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ÉconomieInternational

Pékin prêt à entrer (ou augmenter ses parts) dans le capital des groupes énergétiques russes

latribune.fr

Publié le 08 mars 2022 à 14:30 - Mis à jour le 08 mars 2022 à 15:04

Russie et chine affichent leur opposition commune a l'expansion de l'otan

Photo d'illustration

Jason Lee

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Selon l'agence de presse Bloomberg, qui cite des sources proches du dossier, alors que les sanctions occidentales contre la Russie commencent à toucher l'énergie, Pékin est en pourparlers avec ses entreprises d'État chinoises, dont China National Petroleum (CNPC), China Petrochemical, Aluminum Corp et China Minmetals, pour qu'elles achètent ou augmentent leurs participations dans des entreprises russes du secteur de l'énergie et des matières premières, notamment le géant du gaz Gazprom et le producteur d'aluminium Rusal.

« L'amitié entre les deux peuples (la Chine et la Russie, Ndlr) est solide comme un roc et les perspectives de coopération future sont immenses ». En tenant ces propos ce lundi en pleine vague de sanctions internationales contre la Russie, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, ne pouvait pas si bien dire pour exprimer sa relation politique et économique avec Pékin, qui s'est considérablement renforcées depuis l'invasion russe de la Crimée en 2014 et de précédentes sanctions contre le régime poutinien. Et pour cause, cette amitié pourrait permettre à la Russie d'atténuer l'effet des sanctions occidentales expliquent certains experts, même si Pékin n'est pas prêt à tous les sacrifices.

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Pétrole russe : pourquoi s'en passer sera une véritable gageure

Certaines discussions ont débuté

Selon l'agence de presse Bloomberg, qui cite des sources proches du dossier, Pékin est en pourparlers avec ses entreprises d'État chinoises, dont China National Petroleum (CNPC), China Petrochemical, Aluminum Corp et China Minmetals, pour qu'elles achètent ou augmentent leurs participations dans des entreprises russes du secteur de l'énergie et des matières premières, notamment le géant du gaz Gazprom et le producteur d'aluminium Rusal. Certaines discussions entre les entreprises énergétiques chinoises et russes auraient même déjà débuté, selon des sources concordantes, fait valoir Bloomberg. Interrogés par l'agence financière anglo-saxonne, CNPC et China Petrochemical (connu sous le nom de Sinopec Group) ont refusé de commenter, selon les responsables de communication de ces sociétés. L'organisme de réglementation des actifs publics chinois Sasac, Aluminum Corp. of China et Minmetals n'ont pas répondu immédiatement aux demandes de commentaires. Les représentants de Gazprom et de Rusal n'ont pas fait de commentaire immédiat en raison d'un jour férié en Russie.

"Chacun aide l'autre dans son développement" (Vladimir Poutine)

Pour rappel, les présidents Xi Jinping et Vladimir Poutine ont signé le mois dernier, avant les Jeux olympiques d'hiver, une série d'accords visant à stimuler l'approvisionnement russe en gaz et en pétrole, ainsi qu'en blé. Gazprom et Rosneft figuraient parmi les géants russes de l'énergie qui ont scellé des accords lors de la rencontre des deux dirigeants à Pékin. Reçu en grande pompe, Vladimir Poutine, avait indiqué que l'l''amitié sino-russe est un "exemple de relation digne, où chacun aide et soutient l'autre dans son développement".

Selon Bloomberg, tout accord aurait pour objectif de soutenir les importations de la Chine, qui se concentre de plus en plus sur la sécurité énergétique et alimentaire, et non de montrer son soutien à l'invasion de la Russie en Ukraine, que n'a pas, néanmoins, condamné Pékin.

La guerre de la Russie en Ukraine a accru la pression sur la Chine pour sécuriser ses importations alors que le coût de l'énergie, des métaux et des denrées alimentaires atteint des niveaux sans précédent. Inquiets de l'impact de la flambée des prix sur l'économie, les hauts responsables du gouvernement chinois ont donné l'ordre de donner la priorité à la sécurité de l'approvisionnement en matières premières, avait rapporté Bloomberg la semaine dernière.

