Pétrole, cacao, café... Ce qui vous attend en 2025
Julien Gouesmat

Le marché du pétrole est devenu excédentaire en 2024.
Reuters
Julien Gouesmat

Le marché du pétrole est devenu excédentaire en 2024.
Reuters
L'année 2024 s'est révélée plutôt ordinaire sur le marché des matières premières. Certes, certains produits ont connu des flambées de prix, à l'image du café (+39 %), du cacao (+126 %), ou encore du jus d'orange dont les récoltes ont fondu de 30 %. Mais au même moment, d'autres cours plongeaient, comme celui du lithium (-69 %) , du nickel (-22 %) ou encore du maïs. Dans ces montagnes russes de cours, cotés à Chicago, New York et Londres, les hauts et les bas ont su justement se compenser. Résultat, les cours n'ont baissé que de 1 % sur l'année.
Mardi 28 janvier, le cercle de réflexion sur les matières premières Cyclope - qui réunit analystes, universitaires, journalistes et négociants - a fait part de ses prévisions pour l'année 2025. L'exercice est périlleux. Avec un nouveau locataire de la Maison Blanche imprévisible, le président et fondateur du cercle et de sa revue, Philippe Chalmin, se montre prudent : « Nous estimons que les cours devraient continuer de baisser, mais nos prévisions excluent tout imprévu géopolitique. » Car les matières premières seront, en 2025, à l'image du monde : soumis aux impondérables américains et au ralentissement de l'économie chinoise.
Cet essoufflement de la Chine s'est déjà fait particulièrement ressentir sur le marché pétrolier. En 2024, les importations de l'ex-Empire du milieu étaient plus faibles qu'espérées. Sur cette lancée, l'exercice 2025 pourrait marquer le « peak oil » de Pékin, le plafond de consommation de pétrole. Ces indicateurs négatifs pour le premier pays importateur de barils font dire à Philippe Chalmin et Yann Jégourel, directeur de Cyclope, que les prix devraient continuer de baisser.
Actuellement toujours dans ce tunnel de prix allant des 70 aux 95 dollars, le baril pourrait en sortir par le bas. Le marché est devenu excédentaire et rien n'indique pour le moment que l'alliance de circonstance entre l'Arabie saoudite et la Russie, au sein de l'OPEP+, n'abaissera ses quotas d'extraction lors de la prochaine réunion prévue en avril. Ainsi, aidé également par l'incitation au forage de Donald Trump, l'or noir devrait se déverser plus qu'il n'en faut au cours de 2025, faisant fondre les prix. Si JP Morgan table sur un baril de Brent à 64 dollars en décembre 2025, le cercle Cyclope préfère évoquer une moyenne annuelle à 70 dollars, au moment où il s'échange autour de 76 dollars.
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Côté métaux, 2024 a été l'occasion d'une forte baisse sur les métaux dits électriques. Le lithium a perdu 70 % de sa valeur et le cobalt 12 %. Quant au nickel, il a totalement dévissé du fait de l'abondance d'offre indonésienne. Le cuivre, « une des matières les plus échangées », rappelle Yves Jégourel, a comme attendu, connu une hausse « mais bien mais forte que ce que certains anticipaient ! » Si le 29e élément du tableau de Mendeleïev n'a quasiment pas dépassé les 10.000 dollars la tonne, ce chiffre symbole devrait être atteint en 2025.
C'est même « indiscutable » pour le cercle Cyclope. Par ailleurs, en République démocratique du Congo, la prise de la ville minière de Goma par le mouvement rebelle du M23 mardi 28 janvier, n'a, semble-t-il, pas encore d'impact sur les marchés des minéraux.
Mais le cuivre ne devrait pas être le centre d'attention de cette année. Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche devrait en effet attirer les yeux du monde vers l'acier. Déjà soumis à des droits lorsqu'il provient de Chine, l'alliage devrait subir de nouvelles taxations. En raison des immenses surproductions chinoises, son prix a baissé de 12 % en Europe, laissant en lambeau l'industrie sidérurgique du Vieux continent. « Les marchés domestiques seront de plus en plus isolés d'un marché mondial dépendant des excédents chinois », ajoutent Philippe Chalmin et Yves Jégourel.
C'est du côté du petit-déjeuner que l'année du quart du siècle est attendue. Après la folle hausse du prix du cacao : +126 % sur un an en raison d'une récolte déficitaire, les prix sont actuellement « intenables » aux yeux des économistes de Cyclope. La tonne de poudre qui sert à la fabrication de chocolat s'échange autour de 12.000 euros en ce début d'année, contre 4.000 il y a un an. En raison de la teneur en cacao, « Cette année, il y aura un peu plus d'œufs au chocolat au lait que de chocolat noir à Pâques » estime Philippe Chalmin. Cyclope table sur une prévision moyenne de -5% en 2025, notamment en raison des récentes récoltes « pas si mauvaises ».
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À l'inverse, l'autre star du petit-déjeuner, le café, devrait continuer sa hausse, évaluée en moyenne à 9 % sur l'année. Fin novembre dernier, déjà, l'Arabica s'échangeait à des niveaux records sur le marché à terme de New York. La livre y était enregistrée à 320,10 cents, un record depuis 1977, quelques mois seulement après la hausse du Robusta. Les mauvaises récoltes brésiliennes ne devraient pas jouer en la faveur des amateurs de grains.
Julien Gouesmat