités aux EU. Ce contrat a probablement été passé en USD mais ce genre d'activité doit être autorisé par les EU puisque depuis environ un an, l'Iran exporte du brut vers l'Europe et les transactions se font en USD.
Cordialement
a écrit le 02/07/2017 à 17:03 :
Un partenariat avec la Chine est incontournable pour eviter Trump :-)
a écrit le 02/07/2017 à 16:52 :
On ne connait toujours pas la nature profonde de la querelle entre arabie et qatar et on continue de signer des mégas contrats dans les pays concernés dans cette zone. Habitudes e multinationales habituées à forcer les choses alors que le commerce c'est d'abord et avant tout l'échange entre millions de producteurs et clients et non de quelques dizaines.

Alors certes elles ont besoin que la paix soit établie pour faire des affaires, ce qui est plutôt positif, maintenant c'est une paix forcée, imposée et non suscitant l'adhésion de l'ensemble, cela ne peut que poser des problèmes sociaux et diplomatiques à terme, rien ne remplaçant le temps pour consolider les amitiés.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :