Pourquoi TotalEnergies ne veut pas quitter la Russie, contrairement aux autres pétroliers occidentaux
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Stephane Mahe
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Alors que les bombes pleuvent sur l'Ukraine et que les sanctions européennes et américaines se multiplient pour asphyxier l'économie russe, la guerre bouleverse aussi le monde de l'énergie. Et fait monter la pression sur les majors pétrolières et gazières occidentales, historiquement présentes en Russie pour en exploiter les hydrocarbures.
Y compris sur le groupe français TotalEnergies, qui a largement misé sur le pays de Vladimir Poutine pour développer sa stratégie dans le gaz naturel liquéfié (GNL). Après 2014 et l'annexion russe de la Crimée, la multinationale tricolore avait déjà tout fait pour mener à bien, coûte que coûte, le projet Yamal LNG d'extraction de GNL dans le nord de la Russie, malgré les sanctions occidentales.
Tandis que le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, pointe désormais le « problème de principe à travailler avec toute personnalité politique ou économique proche du pouvoir russe », et affirmé mardi qu'il allait « en discuter avec le président de Total », ce dernier ne compte pas se désengager de si tôt. Et se contente de promettre qu'« il n'apportera plus de capital à de nouveaux projets en Russie ».
Mais dans cette stratégie, TotalEnergies se trouve bien isolé. Car la plupart des grands groupes pétroliers occidentaux ont affirmé se retirer du jour au lendemain du pays de Vladimir Poutine, après son offensive du 24 février. Les Britanniques BP et Shell, d'abord, qui ont respectivement annoncé les 27 et 28 février leur intention de se désengager du géant pétrolier russe Rosneft pour BP (dont il détient 19,75%), et du groupe gazier Gazprom pour Shell. Mais aussi la compagnie norvégienne Equinor, laquelle a fait une croix sur sa participation dans Rosneft et dans les projets Salym et Sakhalin 2, qui valaient fin 2021 quelque 3 milliards de dollars.
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Même le géant pétrogazier américain ExxonMobil a décidé mercredi de geler progressivement ses investissements en Russie, tandis que l'Italien Eni a promis de céder sa part de 50% dans le gazoduc Blue Stream, destiné au marché turc.
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