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Moscou regarde vers l'Asie

Toutefois, un investissement de la Chine pourrait contribuer à consolider les efforts de Moscou pour accélérer le "pivot vers l'Asie" grâce à des accords d'approvisionnement en pétrole et en gaz. La Chine a doublé ses achats de produits énergétiques russes pour atteindre près de 60 milliards de dollars au cours des cinq dernières années. Le gazoduc Power of Siberia a commencé à envoyer du gaz en Chine en 2019, et Gazprom est déjà en pourparlers avec la Chine au sujet d'un autre itinéraire qui pourrait être signé cette année, lui permettant éventuellement d'expédier du carburant provenant de champs gaziers qui approvisionnent l'Europe.

La Chine a promis de maintenir des relations commerciales normales avec la Russie malgré l'exode massif des entreprises européennes et américaines. BP, Shell Plc et Exxon Mobil Corp. ont pris le secteur de l'énergie par surprise en se retirant d'actifs russes valant des milliards de dollars. En revanche, TotalEnergies a conservé ses participations actuelles. Parmi les investissements énergétiques actuels de la Chine en Russie, CNPC détient une participation de 20 % dans le projet Yamal LNG et une participation de 10 % dans Arctic LNG 2, tandis que Cnooc Ltd. possède également 10 % d'Arctic.

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Pourquoi TotalEnergies ne veut pas quitter la Russie, contrairement aux autres pétroliers occidentaux

La Chine détient les plus grandes réserves de change en euros et en dollars

La Chine, qui s'abstient de condamner l'intervention russe et réfute le terme "d'invasion", s'oppose elle à toute sanction contre Moscou. Fort de son rôle dans le commerce mondial, le géant asiatique dispose de très loin des plus importantes réserves de change en euros et en dollars. La Chine a "les moyens financiers d'aider la Russie" et est le seul pays à pouvoir

"Quand le rouble avait chuté à cause des sanctions" liées à la Crimée, la Chine a accepté d'être payée en yuans, sa devise, pour compenser la hausse des importations en dollars. Mais soucieux de préserver ses intérêts économiques et de ne pas s'attirer les foudres de l'Occident, Pékin n'est pas prêt à tout pour aider Moscou à contourner les sanctions.

En attendant les exportations chinoises vers la Russie ont bondi depuis le début de l'année de 41,5%, alors qu'elles ont connu un tassement en janvier-février, ne progressant que de 16,3% seulement sur un an.

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Xi Jinping appelle à "la plus grande retenue" dans le conflit ukrainien

Le président chinois Xi Jinping a appelé mardi à "la plus grande retenue" dans le conflit ukrainien lors d'un appel avec les dirigeants français Emmanuel Macron et allemand Olaf Scholz, a rapporté la télévision chinoise. La Chine, qui garde de bonnes relations avec Moscou, s'est jusqu'à présent refusée à parler d'invasion de l'Ukraine et s'est contentée de "regretter" le conflit dans ce pays, tout en disant "comprendre" les préoccupations russes en matière de sécurité. Mais lors d'un entretien téléphonique avec Emmanuel Macron et Olaf Scholz, l'homme fort de Pékin a assuré que la Chine était "profondément peinée d'assister à une nouvelle guerre sur le continent européen", selon des propos rapportés par la télévision publique CCTV.

"Nous souhaitons appeler à la plus grande retenue afin d'éviter une crise humanitaire à grande échelle", a-t-il ajouté, sans dénoncer pour autant l'offensive lancée le 24 février par le président russe Vladimir Poutine contre son voisin.

Il a dit à ses interlocuteurs "apprécier les efforts de la France et de l'Allemagne afin d'agir comme médiateurs en Ukraine" et assuré que Pékin était prêt lui aussi à jouer "un rôle actif".

"Nous devons soutenir ensemble les pourparlers de paix entre la Russie et l'Ukraine", a-t-il plaidé, alors que trois sessions de négociations au Belarus n'ont pour l'heure pas mis fin à la guerre.

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La Chine "se tient prête à apporter une aide humanitaire à l'Ukraine", a-t-il promis. Xi Jinping a répété l'opposition de principe de son pays à des sanctions internationales, jugeant que les mesures prises contre Moscou "causeront du tort à toutes les parties".

(Avec Bloomberg et AFP)

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