La décision du cartel de réduire de 2 millions de barils par jour son offre n'a pas entraîné une flambée des cours du brut mais est en train de remettre en cause le partenariat historique entre Riyad et Washington, qui accuse le royaume de s'aligner sur les intérêts de Moscou.La décision de l'Opep+ de réduire son offre officielle de 2 millions de barils par jour (mb/j) à partir du 1er novembre dérange davantage la Maison Blanche que les investisseurs. Ce mercredi, les prix du baril de brut étaient bien partis pour enregistrer une troisième baisse consécutive, même si les niveaux restent élevés (environ plus de 10% sur un an). Dans l'après-midi, les cours du baril de Brent et du WTI perdait autour de 2%, évoluant respectivement autour de 92,3 dollars et de 87 dollars.
Une récession entraîne une baisse de la demande de pétrole
Le marché pétrolier s'avère plus sensible aux perspectives sombres de l'économie mondiale. « Le pire reste à venir et pour beaucoup de gens, 2023 sera vécue comme une récession », avertissait hier Pierre-Olivier Gourinchas, l'économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI). Dans un entretien accordé à Energy Intelligence, le nouveau secrétaire général de l'Opep, Haitham Al Ghais, rappelle qu'en cas de récession « ce qui est touché en premier est toujours la demande pétrolière mondiale ». Par ailleurs, il souligne que la réduction de 2 mb/j annoncée correspondra en réalité à une baisse de 1 mb/j car nombre des 23 pays membres du partenariat de l'Opep+ (Opep + 10 pays exportateurs dont la Russie) produisent aujourd'hui à des niveaux inférieurs à leurs quotas officiels.
Balayant toute polémique, il affirme qu'« il n'y pas d'agenda politique derrière cette décision », invoquant l'impérieux besoin d'investissements dans le secteur pour accroître à l'avenir les capacités de production et de raffinage qui restent aujourd'hui limitées en cas de pénurie. Par ailleurs, ces pays exportateurs sont très dépendants des revenus pétroliers pour bâtir leurs budgets publics, même si 2022 devrait être une année faste pour certains d'entre eux. Selon le FMI, l'Arabie saoudite devrait voir son PIB croître de 7,6% cette année, une performance au niveau mondial.
Deuxième camouflet