Semi-conducteurs : Trump veut taxer les puces taïwanaises, un pari à haut risque
Guillaume Renouard
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Donald Trump souhaite que davantage de semi-conducteurs soient produits sur le sol américain, en tablant sur son outil favori : les tarifs douaniers. Le président républicain a ainsi annoncé qu'il taxerait jusqu'à 100 % les puces produites en Asie du Sud-Est, où se concentre une large part de la production mondiale, notamment à Taïwan, par TSMC, et en Corée du Sud, par Samsung.
Au cours des trente dernières années, les États-Unis ont perdu du terrain dans la production de semi-conducteurs, alors que la plupart de leurs champions (Nvidia, Qualcomm, AMD, Micron...) sous-traitaient la production, très coûteuse et complexe, en Asie du Sud-Est, pour se concentrer sur la conception.
En 1990, l'Amérique produisait ainsi près de 40 % des puces mondiales, contre moins de 10 % aujourd'hui. La domination de Taïwan est particulièrement forte sur les puces les plus avancées, utilisées pour entraîner les modèles d'IA : son champion TSMC, qui fabrique les puces de Nvidia et AMD, détient un quasi-monopole sur celles-ci. Alors que la Chine cache de moins en moins ses intentions de prendre le contrôle de l'île, cette concentration constitue un risque inacceptable pour Washington.
Pour inciter les géants des semi-conducteurs à rapatrier une partie de la production, Biden a signé fin août 2022 le Chips Act, un plan d'investissement de 52 milliards de dollars qui accorde de généreuses subventions aux entreprises construisant des usines de puces aux États-Unis. Il faut dire que l'opération est coûteuse : entre 20 et 30 milliards de dollars pour une usine capable de produire les puces les plus avancées. Les premiers effets de cette politique ont déjà commencé à se faire ressentir. TSMC a implanté une usine en Arizona, qui produit des puces de quatre nanomètres, les plus avancées jamais produites sur le sol américain.
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« Le CHIPS Act a permis environ 450 milliards de dollars d'investissement privés dans les semi-conducteurs et l'électronique aux États-Unis, au service de la construction de 17 usines, dont huit de pointe, d'ici 2030 », affirme Stephen Ezell, vice-président de la politique mondiale d'innovation de l'Information Technology and Innovation Foundation (ITIF), un laboratoire d'idées basé à Washington.
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